
Nourritures anarchistes. L'anarchisme explosé
Hors la loiLà où il n'y a pas de Loi, il n'y a pas de transgression»(Saint Paul, Lettre aux Romains, IV, 15)«Mon père, c'est qu'à la rigueur, il n'y a point de loi pour le sage»Que la loi soit toujours la raison du plus fort, nul n'en doute, et personne ne veut le dire. Pas plus que l'on n ose admettre qu'un enfant enlevé puisse pleurer la mort de son ravisseur, et garder en lui-même une parfaite lucidité, un serein équilibre. Nous l'exigeons abattu, traumatisé, déconstruit. La victime par principe, l'éternelle victime.Il faut qu'il ait à se retrouver, à se reconstruire. Telle est la volonté des psychiatres, telle est la Loi. Là où elle a parlé, la réalité s'efface. Ou elle s'y conforme, ou elle est niée. Depuis quelque temps et de plus en plus, les psychologues, les psychanalystes imposent, à toute occasion, ce déni; imposent leur loi, La Loi. Leurs diktats sur le réel, sur les évidences les plus sincèrement éprouvées et affirmées, ont force de loi.La loi protège, la loi répartit. Ceux qui s'y conforme et ceux qui la violent. Elle distingue les coupables et les victimes.Naguère - car il y a peu de temps, en fait, que cela s'est infléchi en ce sens, et la courbe n'a fait que s'accentuer de plus en plus - la loi s'intéressait surtout aux coupables. Elle a commencé à se pencher sur les victimes. Depuis, quelle inflation, quel torrent!Et puis, tout à coup, Natascha Kampusch. Une victime évidente qui refuse de l'être. Du moins de se reconnaître, de se proclamer telle. Qui, loin de chercher secours auprès de la Loi et de ses supporters, se maintient en elle-même, garde son secret. Quelle stupeur universelle, quel scandale! C'est tout juste si l'on ne va pas crier «Haro sur le baudet!» Branle-bas de combat chez les paparazzi, réserve offusquée ou pincée des experts. Pas de transcendance de la Loi, voyons donc! Ce n'est pas tolérable. Elle est encore trop traumatisée, ça viendra.Mais non, ça n'est pas venu et, sans aucun doute, ça ne viendra jamais.Pas de transcendance de la loi, comme on se plaît à dire et comme on l'impose. Pas de loi au-dessus des passions. Les lois, quand il en existe, ne sont toujours que les rapports (parfois nécessaires, le plus souvent contingents) «découlant de la nature des choses». On n'a jamais dit ni écrit mieux que Montesquieu qui, on s'en souvient, en avait établi la formule. Ce qui fait la beauté du cas de Natascha, c'est que ces rapports-là, en cette occasion, ne sont pas arrivés à créer la victime tant attendue.
| Nombre de pages | 202 |
|---|---|
| Date de parution | 09/01/2009 |
| Poids | 348g |
| Largeur | 140mm |
| EAN | 9782705667962 |
|---|---|
| Titre | Nourritures anarchistes. L'anarchisme explosé |
| Auteur | Schérer René |
| Editeur | HERMANN |
| Largeur | 140 |
| Poids | 348 |
| Date de parution | 20090109 |
| Nombre de pages | 202,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Emile perverti. Ou des rapports entre l'éducation et la sexualité
Schérer RenéL'idéal de la pédagogie moderne, cette inquisition qui veut forcer les derniers retranchements du " mystère " de l'enfance en la psychologisant, ce n'est, au fond, ni l'adaptation ni la formation de tous sur le même modèle, encore moins la répression ouverte : c'est que rien de l'enfant n'échappe à son tuteur. L'?il omniprésent, le panoptique. Alors seulement, de cette surveillance panoptique peuvent bien découler l'uniformité et l'interdiction, mais aussi le plus grand libéralisme. Car, tant qu'elle subsiste, rien n'est fondamentalement changé. Etre sous le regard, le savoir et ne pouvoir échapper, n'est-ce pas la plus subtile des prisons ? Il n'y a pas de " sexualité de l'enfant ", écrit Schérer Il n'y a pas d'enfant car l'enfant procède de l'homme, il est une création systématique de l'homme. Il ne s'agit pas seulement de retirer ses chaînes à l'enfant, mais il s'agit essentiellement de déconstruire un système où l'enfant est l'illusoire supplément de l'adulte, et de tisser sur les terrains et les corps déblayés une multitude de relations transversales, non pédagogiques. James, Gombrowicz, Rilke nous en disent plus, le livre de Schérer le prouve assez, que toutes les études sur l'enfance. Et là où " Emile perverti " nous touche le plus, c'est dans son lyrisme exacerbé... son mode d'écriture lui-même est passionnel. Guy HocquenghemEpuiséVOIR PRODUIT21,10 € -

