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Transwonderland. Retour au Nigéria
Saro-Wiwa Noo ; Pertat Françoise
HOEBEKE
22,00 €
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EAN :9782842304713
Centre d'excellenceLagosL'avion transperça la couverture nuageuse et survola à basse altitude une mer de palmiers qui se transforma soudain en une succession de toits métalliques, à l'infini. Toujours oppressée, comme si une chape de plomb pesait sur ma poitrine, je traversai l'aéroport, qui sentait le renfermé, et gagnai la sortie, pour tomber dans l'embuscade de l'odeur lourde du pétrole, si familière et si puissante.Pour décrire le caractère de notre plus grosse ville, les Nigérians se plaisent à raconter une anecdote pleine d'ironie: un homme descend de l'avion et lit sur un panneau: «Vous êtes à Lagos.» Aucun soupçon de bienvenue, dans ce message, et pas plus de mise en garde (puisqu'une telle attitude impliquerait que les autorités se soucient de votre sécurité). En fait, le panneau lui annonce avec indifférence qu'il met le pied dans la ville à ses risques et périls: une façon de se décharger de toutes les mésaventures qu'il pourrait y vivre. Si vous ne pouvez pas supporter la dureté sordide, intransigeante, alors poursuivez votre route, la queue entre les jambes, parce que ici, «vous êtes à Lagos»: prenez la cité telle qu'elle est ou décampez!Les habitants de Lagos sont les premiers à se plaindre que leur ville est une calamité par manque d'urbanisme: surpopulation, conducteurs agressifs, embouteillages monstres, sentiment d'urgence permanent, vols à main armée, égouts qui débordent - tout cela contigu à des poches de splendeur et de richesse acquises de façon douteuse. Si Lagos était une personne, elle porterait une veste Gucci, aurait des extensions de cheveux bon marché, un téléphone portable dans une main, un autre dans sa poche arrière et une mine renfrognée. Avec un geste d'impatience, elle vous ferait franchir le seuil de sa maison en vous extorquant un prix exorbitant, avant de vous jeter au sol et de vous flanquer une raclée pour avoir pris trop de temps:- Vous êtes à Lagos! grognerait-elle en cherchant dans vos poches un supplément d'argent liquide.J'entrai en ville avec cette image en tête, vigilante jusqu'à en être paranoïaque, ma carte bleue enfouie dans mon soutien-gorge et quelques billets de banque de secours pliés dans mes chaussures. A plusieurs reprises, on m'avait prévenue que le danger pouvait surgir à n'importe quel moment, et conseillé de voir en chacun un prédateur potentiel. Mais en réalité, le panneau qui défila sous mes yeux, avec son air tranquille tout au long du trajet, fut un «Bienvenue à Lagos» chaleureux et optimiste, que je pris d'abord comme une mauvaise plaisanterie, lancée sur un ton sarcastique, tout comme ces plaques minéralogiques, qui me doublaient, où était écrit «cité d'excellence». Cité d'excellence! N'était-ce pas d'un ridicule et d'une suffisance consommés?Tandis que le chauffeur de taxi se dirigeait vers Satellite Town, je m'efforçais de deviner le quartier de la ville que nous traversions. À Lagos, le nom des lieux est surtout dans la tête des gens. Il n'existe pratiquement pas de signes ou de repères distinctifs, rien qu'un tohu-bohu à l'infini d'édifices sans caractère, construits dans les années 1970 pendant le boom de l'industrie pétrolière, d'échoppes de vendeurs de fruits, de toits en tôle ondulée, de bus jaunes bien reconnaissables, de mendiants et de motos, qui se répétait sur des kilomètres et des kilomètres jonchés de détritus dispersés dans toutes les directions, tels des confettis.La publicité sauvage envahissait le moindre mètre carré. Les bâtiments et les lampadaires, même les dessous en pente des nombreux ponts piétonniers, me conjuraient d'acheter tel produit ou d'appeler tel numéro. À la tête de tout ce cirque se déployait une panoplie de despotes en uniforme: des contractuels vêtus en noir; des policiers bombant le torse, en chemise noire et pantalon militaire vert, réglaient la circulation comme s'ils orchestraient une symphonie de klaxons; un individu armé d'un bâton, en habit rouge foncé, faisait avancer les véhicules, leur donnant de grands coups comme s'ils étaient des ânes, avant de cingler avec désinvolture le mollet d'un garçon, au moment où il traversait la route; un homme en uniforme, devant moi, essayait de forcer la portière d'une voiture, avant de reconnaître sa défaite d'un air penaud, devant le conducteur qui l'avait verrouillée de l'intérieur - ici, les policiers étaient à la fois des prédateurs et des gardiens, et tout le monde le savait.
