
SOZABOY. (Petit minitaire)
Je commence pour croire que la chance est avec moi. Bientôt je vais gagner mon permis. Alors je peux marier bon mademoiselle qui vient de Lagos. Pas n'import quelle mademoiselle de Lagos. Parce que des fois y en a qui vaut rien du tout. Mais Agnès c'est vraie fille avec ampoules 100 watts. " Le ton est donné. Méné, le héros de ce roman, va pourtant être emporté loin de Doukana, petite ville du Biafra où, jeune apprenti chauffeur, il coulait auprès de sa mère des jours paisibles. Pour l'amour d'Agnès, Méné s'engage, achète son uniforme, s'initie aux armes et devient Sozaboy, pétit minitaire. Embarqué dans un conflit qui le dépasse, il découvre les violences et les absurdités de la guerre civile nigériane (1967-1970). Sans les juger ni les analyser, il décrit les souffrances, les brimades, les privations, les magouilles et les compromissions qui le mènent à la désertion et à la fuite. La réalité dès lors apparaît dans sa nudité et son horreur. Salué par William Boyd comme " l'un des grands chefs-d'?uvre de la littérature africaine ", ce roman tient sa force de ce point de vue faussement naïf mais aussi de la langue choisie par Ken Sar-Wiwa : un " anglais pourri " (rotten english) mélange de pidgin, d'anglais dégradé ou idiomatique, d'emprunts aux langues nigérianes et de créations originales dont la traduction française rend parfaitement compte. L'innocence du héros, son dénuement, son optimisme parfois absurde - l'auteur manie avec une redoutable précision la dérision et un humour percutant - font de ce roman une ?uvre originale, profondément bouleversante, l'une des plus efficaces dénonciations de la guerre et de ses folies.
| Nombre de pages | 312 |
|---|---|
| Date de parution | 03/12/1998 |
| Poids | 320g |
| Largeur | 115mm |
| EAN | 9782742716609 |
|---|---|
| Titre | SOZABOY. (Petit minitaire) |
| Auteur | Saro-Wiwa Ken |
| Editeur | ACTES SUD |
| Largeur | 115 |
| Poids | 320 |
| Date de parution | 19981203 |
| Nombre de pages | 312,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Sozaboy (pétit minitaire)
Saro-Wiwa KenJeune apprenti chauffeur, Méné coule des jours paisibles à Doukana, petite ville du Biafra. Pour l'amour d'Agnès, il s'engage, achète son uniforme et s'initie aux armes. Embarqué dans un conflit qui le dépasse et dont il fait le récit avec naïveté et horreur, il découvre les violences et les absurdités de la guerre civile nigériane (1967-1970). Salué par William Boyd comme "l'un des grands chefs-d'?uvre de la littérature africaine", ce roman tient sa force de la langue choisie par Ken Saro-Wiwa: un "anglais pourri" (rotten english) mélange de pidgin, d'anglais dégradé ou idiomatique, d'emprunts aux langues nigérianes et de créations dont la traduction française rend parfaitement compte. Originale et bouleversante, voici l'une des plus efficaces dénonciations de la guerre et de ses folies.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER10,20 € -

Mister B millionnaire
Saro-Wiwa KenRésumé : " Pour être millionnaire, pensez comme un millionnaire ! " : telle est la devise de Mister B, génie de l'arnaque. Or, au Nigeria, survivre est un exercice quotidien d'intelligence. Mais Mister B ne manque pas d'astuce et ne s'embarrasse pas de scrupules. Avec sa bande, il imagine mille combines pour prendre l'argent là où il se trouve.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER6,00 € -

Lemona
Saro-Wiwa KenRésumé : Ola, jeune étudiante en psychologie dans une université américaine, revient au Nigeria à la mort de ses parents. Selon le v?u de son père, elle se rend à la prison de Port Harcourt afin de rencontrer un assassin, la belle et énigmatique Lemona. Au cours d'une longue veillée nocturne au bout de laquelle elle va être pendue, Lemona entreprend de lui raconter l'histoire de sa vie placée sous le signe du tragique et de la malchance perpétuelle. Et si l'histoire de Lemona avait des liens secrets avec celle de la fille de ses victimes, elle-même " exilée " tôt du Nigeria et élevée loin de ses parents par une nourrice anglaise ? Ken Saro-Wiwa nous livre dans ce récit posthume une belle et douloureuse réflexion sur le destin et ses irrésistibles travers.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER12,00 € -

