Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale
Schapira Nicolas
CHAMP VALLON
30,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782876733749
L'histoire de Valentin Conrart est celle d'une puissance sociale fondée sur une exceptionnelle présence dans le monde des lettres de son temps au lieu de poursuivre l'ascension familiale dans le négoce, il devient officier du roi spécialisé dans les affaires de librairie, secrétaire de l'Académie française, figure en vue des salons, personnage central enfin du monde des auteurs qui l'érigent en " secrétaire d'Etat des belles-lettres ". En démontant les ressorts de cette autorité qui n'est assise sur aucune ?uvre, ce livre revisite ce que le secrétaire de l'Académie appelle lui-même la " profession des lettres " au XVIIe siècle. A suivre Conrart dans ses activités d'intermédiaire de publication, c'est-à-dire de fabrication de la réputation des auteurs, on découvre sous un nouveau jour les relations entre pouvoir royal et écrivains, le processus de production des livres entre le cabinet de l'auteur, l'atelier du libraire et la Chancellerie où se délivrent les privilèges d'impression, et par là les logiques profondes qui gouvernent la " république des lettres ". Mais Conrart utilise encore sa compétence dans le maniement des textes pour rendre de multiples services au pouvoir politique, aux aristocrates des salons, à la communauté protestante parisienne dont il est un notable, à sa famille de commerçants et de banquiers. La démarche de Nicolas Schapira consiste à observer ces espaces sociopolitiques à la lumière de l'activité d'un homme de lettres en leur sein, et à envisager en retour les lettres à partir de leurs effets dans d'autres champs sociaux, à une époque où ni la littérature ni l'écrivain n'ont encore de statut bien défini. En croisant tous les fils qui tissent une identité sociale, l'auteur démontre ainsi que le professionnel des lettres du XVIIe siècle est un professionnel de la politique, dont la réussite sociale - fortune, honneur, réputation - dépend de la capacité à négocier dans l'action, c'est-à-dire plume en main, la diversité de ses engagements.
Nombre de pages
508
Date de parution
23/09/2003
Poids
796g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782876733749
Titre
Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale
Auteur
Schapira Nicolas
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
796
Date de parution
20030923
Nombre de pages
508,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Résumé : Secrétaire, secrétariat : une figure aujourd'hui omniprésente, une présence qui va de soi. Il fut un temps où le secrétaire était un domestique, un intime, gardien des secrets et des affaires privées de son maître. L'enquête de Nicolas Schapira met en lumière l'apparition de ce couple, où l'un décide tandis que l'autre conseille, écrit, et tient mémoire. C'est entre Renaissance et âge des Lumières, au moment où le papier devient le support de toute décision, que paraît ce personnage nouveau, pouvant être simple scribe comme conseiller des princes, reconnu pour son expertise. Quelle que soit sa condition, le secrétaire est une silhouette de l'ombre : des traités sont écrits pour louer son action et ses compétences, mais les contemporains dénoncent son influence excessive et son ubiquité. Associant les méthodes de l'histoire et des sciences sociales, ce livre raconte l'ascension d'un groupe qui ne s'identifiait ni à un métier ni à un statut, mais dont le pouvoir s'accrut à mesure que l'Etat se construisait sous l'Ancien Régime et qu'il pénétrait progressivement toutes les strates de l'administration, jusqu'à nos jours. Agrégé et docteur en histoire, Nicolas Schapira est professeur d'histoire moderne à l'Université Paris Ouest Nanterre. Il est l'auteur, notamment, de Un professionnel des lettres au XVIIe siècle. Valentin Conrart : une histoire sociale, Champ Vallon, 2003 ; et (en collaboration) de Histoire Littérature Témoignage. Ecrire les malheurs du temps, Gallimard, 2009.
Jouhaud Christian ; Schapira Nicolas ; Ribard Dina
Les malheurs du temps - la guerre, la famine ou la peste - nous sont connus grâce à des témoignages. Grandes plumes nobles, littérateurs ou gens sans qualité, ces écrits divers sont autant de sources pour les récits et les analyses des historiens. Leur usage pose pourtant problème. Dès le XVIIe siècle, en effet, inscrire un témoignage sur le papier faisait participer à une culture écrite orientée par la circulation de débats, de normes et de discours constitutifs de ce qui commençait à devenir la littérature. Ce livre raconte les "malheurs du temps" à partir de documents, récits de peste, lettres d'administrateurs, journaux, sermons, poèmes. Chemin faisant, il étudie la mise en écriture des expériences vécues et l'utilisation des textes littéraires par les historiens. Les auteurs rouvrent ainsi de nombreux dossiers historiographiques: par exemple celui des "Mémoires du XVIIIe siècle", artificiellement érigés par l'histoire littéraire en conservatoire de l'identité et des valeurs nobiliaires; celui de la terrible famine de 1662; celui des écrits paysans mis au service de l'histoire du siècle des Lumières; et bien évidemment celui de la composante émotionnelle des anciennes mises en récit du malheur, qui n'est pas sans effet sur notre propre émotion face à ces témoignages écrits. Biographie de l'auteur Christian Jouhaud est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales et directeur de recherche au CNRS. Dinah Ribard est maître de conférences à l'Ecole des hautes études en sciences sociales. Nicolas Schapira est maître de conférences d'histoire moderne à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée.
