Je m'appelle Wesley Jackson, j'ai dix-neuf ans, et ma chanson préférée est Valencia. Je crois que tout le monde se trouve une chanson préférée un jour ou l'autre. Je sais que j'ai la mienne parce que je suis toujours en train de la chanter ou de l'entendre, même quand je dors." "Jusqu'ici vous connaissez mon nom, mon âge, et ma chanson préférée, mais vous ne savez pas la chose la plus importante : je suis laid. Je ne suis pas un peu laid comme certains, je suis complètement moche. Pourquoi c'est comme ça, je ne sais pas, mais c'est comme ça et voilà. Chaque fois que je m'apprête à me raser, je suis surpris. Je n'arrive pas à croire que n'importe qui puisse être aussi laid, mais il est là, juste devant mes propres yeux, et c'est moi." Wesley reçoit bientôt une lettre du Président l'invitant à entrer dans l'armée. La Seconde Guerre mondiale fait rage... Nous retrouvons dans Les Aventures de Wesley Jackson les mutiples facettes du talent de William Saroyan, et surtout son sens aigu de la fraternité humaine, de l'authenticité et son bonheur d'écriture.
Nombre de pages
384
Date de parution
08/01/1992
Poids
445g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782080644039
Titre
Les Aventures de Wesley Jackson
Auteur
Saroyan William
Editeur
FLAMMARION
Largeur
140
Poids
445
Date de parution
19920108
Nombre de pages
384,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans ce roman publié vers la fin de la Seconde guerre mondiale, le romancier suit les fortunes - les joies et les peines quotidiennes - de l'attachante famille Macauley dans la petite ville d'Ithaca, en Californie. L'ainé, Marcus, est parti faire la guerre, Homer, 14 ans, livre des télégrammes à bicyclettes, le petit, Ulysses, fait son apprentissage du monde, Bess, avec son amie Mary, redonnent le moral aux soldats de passage, et Mme Macauley veille sur son petit univers avec bienveillance et quiétude. Mais le petit microcosme de la ville d'Ithaca est, bien entendu (les noms mythiques d'Ulysses, d'Homer et d'Ithaque ne laissent pas de doute) le reflet du macrocosme qu'est la nation tout entière. En effet, la Comédie humaine est le portrait du mode de vie américain, et de l'esprit américain. Tolérance, générosité, solidarité: à travers les drames qui se déroulent dans ces pages, et la galerie d'acteurs qui y défilent, c'est l'âme d'un peuple entier que Saroyan arrive à capter et à nous livrer, avec un humour et une philosophie tout à fait à lui.
Tout jeune écrivain, William Saroyan se lance dans la littérature avec un recueil de nouvelles, L'Audacieux Jeune Homme au trapèze volant, qui fera grand bruit. Si, par la suite, sa carrière se diversifia entre romans, pièces de théâtre et scénarios, il ne renonça jamais pour autant à l'art de la nouvelle. La plupart de ces textes, parus au cours des vingt-cinq dernières années de sa vie et comprenant quelques petits chefs-d'?uvre, n'ont été réunis en un seul volume qu'à la fin des années quatre-vingt aux États-Unis. Ces nouvelles, sorties confidentiellement en France, sont à nouveau disponibles aujourd'hui, grâce à ce recueil. Ici, une fillette, en week-end chez son père, découvre un ver dans une pêche et voit celui-ci accueilli par son père comme un brave camarade, " Gaston, le grand boulevardier ". Ailleurs, un jeune homme préférera se cacher sous son lit pendant toute la guerre plutôt que de priver sa mère de son fils unique. Drôles, aigres-douces, profondes et légères à la fois, ces histoires prennent souvent pour cadre le milieu des familles arméniennes. Alliant une pensée subtile à une prose évocatrice, Saroyan sait imprégner ses écrits d'une sérénité et d'une sagesse qui les rendent particulièrement attachants.
Dans ce « road novel » autobiographique publié en 1966, Saroyan et son cousin John traversent les Etats-Unis en voiture d'est en ouest. Le long des étapes, les incidents anodins, les rencontres banales, les paysages traversés, servent de prétexte à la réflexion ou à l'évocation de souvenirs personnels et professionnels où apparaissent de grands noms: Hemingway, Ford, Fellini. La grande valeur du livre est de montrer, sous l'aspect d'une simplicité apparente, l'extraordinaire complexité du quotidien, le rôle de la mémoire, et surtout peut-être de raconter le métier d'écrivain.
Avec un passé de petit télégraphiste, en France, vous pouvez écrire des histoires de bidets entrevus en courses sans pourboire, des quiproquos de petits bleus, des tragédies syndicales, une anthologie revue et complétée des PTT ; vous devez écrire en style télégraphique. William Saroyan, petit télégraphiste de la vallée de San Joaquin, de la tribu des Saroyan exilée en Californie, a choisi d'écrire " une lettre aux, gens ordinaires pour leur dire des choses qu'ils savent déjà ". " Un roman, dit-il, c'est un romancier ! Une préface ? Un auteur de préfaces. " Lui, plus exactement, n'est pas un auteur de nouvelles : il donne de ses nouvelles. Elles sont généralement bonnes parce que tout lui plaît - tout le monde et le monde entier : " Tout le monde est un type très bien. " Cette façon vraiment très optimiste d'envisager la vie oriente Saroyan du côté de l'amour en plein air, la poésie au prisunic, la bourse et la mort, la pèche sans noyau, l'un tient vaut mieux, puis deux tu l'auras, l'armée du Salut plutôt que la guerre. Il tend l'oreille aux bruits du c?ur, ne craint pas les bons sentiments, braconne l'émotion hors des limites du bon goût, bref ne recule devant aucun sacrifice, pour le parti pris, finalement populaire, d'aimer la vie même quand il ne l'aime pas. " Mon sujet c'est encore moi. Ce n'est pas une question de suffisance mais une question d'exactitude et de vérité. " Jacques Rouré, 1947.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.