Je commence pour croire que la chance est avec moi. Bientôt je vais gagner mon permis. Alors je peux marier bon mademoiselle qui vient de Lagos. Pas n'import quelle mademoiselle de Lagos. Parce que des fois y en a qui vaut rien du tout. Mais Agnès c'est vraie fille avec ampoules 100 watts. " Le ton est donné. Méné, le héros de ce roman, va pourtant être emporté loin de Doukana, petite ville du Biafra où, jeune apprenti chauffeur, il coulait auprès de sa mère des jours paisibles. Pour l'amour d'Agnès, Méné s'engage, achète son uniforme, s'initie aux armes et devient Sozaboy, pétit minitaire. Embarqué dans un conflit qui le dépasse, il découvre les violences et les absurdités de la guerre civile nigériane (1967-1970). Sans les juger ni les analyser, il décrit les souffrances, les brimades, les privations, les magouilles et les compromissions qui le mènent à la désertion et à la fuite. La réalité dès lors apparaît dans sa nudité et son horreur. Salué par William Boyd comme " l'un des grands chefs-d'?uvre de la littérature africaine ", ce roman tient sa force de ce point de vue faussement naïf mais aussi de la langue choisie par Ken Sar-Wiwa : un " anglais pourri " (rotten english) mélange de pidgin, d'anglais dégradé ou idiomatique, d'emprunts aux langues nigérianes et de créations originales dont la traduction française rend parfaitement compte. L'innocence du héros, son dénuement, son optimisme parfois absurde - l'auteur manie avec une redoutable précision la dérision et un humour percutant - font de ce roman une ?uvre originale, profondément bouleversante, l'une des plus efficaces dénonciations de la guerre et de ses folies.
Jeune apprenti chauffeur, Méné coule des jours paisibles à Doukana, petite ville du Biafra. Pour l'amour d'Agnès, il s'engage, achète son uniforme et s'initie aux armes. Embarqué dans un conflit qui le dépasse et dont il fait le récit avec naïveté et horreur, il découvre les violences et les absurdités de la guerre civile nigériane (1967-1970). Salué par William Boyd comme "l'un des grands chefs-d'?uvre de la littérature africaine", ce roman tient sa force de la langue choisie par Ken Saro-Wiwa: un "anglais pourri" (rotten english) mélange de pidgin, d'anglais dégradé ou idiomatique, d'emprunts aux langues nigérianes et de créations dont la traduction française rend parfaitement compte. Originale et bouleversante, voici l'une des plus efficaces dénonciations de la guerre et de ses folies.
Résumé : " Pour être millionnaire, pensez comme un millionnaire ! " : telle est la devise de Mister B, génie de l'arnaque. Or, au Nigeria, survivre est un exercice quotidien d'intelligence. Mais Mister B ne manque pas d'astuce et ne s'embarrasse pas de scrupules. Avec sa bande, il imagine mille combines pour prendre l'argent là où il se trouve.
Résumé : Ola, jeune étudiante en psychologie dans une université américaine, revient au Nigeria à la mort de ses parents. Selon le v?u de son père, elle se rend à la prison de Port Harcourt afin de rencontrer un assassin, la belle et énigmatique Lemona. Au cours d'une longue veillée nocturne au bout de laquelle elle va être pendue, Lemona entreprend de lui raconter l'histoire de sa vie placée sous le signe du tragique et de la malchance perpétuelle. Et si l'histoire de Lemona avait des liens secrets avec celle de la fille de ses victimes, elle-même " exilée " tôt du Nigeria et élevée loin de ses parents par une nourrice anglaise ? Ken Saro-Wiwa nous livre dans ce récit posthume une belle et douloureuse réflexion sur le destin et ses irrésistibles travers.