Résumé : Ce livre rassemble des historiens, des sociologues et des spécialistes de la littérature qui explicitent la manière dont se nouent les rapports entre les écrits et la vie de leurs auteurs. Comment faire leur juste place à ces écrits et les interpréter dans l'analyse des parcours de ceux qui les ont composés, conservés ou publiés ? Les réponses sont ici présentées en reprenant des cas concrets de recherche : on rencontrera des écrivains patentés des époques moderne et contemporaine, mais également des jésuites rédigeant des lettres pour partir aux Indes, des fanatiques religieux, des littérateurs qui font aussi une carrière militaire sous la Révolution, des juristes du temps de Louis XIV, un petit noble tenant journal, un secrétaire auteur, un prince factieux écrivant des manifestes.
Les applications modernes de la linguistique, l'élaboration des méthodes audio-visuelles, l'apparition de nouvelles techniques dans l'enseignement des langues vivantes, les recherches actuelles dans le domaine de l'intelligence artificielle et de la traduction automatique ont mis en évidence la quantité et l'importance des séquences linguistiques "préfabriquées" qui émaillent notre discours. En effet, l'usage quotidien de la langue offre à tout moment, au locuteur qui y est sensible, une pléthore d'exemples de stéréotypes de toutes sortes. Une fois averti, on remarque à la fois leur présence massive dans le discours et leur fréquence dans tous les registres stylistiques. Le stéréotype, qui intéresse le linguiste par ses multiples aspects théoriques, se révèle aussi, de nos jours, particulièrement important dans l'enseignement du français langue étrangère. Source majeure d'expressivité en français parlé, omniprésent dans la langue des médias sous sa forme fixe ou détournée, le stéréotype est devenu en français contemporain un élément courant, dont la connaissance est indispensable dans la vie quotidienne. Il n'est que d'ouvrir son journal, ou d'allumer la télévision : l'héritier du trône anglais met la main à la... batte, les enfants travaillent trop - école oblige, le travail n'est pas toujours la santé, le cœur a ses raisons que le SIDA ne connaît point. La présente étude est, avant tout, une réflexion sur la stéréotypie linguistique et ses produits en français, des plus simples (les locutions grammaticales : un tord-boyaux, un rabat-joie, le lèche-vitrine), en passant par le cliché (arriver comme un chien dans un jeu de quilles) et l'expression idiomatique (reprendre du poil de la bête, avoir d'autres chats à fouetter), jusqu'aux stéréotypes phrastiques : les proverbes et autres énoncés apparentés.
Que chantait-on dans les rues ou à la cour, lors des révoltes anciennes ? Des paroles souvent vulgaires et parfois polémiques, élogieuses ou satiriques, sur des airs connus de tous. Pendant la Fronde (1648-1653), des milliers de couplets ont ainsi circulé dans les rues de Paris, à l'écrit comme à l'oral, avant d'être collectés pendant au moins un siècle. Ce livre explore pour la première fois la dimension orale de ce qu'on a appelé les mazarinades, ces textes imprimés et copiés en millions d'exemplaires, destinés à commenter l'actualité de la guerre, mais aussi à agir. Des éléments de langage y étaient diffusés par les chefs des factions en lutte : la chanson était un véritable média politique dans une société largement analphabète, qui pouvait s'en approprier les airs et les paroles. L'édition des paroles de quelques chansons permet de mesurer la variété de leurs usages, depuis la chanson d'auteur (Scarron, Saint-Amant), jusqu'à la chanson produite dans l'atelier d'imprimerie qui, peut-être, donne accès aux mots des subalternes. Cette étude sur les mazarinades chantées donne ainsi à entendre un nouveau discours sur la guerre civile en France au milieu du XVIIe siècle. Elle contribue enfin à réévaluer la place du sonore dans la société de la première modernité. Pour mieux la rendre concrète, des enregistrements font entendre 45 extraits chantés - et entêtants - des mélodies de la Fronde.
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.