Zeus hospitalier. Eloge de l'hospitalité
Schérer RenéPublié pour la première fois en 1993, conçu lors de la guerre du Golfe ", en 1991, cet essai est loin d'avoir perdu de son actualité. Il paraît, au contraire, singulièrement opportun à l'heure d'une mondialisation qui, au lieu de les dissiper, ravive les peurs et les conflits, de rappeler au monde que notre planète ne sera habitable qu'au prix d'une hospitalité universelle. L'hospitalité, placée dans l'Antiquité sous un patronage divin, s'ouvre à l'imaginaire aussi bien qu'à la réflexion juridique. Et le philosophe Kant a vu en elle le principe même d'un droit international. Pourtant, les jugements hâtifs des politiques ont tendance à la reléguer, comme une survivance archaïque, dans les coulisses de l'histoire. En la produisant en avant-scène, en l'exposant sous ses différentes formes, René Schérer rappelle que l'hospitalité excède le Droit qu'elle fonde, qu'elle assure le fonctionnement de tout rapport à autrui et à soi. Elle préside au processus d'une subjectivation tant individuelle que collective, tant esthétique qu'érotique; substituant, à la crainte de l'étranger, la joie de l'accueillir. Elle est, avant tout et finalement, une manière heureuse d'exister. L'hospitalité s'adresse à nous comme la folie de notre époque; c'est-à-dire à la semblance de celle dont Erasme, à l'orée des Temps modernes, faisait l'éloge, comme sa vraie Raison."Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER8,70 € -

Regards sur Deleuze
Schérer RenéC'est bien cela Deleuze, ce qui a rendu, dès le début, sa philosophie si attirante, hors tout souci d'ordre théorique ni d'obédience, dans l'éblouissement provoqué par ses fulgurations : cette hospitalité, cet acte d'amitié et d'amour. elle a donné à beaucoup de gens la possibilité simple de penser, de n'avoir pas honte de leur propre pensée...ou de leur défaut de pensée ; elle les a éveillés à l'exercice de la pensée, les a réconciliés avec elle. C'est un phénomène tout à fait curieux, exceptionnel, propre à Deleuze. Il s'est produit dès le moment où il a commencé à enseigner à Vincennes (la seule université qu'il ait pu tolérer) quand il a entrepris d'édifier, avec Félix Guattari, ce sytème rigoureux qu'il a appelé une machine de guerre, pas du tout commode à assimiler, certes, difficile dans sa terminologie et ses méthodes, mais qui parlait pourtant à tout le monde, qui concernait tout le monde, dans lequel tous parvenaient à se loger.EpuiséVOIR PRODUIT15,30 €
Du même éditeur
-

Ecrits et propos
Soulages Pierre ; Le Lannou Jean-MichelUne peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. " Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER28,05 € -

Illusions dangereuses. Quand les religions nous privent de bonheur
Malkin VitalyNous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.EpuiséVOIR PRODUIT28,05 € -

Théorie du super soldat. La moralité des technologies d'augmentation dans l'armée
Caron Jean-FrançoisSur commande en 2-4 joursCOMMANDER26,95 € -

Traumas et résilience. Leçons du tremblement de terre de 2010 en Haïti
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois DanielMême si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l’histoire et la population haïtiennes, on a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu’une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants.Tout le monde s’en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l’attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines.Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d’une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l’auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l’humanité entière.Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER30,29 €
De la même catégorie
-

