MODERNITE A L'ANTIQUE. PARCOURS VALLESIENS. PREFACE DE ROGER BELLET.
SAMINADAYAR-PERRIN C
CHAMPION
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EAN :9782745300041
L'Antiquité du XIXe siècle : étrange plus qu'étrangère, irréductible à sa seule historicité, elle se présente comme une vaste nébuleuse de temps et d'espaces très hétérogènes, liés par un sentiment confus d'appartenance, par une langue (le tout-puissant latin), par une certaine conception de la virtus. Monde essentiellement imaginaire donc, mais autoritaire et éternellement présent, source privilégiée des valeurs idéologiques, politiques et esthétiques ; l'Antiquité, malgré les crises, ruptures et révolutions qui ont marqué le XIXe siècle, reste paradoxalement l'horizon de référence par rapport auquel la modernité est sommée de se penser. Cette fascination s'explique par la nature irréductiblement rhétorique de l'Antiquité, inséparable des mots qui la disent et qu'elle dicte : cette épaisseur de textes et d'images l'érige en objet immédiatement fantasmatique, qui exclut d'emblée toute relation distanciée ou purement intellectuelle. De ce rapport toujours passionnel et passionné, qui marqua profondément toute la littérature du XIXe siècle, Vallès offre une figure emblématique. Par sa lucidité d'abord : Vallès eut toujours une conscience aiguë de la violence exercée sur les vivants par les Morts-vampires autoritaires, par le Passé monolithe écrasant. Par sa démarche ensuite, exemplaire et explosive : détruire la rhétorique par la rhétorique, faire des livres quand on s'affirme victime du Livre. Le regard des Anciens, leurs immenses réseaux d'images surimposées au réel, leur parole envahissante, font peser sur la modernité une perpétuelle menace d'aphasie : si le rapport à l'Antiquité s'avère essentiel au XIXe siècle, c'est qu'il y va de la possibilité même d'une écriture.
Date de parution
01/01/1999
Poids
920g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782745300041
Titre
MODERNITE A L'ANTIQUE. PARCOURS VALLESIENS. PREFACE DE ROGER BELLET.
ISBN
2745300040
Auteur
SAMINADAYAR-PERRIN C
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
920
Date de parution
19990101
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La trilogie de Vallès - L'Enfant, Le Bachelier, L'Insurgé - apparaît, à maints égards, comme l'oeuvre d'une vie. Ces trois romans imposent leur auteur comme un écrivain de premier plan ; ils marquent le bilan (et le couronnement) d'un itinéraire révolutionnaire. Le jeu des titres et des dédicaces souligne le double objectif du romancier : la "fiction autobiographique" construit un moi en prise directe sur le présent, l'histoire, la révolution ; le destin individuel du protagoniste dessine d'autre part, en creux, le parcours de toute une génération en butte à un "monde mal fait", dans lequel l'affirmation heureuse de l'individu ne peut passer que par l'insurrection. Autobiographie romanesque et contre-roman d'apprentissage, la trilogie n'a cependant rien d'une oeuvre à thèse, monolithique et dogmatique : elle se caractérise avant tout par la polyphonie, le croisement des discours, le perpétuel vacillement des registres et des tonalités narratives. Ecrire la révolution passe nécessairement, pour Vallès, par une révolution de l'écriture : c'est ce que donne à lire, exemplairement, le récit fondateur qu'est L'Enfant". Corinne Saminadayar.
Jules Vallès (1832-1885) a, toute sa vie, défendu la «liberté sans rivages». Cette passion libertaire en fait l'un des premiers avocats des droits de l'enfant et lui inspire une inépuisable indignation contre les enfers sociaux où croupissent les victimes d'un «monde mal fait».
Au XIXe siècle, la presse devient le premier média de masse qu'ait connu la France : aussi désigne-t-on volontiers cette période, qui s'étend jusqu'en 1914, comme la " civilisation du journal ". Or, à lire les journaux les plus " modernes " de la monarchie de Juillet ou du Second Empire (La Presse de Girardin, Le Figaro de Villemessant...), on s'avise d'un surprenant paradoxe : le journal s'efforce d'inventer un dispositif communicationnel révolutionnaire, distinct de l'ancien modèle oratoire ; pourtant, celui-ci continue à imposer ses paradigmes et ses modèles d'écriture jusqu'à la Troisième République au moins. L'écriture journalistique des années 1836-1885, avant l'émergence en France de la grande presse d'information à l'anglo-saxonne, est constitutivement rhétorique. Quels sont les modalités et les enjeux de cette reconfiguration médiatique d'un très ancien héritage rhétorique ? Quelle conception de la communication et de l'espace public engage-t-elle ? Quel rôle réserve-t-elle à l'intellectuel, à l'écrivain, au journaliste ? Toutes ces questions sont décisives en un siècle où s'invente, en France, la démocratie.
Le dix-neuvième siècle a une mère auguste, la Révolution française. Il a ce sang énorme dans les veines", écrit Victor Hugo. De 1789 à la première guerre mondiale, les écrivains ont continûment pensé la Révolution au présent. Ils s'en sont emparés dans tous les genres et sur tous les modes : portés par la puissance évocatoire de l'imaginaire, le roman noir ou le conte, le drame ou le poème, le récit réaliste comme le mythe et la légende ont concurrencé les savoirs historiographiques. La Révolution, avant de devenir lieu de mémoire républicaine, cristallise les polémiques sur le sens de l'histoire, le rapport de l'individu au devenir de la nation, la nécessité de la violence à l'oeuvre dans le développement des civilisations. A travers les romans, pièces de théâtre ou poèmes d'auteurs de premier plan (Chateaubriand, Balzac, Hugo, Lamartine, les Goncourt, Anatole France) et d'écrivains méconnus, cet ouvrage analyse comment la mise en fiction permet de problématiser et de modéliser ces questions décisives, et qui ne cessent de resurgir jusque dans notre présent.