Transwonderland. Retour au Nigéria
Saro-Wiwa Noo ; Pertat FrançoiseCentre d'excellenceLagosL'avion transperça la couverture nuageuse et survola à basse altitude une mer de palmiers qui se transforma soudain en une succession de toits métalliques, à l'infini. Toujours oppressée, comme si une chape de plomb pesait sur ma poitrine, je traversai l'aéroport, qui sentait le renfermé, et gagnai la sortie, pour tomber dans l'embuscade de l'odeur lourde du pétrole, si familière et si puissante.Pour décrire le caractère de notre plus grosse ville, les Nigérians se plaisent à raconter une anecdote pleine d'ironie: un homme descend de l'avion et lit sur un panneau: «Vous êtes à Lagos.» Aucun soupçon de bienvenue, dans ce message, et pas plus de mise en garde (puisqu'une telle attitude impliquerait que les autorités se soucient de votre sécurité). En fait, le panneau lui annonce avec indifférence qu'il met le pied dans la ville à ses risques et périls: une façon de se décharger de toutes les mésaventures qu'il pourrait y vivre. Si vous ne pouvez pas supporter la dureté sordide, intransigeante, alors poursuivez votre route, la queue entre les jambes, parce que ici, «vous êtes à Lagos»: prenez la cité telle qu'elle est ou décampez!Les habitants de Lagos sont les premiers à se plaindre que leur ville est une calamité par manque d'urbanisme: surpopulation, conducteurs agressifs, embouteillages monstres, sentiment d'urgence permanent, vols à main armée, égouts qui débordent - tout cela contigu à des poches de splendeur et de richesse acquises de façon douteuse. Si Lagos était une personne, elle porterait une veste Gucci, aurait des extensions de cheveux bon marché, un téléphone portable dans une main, un autre dans sa poche arrière et une mine renfrognée. Avec un geste d'impatience, elle vous ferait franchir le seuil de sa maison en vous extorquant un prix exorbitant, avant de vous jeter au sol et de vous flanquer une raclée pour avoir pris trop de temps:- Vous êtes à Lagos! grognerait-elle en cherchant dans vos poches un supplément d'argent liquide.J'entrai en ville avec cette image en tête, vigilante jusqu'à en être paranoïaque, ma carte bleue enfouie dans mon soutien-gorge et quelques billets de banque de secours pliés dans mes chaussures. A plusieurs reprises, on m'avait prévenue que le danger pouvait surgir à n'importe quel moment, et conseillé de voir en chacun un prédateur potentiel. Mais en réalité, le panneau qui défila sous mes yeux, avec son air tranquille tout au long du trajet, fut un «Bienvenue à Lagos» chaleureux et optimiste, que je pris d'abord comme une mauvaise plaisanterie, lancée sur un ton sarcastique, tout comme ces plaques minéralogiques, qui me doublaient, où était écrit «cité d'excellence». Cité d'excellence! N'était-ce pas d'un ridicule et d'une suffisance consommés?Tandis que le chauffeur de taxi se dirigeait vers Satellite Town, je m'efforçais de deviner le quartier de la ville que nous traversions. À Lagos, le nom des lieux est surtout dans la tête des gens. Il n'existe pratiquement pas de signes ou de repères distinctifs, rien qu'un tohu-bohu à l'infini d'édifices sans caractère, construits dans les années 1970 pendant le boom de l'industrie pétrolière, d'échoppes de vendeurs de fruits, de toits en tôle ondulée, de bus jaunes bien reconnaissables, de mendiants et de motos, qui se répétait sur des kilomètres et des kilomètres jonchés de détritus dispersés dans toutes les directions, tels des confettis.La publicité sauvage envahissait le moindre mètre carré. Les bâtiments et les lampadaires, même les dessous en pente des nombreux ponts piétonniers, me conjuraient d'acheter tel produit ou d'appeler tel numéro. À la tête de tout ce cirque se déployait une panoplie de despotes en uniforme: des contractuels vêtus en noir; des policiers bombant le torse, en chemise noire et pantalon militaire vert, réglaient la circulation comme s'ils orchestraient une symphonie de klaxons; un individu armé d'un bâton, en habit rouge foncé, faisait avancer les véhicules, leur donnant de grands coups comme s'ils étaient des ânes, avant de cingler avec désinvolture le mollet d'un garçon, au moment où il traversait la route; un homme en uniforme, devant moi, essayait de forcer la portière d'une voiture, avant de reconnaître sa défaite d'un air penaud, devant le conducteur qui l'avait verrouillée de l'intérieur - ici, les policiers étaient à la fois des prédateurs et des gardiens, et tout le monde le savait.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER22,00 €
Du même éditeur
-

