Certitudes meurtrières. Accompagnées de quelques spéculations
Schama Simon
SEUIL
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EAN :9782020172769
Un historien mène l'enquête. Simon Schama n'a que deux certitudes, le reste pourrait bien n'être que spéculations hasardeuses. Première certitude : Québec, 1759. Le général Wolfe a trouvé la mort face aux Français sur le champ de bataille. Londres, 1771, à la Royal Academy. Le peintre a spéculé sur la lumière qui baigne le visage du vainqueur-martyr rendant l'âme entre ses aides de camps. Immense succès mondain. Benjamin West se spécialisera désormais dans les agonies héroïques. Le général a-t-il eu vraiment le bon goût de trépasser avec un tel décorum ? A supposer que le peintre soit l'auteur de toute cette mise en scène, le crime profiterait sans doute à l'Empire britannique dont l'étoile montante exige icônes et allégories... Seconde certitude : Harvard, 1948. Le Dr Parkman, aliéniste, rejetons excentrique d'une grande famille de Boston, disparaît après avoir acheté une laitue et collecté ses loyers. La police n'écarte aucune hypothèse et les langues vont bon train. Les soupçons se portent bientôt sur un collègue professeur de chimie, locataire impécunieux de la victime. John Webster a-t-il vraiment tué ? On n'a contre lui que des présomptions. Et déjà le jeu des pouvoirs en présence s'emploie à changer le voisin, l'ami, le familier en un monstre étrange et ténébreux. A qui profiterait ce crime-là ? Peut-être à l'establishment universitaire, imbu de sa vertu, désarmé face à la crise sociale et morale qui s'annonce, soucieux de masquer son désarroi par un cérémonial d'exclusion du bouc émissaire... Ces deux nouvelles historiques nous captivent à l'égal du thriller le plus efficace. Nous avons en main les pièces à conviction, le dossier complet présentés avec brio, humour, humanité. A vous de juger, semble nous dire l'auteur. Mais lorsque Simon Schama assassine les certitudes avec préméditation, le crime profite au lecteur.
Nombre de pages
272
Date de parution
03/01/1996
Poids
360g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020172769
Titre
Certitudes meurtrières. Accompagnées de quelques spéculations
ISBN
2020172763
Auteur
Schama Simon
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
360
Date de parution
19960103
Nombre de pages
272,00 €
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La première originalité de cette vaste entreprise réside dans la pétulante et joyeuse allégresse avec laquelle cet Anglais de Harvard veut envoyer promener tous les déterminismes historiques, toutes les catégories classificatoires, tous les modèles économiques par lesquels on a voulu expliquer le "miracle" hollandais. "La Hollande de Rembrandt était plus riche en mystères de la chair et de l'esprit que ne le permet le cliché sociologique." Et Simon Schama de se lancer, armé seulement d'une invisible érudition et d'une imbattable familiarité sur la moindre trace de la "hollandité", dans la reconstitution d'une géographie morale de l'esprit hollandais, entre la peur du déluge et l'espoir du salut, entre l'attirance pour le monde extérieur et l'attachement au foyer, entre l'assouvissement de l'appétit et son déni, entre l'exaltation de la richesse et la perdition dans sa surabondance. Puzzle immense, fantastique collage réparti en quelques grandes zones d'interrogations : l'image que les Hollandais se faisaient d'eux-mêmes, de leurs origines et de leur destinée, leur attitude ambivalente envers la richesse économique, l'organisation matérielle et symbolique de leur univers domestique et familial. "La plus extraordinaire invention du pays qui allait devenir fameux pour son ingéniosité fut sa propre culture." Ce sont les mille et mille signes de cette invention qui fascinent et provoquent ce nouveau Huizinga, l'inépuisable bric-à-brac mental qui lui permet d'interpréter, à son âge d'or, un peuple dont le génie singulier est de ne jamais cesser de paraître aussi familier qu'incompréhensible.
«On ne voit jamais un paysage, on le revoit : il est là, gravé en nous par les récits, les mythes collectifs, les images les plus diverses, des gravures aux tableaux, des cartes postales aux films. Et c'est ce travail collectif de la mémoire, la constitution de paysages idéaux par accumulation de récits, de descriptions, de journaux de voyages d'images, que Schama élucide. [...] Ces visites des hauts lieux naturels, "où soi-même", sont à chaque fois l'occasion d'une démonstration érudite (Schama fait un très bel usage des citations) et d'une écriture très maîtrisée. Etudiant le travail quasi poétique opéré par la mémoire collective sur bon nombre de paysages, Simon Schama se fait lui-même écrivain. Sans doute est-ce là que son appel provocateur en faveur d'une autre histoire est le plus convaincant : le récit, dans ce livre, brasse les métaphores, les citations et l'analyse selon un fil narratif dont le pouvoir de suggestion gagne, à lui seul, le statut d'un paysage. Enserrant et répondant à ce paysage de mots, il convient de mentionner enfin le très beau travail d'illustration proposé ici, les images s'ajustant à l'écriture tout au long d'un ouvrage qui fait date.».
L'histoire contée ici est à nulle autre pareille. Tout au long des dernières décennies, des découvertes archéologiques ont renouvelé notre perception de la façon dont la Bible a vu le jour. Des mosaïques exhumées bouleversent notre idée de ce qu'étaient une synagogue et le culte juif, mais aussi de tout ce que cette religion partageait avec le paganisme et le christianisme primitif. Cette histoire s'étend sur les millénaires et les continents - d'un royaume juif dans les montagnes de l'Arabie du Sud à une synagogue syrienne aux murs peints étincelants. Simon Schama nous conte avec maestria cette épopée où l'héroïsme de la vie quotidienne côtoie les grandes tragédies, et pose son regard d'historien de l'art sur les trésors qu'elle nous a légués. L'histoire des Juifs n'est pas celle d'une culture à part, mais celle d'un monde juif immergé dans les peuples au milieu desquels il a vécu, des Egyptiens aux Grecs, des Arabes aux chrétiens. C'est en cela qu'elle est l'histoire de tous.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...