La communauté qui vient. Théorie de la singularité quelconque
Agamben Giorgio ; Raiola Marilène118pages. 18x11x1cm. Broché.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER16,00 € -

Homo Sacer. L'intégrale 1997-2015
Agamben Giorgio ; Raiola MarilèneCe n'est qu'une fois rassemblés dans leur intégralité que les neuf livres constituant le projet Homo Sacer prennent leur véritable signification. Le jeu des renvois internes, la reprise et le développement des thèmes abordés composent une vaste architecture, articulée en quatre sections. La première dresse le programme d'une mise en question de toute la tradition politique occidentale à la lumière du concept de vie nue ou de vie sacrée : Le Pouvoir souverain et la vie nue (1997) ; la seconde développe ce programme à travers une série d'enquêtes généalogiques : Etat d'exception (2003), La Guerre civile. Pour une théorie politique de la Stasis (2015), Le Sacrement du langage (2009), Le Règne et la Gloire (2008), Opus Dei (2012) ; la troisième soumet l'éthique à l'épreuve d'Auschwitz : Ce qui reste d'Auschwitz. L'archive et le témoin (1999) ; la quatrième élabore les concepts essentiels pour repenser depuis le début l'histoire de la philosophie occidentale : forme de vie, désoeuvrement, pouvoir destituant (De la très haute pauvreté, 2011, L'Usage des corps, 2015).Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER39,00 € -

L'idée du communisme. Volume 2, conférence de Berlin 2010
Badiou Alain ; Zizek SlavojLa deuxième conférence internationale sur le sens et l'usage du mot " communisme ", organisée à l'initiative d'Alain Badiou et de Slavoj Zizek, s'est tenue à la Volksbühne de Berlin au mois de mars 2010.Après le succès de la conférence inaugurale de Londres, l'année précédente, il s'agissait cette fois d'ouvrir les débats à l'expérience et à la réflexion de philosophes venus d'autres régions du monde, et en particulier des pays de l'ancien bloc soviétique. Leur apport à la définition d'une idée renouvelée du communisme contribue ici de façon déterminante à ce que ce mot retrouve sa place et son aura dans les débats philosophiques qui touchent au problème de l'émancipation. " On le verra, toutes les interventions sont tendues entre deux périls. Le premier est qu'au nom de ce qu'a comporté de Terreur la figure des Etats qui s'en sont réclamé au XXe siècle, on finisse par ne réhabiliter le mot "communisme" qu'au prix d'une idéalisation totale de sa signification, éloignée de tout principe de réalité [ ... ]. Le second est qu'au nom des réalités politiques et économiques contemporaines [...], on finisse par faire du mot "communisme" l'index noble d'un opportunisme activiste ".Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER24,99 € -

L'héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité
Lilti AntoineLes Lumières sont souvent invoquées dans l'espace public comme un combat contre l'obscurantisme, combat qu'il s'agirait seulement de réactualiser. Des lectures, totalisantes et souvent caricaturales, les associent au culte du Progrès, au libéralisme politique et à un universalisme désincarné. Or, comme le montre ici Antoine Lilti, les Lumières n'ont pas proposé une doctrine philosophique cohérente ou un projet politique commun. En confrontant des auteurs emblématiques et d'autres moins connus, il propose de rendre aux Lumières leur complexité historique et de repenser ce que nous leur devons : un ensemble de questions et de problèmes, bien plus qu'un prêt-à-penser rassurant. ?Les Lumières apparaissent dès lors comme une réponse collective au surgissement de la modernité, dont les ambivalences forment aujourd'hui encore notre horizon. Partant des interrogations de Voltaire sur le commerce colonial et l'esclavage pour arriver aux dernières réflexions de Michel Foucault, en passant par la critique post-coloniale et les dilemmes du philosophe face au public, L'Héritage des Lumières propose ainsi le tableau profondément renouvelé d'un mouvement qu'il nous faut redécouvrir car il ne cesse de nous parler.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER24,99 €