LE CIEL OUVERT
MATHIEU/ZALKONicolas Mathieu ouvre pour nous une fenêtre sur le ciel avec ce roman qui n’est constitué que de déclarations d’amour. Son entrelacs de textes composent un hymne à la vie et à ses moments forts. Magnifié par les illustrations d’Aline Zalko.EN STOCKCOMMANDER9,20 € -

Les orphelins. Une histoire de Billy the Kid
Vuillard EricSoudain, le vide se fit en lui. Son petit corps se contracta tout entier, il trembla ; et, à cette minute, il sut qu'il serait toujours seul. Une terrible angoisse lui remonta par le bas du ventre. Il aperçut à contre-jour la gueule de Cahill, la mort lui parut proche, toute proche ! Sur sa joue, il sentit le soleil, son harmonie mortelle, sa beauté. Il eut envie de pleurer. Alors, les visages des soldats, des garçons vachers qui faisaient cercle autour de lui, s'évaporèrent dans le néant. Sa main se faufila jusqu'à l'arme, et il tira.EN STOCKCOMMANDER20,90 € -

Eldorado
Gaudé LaurentLa double trajectoire d'un policier des frontières qui perd le sens de sa mission et d'un jeune émigrant soudanais qui tente d'atteindre l'Eldorado européen.A Catane, le commandant Salvatore Piracci surveille les frontières maritimes. Gardien de la citadelle Europe, il navigue depuis vingt ans au large des côtes italiennes, afin d'intercepter les bateaux chargés d'émigrés clandestins qui ont tenté la grande aventure en sacrifiant toute leur misérable fortune... en sacrifiant parfois leur vie, car il n'est pas rare que les embarcations que la frégate du commandant accoste soient devenues des tombeaux flottants, abandonnés par les équipages qui avaient promis un passage sûr et se sont sauvés à la faveur de la nuit. Un jour, c'est justement une survivante de l'un de ces bateaux de la mort qui aborde le commandant Salvatore Piracci, et cette rencontre va bouleverser sa vie. Touché par l'histoire qu'elle lui raconte, il se laisse peu à peu gagner par le doute, par la compassion, par l'humanité... et entreprend un grand voyage.Au Soudan, pour Soleiman et son frère Jamal, c'est le grand jour : ils ont enfin amassé la somme d'argent qui leur permettra de quitter le pays et le continent pour une vie meilleure. Mais les jeunes gens sont bientôt séparés par le destin. Soleiman rencontre Boubakar le boiteux et c'est avec ce nouveau compagnon qu'il poursuivra - d'Al Zuwarah à Ghardaïa, Oujda, puis Ceuta... - son voyage vers l'Eldorado européen. Parce qu'il n'y a pas de frontière que l'espérance ne puisse franchir, Laurent Gaudé fait résonner la voix de ceux qui, au prix de leurs illusions, leur identité et parfois leur vie, osent se mettre en chemin pour s'inventer une terre promise.EN STOCKCOMMANDER8,20 € -

La cité de la victoire
Rushdie Salman ; Meudal GérardDans le Sud de l'Inde au XIVe siècle, à la suite d'une bataille quelconque entre deux royaumes aujourd'hui oubliés, une fillette de neuf ans fait une rencontre divine qui va changer le cours de l'histoire. Alors qu'elle vient d'assister à la mort de sa mère, Pampa Kampana est soudain promise à un autre destin : elle contribuera à l'essor d'une grande ville appelée Bisnaga - littéralement "cité de la victoire". Au cours des deux cent cinquante années suivantes, de la création de Bisnaga à sa chute tragique, Pampa Kampana tente de remplir la mission que la déesse lui a confiée : faire des femmes les égales des hommes dans un monde patriarcal. Mais toutes les histoires échappent à leur créateur, et Bisnaga ne fait pas exception... Brillamment présentée comme la traduction d'une épopée antique, cette saga au confluent de l'amour, de l'aventure et du mythe atteste du pouvoir infini des mots.EN STOCKCOMMANDER10,90 €
