Qui est fou, qui ne l’est pas ?. Parcours d’un infirmier psy
Sanlaville Dominique
L'HARMATTAN
21,00 €
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EAN :9782336519319
Des textes simples à lire, parfois volontairement humoristiques, présentent le monde caché de la maladie mentale. Et ils dénoncent l'évolution, expliquent comment on est passé en quelques décennies d'une psychiatrie humaniste et institutionnelle, fruit de l'idée de la sectorisation, à une psychiatrie industrielle standardisée, protocolisée. Les services manquent de lits et de personnel, les urgences sont en permanence saturées et de nombreux patients n'ont plus aucun suivi extérieur. Les équipes, démotivées par l'absence de clinique et de psychopathologie, doivent en plus supporter une gestion managériale délétère. Et elles ne soignent plus des personnes, des sujets pensants, mais traitent des neurones, des synapses. Elles rectifient les dérèglements, normalisent les comportements, surveillent les esprits, enferment, isolent, contraignent... Ce livre, qui s'appuie sur la parole des patients, évoque ainsi les égarements des soignants, et il jette un doute, au point d'amener le lecteur à se demander « qui est fou, qui ne l'est pas ? ».
Nombre de pages
190
Date de parution
13/03/2025
Poids
228g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782336519319
Titre
Qui est fou, qui ne l’est pas ?. Parcours d’un infirmier psy
Auteur
Sanlaville Dominique
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
228
Date de parution
20250313
Nombre de pages
190,00 €
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La gestion comptable à l'hôpital a favorisé la gestion par les molécules, par les neurosciences et par l'imagerie médicale dont on ne peut certes pas nier les avancées. Mais lorsque ce progrès s'accompagne d'une disparition de l'essentiel, c'est-à-dire de cette indispensable relation humaine sans laquelle le soin ne peut pas exister, alors la psychiatrie, " déboussolée ", risque de voir ses soignants adopter des attitudes aussi insensées que celles de leurs patients et devenir des ennemis au lieu d'être des alliés. Le malaise actuel des services en est malheureusement la traduction. Un écrit simple qui cherche, à travers une présentation de cas de malades bien difficiles, à susciter l'émotion et la réflexion chez le lecteur et surtout, à reparler de l'attachement et de l'empathie nécessaires pour entendre la souffrante des autres, les regarder, les ressentir, écouter leur histoire et comprendre pourquoi ils sont tombés malades. L'être humain ne se réduit pas seulement à ce que l'on en voit, et lorsqu'il est malade, à ses seuls symptômes. Il n'est pas qu'une pathologie. Il a une intériorité, un vécu, une famille et des liens sociaux. Il est toujours en puissance de s'accomplir, de surmonter, de se dépasser, toujours en devenir. Le soin, c'est un tissage de liens, des forces qui s'ajoutent, et une confiance réciproque qui permet au malade d'être l'acteur de son traitement et de mobiliser en lui les forces capables de le faire aller mieux.
Des malades mentaux qui se retrouvent attachés à l'hôpital, enfermés en prison ou abandonnés à la rue. Que s'est-il passé en psychiatrie ? Que reste-t-il du bel espoir suscité par la mise en place de la sectorisation dans les années 1970-1980 qui avait souhaité en finir avec l'enfermement ? L'idée c'était d'humaniser le soin, de le centrer sur l'individu, de comprendre le sens de sa souffrance et tenter de lui conserver une place dans sa famille et dans la société. Aujourd'hui, des impératifs budgétaires imposent de rationaliser les dépenses et de rentabiliser tous les actes. Dans l'hôpital, géré comme une entreprise, le patient n'est plus cet être unique, avec son histoire particulière. Il n'est qu'un symptôme à éradiquer par des médicaments et des contraintes physiques parfois violentes. Le soin n'est plus la rencontre de celui qui souffre avec celui qui soigne. Il faut adapter, normaliser. Dans les services, la médicalisation a pris le pas sur la réflexion clinique, on traite souvent très vite, sans parler, sans écouter et sans comprendre. Et cette folie qui autrefois nous était familière devient alors étrangère et dangereuse. Elle nous fait peur. Considérés maintenant comme des criminels, punis par le rejet ou l'enfermement, les patients supportent à la fois leur pathologie et cette lourde condamnation. Malades et coupables, c'est la double peine.