Résumé : Kévin Bordi et Samy Robin vous ouvrent leur univers de passionnés et vous embarquent à la découverte des échecs. Grâce à leur approche singulière du jeu, ils démystifient les codes et guident vos pas sur le chemin de la victoire. Avec plus de 450 diagrammes commentés, vous découvrirez les clés et astuces pour jongler entre les tactiques, peaufiner vos stratégies et comprendre enfin ce qu'il se passe dans la tête des champions. Pédagogique et complet, de l'ouverture à la finale, vous ne serez plus jamais démuni face à un échiquier et trouverez enfin des réponses adaptées pour progresser et repousser vos limites.
Le Nord de la France a longtemps souffert d un manque d image positive. Les clichés sur le climat, la pauvreté, la tristesse de ses habitants, le manque de culture, la langue, ont aujourd hui fait long feu grâce notamment au film de Dany Boon. Cette mise à l écart a eu néanmoins un effet positif: celui de préserver une région et de perpétuer des traditions qui ont ailleurs disparues. Les 59 thèmes sélectionnés dans cet ouvrage donnent un large éventail des produits liés au Nord qu ils soient issus du patrimoine architectural (la brique, les beffrois, les moulins); de la tradition populaire (les friteries, les estaminets, les carnavals), de la tradition culinaire (l endive, la bière, le maroilles) ou encore culturelle ou sportive (le quotidien la Voix du Nord, la Piscine de Roubaix, la trouée d Arenberg).Il ne s agit pas ici uniquement d évoquer un passé nostalgique mais de souligner le portrait vivant d une région qui, pour être attachée à ses traditions, sait se hisser à la pointe de la technologie, de montrer que les entreprises ou les industries locales qui s y sont créées ont su se développer et être, pour certaines aujourd hui, des leaders dans leur spécialité. Biographie de l'auteur Bruno Vouters est rédacteur en chef adjoint du quotidien la Voix du Nord. Il est très impliqué dans sa région, il a notamment été à l'origine de la création du Musée Matisse dans la ville natale de l artiste au Cateau-Cambrésis. Il est également l auteur de plusieurs ouvrages ayant trait au Nord. Il a aussi contribué à des documentaires ou portraits pour la télévision.Rémi Vouters a participé à différents projets de documentaires télévisés et écrit pour le théâtre.
Elles fleurissent partout sur le visage des hommes d'aujourd'hui, plus ou moins longues, plus ou moins travaillées ou fournies. Leur forme et leur style renseignent sur leurs propriétaires mais aussi sur notre époque. Esthétiques, éthiques, religieuses, symboliques, les aventures du poil ont été nombreuses et étonnantes. Des fanatismes, des luttes, des guerres, des amours, des cultes, des rires, des pleurs, des espoirs, des regrets ont jalonné son histoire. C'est cette histoire inédite que Jean Feixas et Emmanuel Pierrat explorent en rassemblant nombre d'anecdotes surprenantes et savoureuses qui s'y rapportent et en les ponctuant d'illustrations variées et hautes en couleur. Car après tout, comme les auteurs nous le disent, " c'est à un poil près que chacun peut passer à côté du gros lot, et à un cheveu que tient la vie " !
Cédric Gras livre un récit de voyage sur l'effondrement écologique de l'ère post-soviétique. ??? ? Depuis les bords de la mer d'Aral, aujourd'hui presque asséchée, Cédric Gras remonte aux sources du mythique fleuve Amou-Daria. En traversant les républiques ex-soviétiques d'Ouzbékistan, du Turkménistan ou du Tadjikistan, il pêche avec des braconniers, rencontre les ramasseuses de coton et admire les cités des routes de la soie. Là un dictateur fantasque a fait bâtir une capitale de marbre dans les sables. Ailleurs, un président érige des barrages records. Plus loin les Talibans creusent un canal qui achève de saigner le fleuve. Dans le terrible désert du Karakoum, la Sécurité d'Etat entrave son voyage, mais il parvient, au terme de 2 500 kilomètres, au plus long glacier du monde, niché dans le Pamir et véritable château d'eau d'une Asie centrale menacée par la soif... "Un passionnant thriller post-soviétique sur les origines de ce désastre écologique" Le Nouvel Obs Né en 1982, Cédric Gras a suivi des études de géographie entre la France et la Russie avant de diriger plusieurs Alliances françaises en Russie et en Ukraine puis de se consacrer à l'écriture. Il a notamment publié chez Points Alpinistes de Staline (2023) et Alpinistes de Mao (2024).