Autrefois la mort donnait lieu à une cérémonie publique, solennelle, en famille et avec les amis. Aujourd'hui, la mort a changé de visage. Parfois le malade ignore jusqu'au bout qu'il va mourir, car on n'a pas pu lui dire la vérité. Le généraliste se défausse et l'envoie à l'hôpital. Sa fin est médicalisée et un vide se crée autour de lui. Il part souvent seul ou entouré d'étrangers, des spécialistes qui sont là pour le faire vivre, mais pas pour l'accompagner. Le cheminement est devenu mécanique et sans âme. Et l'agonie est souvent beaucoup plus cruelle qu'avant alors que l'on est persuadé d'avoir bien amélioré les conditions. On cache les mourants, on isole les vieux, et on fait le silence autour de ceux qui vont partir. Dans notre société, la mort est évacuée au quotidien. Elle est enfermée à l'hôpital ou dans des EHPAD. Le soignant devrait pourtant l'intégrer dans sa réflexion, car elle sera toujours là pour l'effrayer. Mais il l'occulte, la considère comme un échec ou la confie à des soins palliatifs, encore trop peu développés et qui créent une sélection impitoyable.Dans son travail d'infirmier, pendant 40 ans et dans sa vie privée, l'auteur a dû accompagner de nombreuses personnes. Il y en a qui se sont éteintes dans ses bras, en se regardant, persuadées qu'elles allaient vivre encore. D'autres, en proie à des souffrances insurmontables, ont réclamé, avec détermination, d'en finir, mais leur appel n'a pas été entendu. Un bon nombre, ayant traversé une existence à l'économie, se sont contentées d'une fi n qui lui ressemblait. Elles n'étaient plus vraiment là, lors du grand rendez-vous. Bien peu ont pu réellement être actrices de leur mort et s'y préparer sereinement. C'est son vécu que l'auteur livre ici à travers quelques histoires. Et certaines ont été bien difficiles à écrire... Le texte est entrecoupé de parties où l'auteur pousse la réflexion sur certains sujets abordés : le suicide, l'anorexie, la vieillesse, la fin de vie, la souffrance, la peur de la mort et bien sûr, l'attitude des soignants... Des problèmes qui, aujourd'hui ou demain, peuvent concerner n'importe lequel d'entre nous. On apprend aux infirmiers et aux médecins à faire vivre, souvent à tout prix, mais pas à mourir. Cet enseignement n'est pas dispensé en formation centrale des soignants, ni en université. Dans ces conditions, l'accompagnement reste une démarche bien difficile à réaliser, surtout lorsqu'il s'agit de proches. Cet ouvrage propose des chemins pour mieux le réaliser et permettre de vivre jusqu'au bout.
En peu d'années, la psychiatrie a changé. La logique comptable et les protocoles ont réduit l'activité du soignant à des gestes techniques, aseptisés et rentables. La psychothérapie a disparu. Les électrochocs et les attaches reviennent en force. On ne cherche plus à comprendre, à écouter mais à normaliser, à effacer le symptôme avec des molécules chimiques. La maladie y perd son sens et sa raison d'être. Des anecdotes, des textes simples à lire et parfois un peu humoristiques présentent ce monde obscur de la psychiatrie qui est souvent le reflet de celui des gens normaux. Des cas concrets illustrent les différentes pathologies. Au fil des pages se dessine une réflexion qui redéfinit ce que doit être le soin. On constate alors que les malades ont beaucoup à nous apprendre.