
L'utopie carcérale. Petite histoire des "prisons modèles"
A quoi tient aujourd'hui la légitimité de la prison ? Au tournant sécuritaire commandé par la réaction néolibérale, assurément. Mais aussi à la croyance que la prison est perfectible, envers et contre tout. Régulièrement, des "prisons modèles" s'évertuent à raviver une utopie pénitentiaire moribonde. Les discours qui les accompagnent font miroiter la possibilité d'un enfermement enfin avantageux sinon salutaire, comme si jusqu'ici, par manque d'imagination, de volonté et de moyens, l'on n'avait pas vraiment essayé. C'est oublier une histoire jalonnée de diverses tentatives, parfois grandioses, qui donne toutes les raisons d'en douter. Pour nous la remémorer, ce livre effectue une vaste mise en perspective dans le temps et l'espace. De Genève à Pékin en passant par Londres ou Saint-Pétersbourg, du début du XIXe siècle à nos jours, il rappelle des cas célèbres ou méconnus de "prisons modèles" qui, d'abord encensées, ont tourné au fiasco. Au terme de ce détour, pourtant, il ne s'agit pas seulement de constater l'ampleur du fossé entre prétentions et réalités, ni même de dissiper une illusion. Mais de faire opérer aux "prisons modèles" le même renversement de perspective qu'aux prisons tout court : et si l'évidence aveuglante de leur échec masquait un genre de succès, le passage sous silence de la gestion différentielle des illégalismes dont la prison est le pivot ?
| Nombre de pages | 240 |
|---|---|
| Date de parution | 16/11/2016 |
| Poids | 264g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782354801472 |
|---|---|
| Titre | L'utopie carcérale. Petite histoire des "prisons modèles" |
| Auteur | Salle Grégory |
| Editeur | AMSTERDAM |
| Largeur | 135 |
| Poids | 264 |
| Date de parution | 20161116 |
| Nombre de pages | 240,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

PART D'OMBRE DE L'ETAT DE DROIT - LA QUESTION CARCERALE EN F
SALLE GREGORYSur commandeCOMMANDER25,00 € -
Superyachts. Luxe, calme et écocide
Salle GrégoryLe terme de "superyacht" désigne une embarcation dépassant 24 mètres, voire désormais 30 mètres, sous l'effet d'une course à l'allongement. Au début de ce siècle, il existait environ 2 250 vaisseaux de ce type dans le monde ; deux décennies et une crise financière plus tard, il y en a plus du double. Loin d'être anecdotique (en France, moins de 0, 01 % des immatriculations de véhicules maritimes à moteur sont concernées), la pratique de la plaisance de luxe, apparue au milieu du xixe siècle, met en évidence la sécession sociale et environnementale des plus riches. Non pas caprice, excentricité, lubie de milliardaires au mode de vie extravagant ; mais reflet, expression, indice du monde comme il va. Non pas démesure, mais mesure - celle du délire général qui a pour nom "ordre social" . Forme contemporaine de la "réclusion ostentatoire" , la plaisance de luxe nous conduit tout droit aux grandes questions de notre temps - notamment à la reconnaissance juridique de l'écocide comme crime international. De la lutte des classes à la surconsommation des riches, de la fraude fiscale à la délinquance environnementale, du greenwashing à la gestion différentielle des illégalismes : tirer le fil du superyachting, c'est dévider toute la pelote du capitalisme fossile.Sur commandeCOMMANDER13,00 € -
Qu'est-ce que le crime environnemental ?
Salle GrégoryRésumé : Un quart du commerce mondial de bois est illégal, le saviez-vous ? Sous l'influence des organisations internationales, l'existence d'une "délinquance écologique" , d'une "criminalité environnementale" est désormais visible. Elle prend la forme du trafic d'espèces sauvages protégées, du déversement illicite de déchets toxiques ou de la contrebande de ressources naturelles. Mafias et autres réseaux clandestins opérant dans le sud global en seraient les principaux acteurs et bénéficiaires. Et si ces représentations étaient tronquées, voire trompeuses ? Dépassant la conception commune, dont il retrace la genèse et la diffusion, ce livre invite à penser le crime environnemental au-delà de ses manifestations les plus spectaculaires. Contre le juridisme, il soutient que la focalisation sur les infractions patentées sert commodément d'alibi au saccage légal du vivant. Aberration ou distorsion, la criminalité environnementale ? Plutôt une expression, arbitrairement stigmatisée, d'un système socio-économique fondé sur l'exploitation.Sur commandeCOMMANDER21,00 € -
L'Homme et la Société N° 197, 2015/3 : L'économie entre performativité, idéologie et pouvoir symboli
Ambroise Bruno ; Salle Grégory ; Sobel RichardRésumé : Issue de la réflexion sur les actes de langage du philosophe John L. Austin (1975), la "performativité" est, depuis une vingtaine d'années, une notion en vogue dans les sciences sociales, particulièrement en sociologie économique. A l'instar des discours qui modifient l'état du monde (celui de la promesse ou celui du mariage), le discours économique aurait un effet "performatif". Posture stimulante, mais problématique, stricto sensu, l'efficacité performative porte au jour ce dont un énoncé parle au moyen de la parole elle-même, c'est-à-dire, précisément, en disant telle ou telle chose. Peut-on alors considérer que l'économie, de la même façon, crée certaines choses ? N'utilise-t-on pas la terminologie du "performatif" pour désigner en fait les simples conséquences qui résultent de la mise en oeuvre d'un discours économique donné, au travers de dispositifs sociotechniques qui ont justement pour objet de modifier le cours du monde pour obtenir certains changements? Afin de clarifier son usage, ce dossier revient sur les fondements philosophiques et théoriques de cette notion, puis, dans la perspective initiée par Austin lui-même, développée par certains de ses héritiers en philosophie et surtout par Bourdieu en sociologie, il examine, à travers quelques cas (politique monétaire, services à la personne, santé), comment l'efficacité performative requiert toujours des conditions "matérielles" et "sociales" de réalisation. A travers ces contributions, on voit qu'en dépit de son apport indéniable, l'usage du concept de performativité tend parfois à évincer un certain nombre de concepts qui, tels "économisme", "idéologie", "fétichisme", "réification" ou "pouvoir symbolique", sont associés à une critique théorique plus ou moins assumée de l'ordre économique et social. Il n'est ainsi pas dit que l'on y gagne nécessairement au change.Sur commandeCOMMANDER31,50 €
Du même éditeur
-

La révolution féministe
Koechlin AuroreLa quatrième vague du féminisme a commencé : venue d'Amérique latine, portée par les combats contre les féminicides et pour la liberté des femmes à disposer de leur corps, amplifiée par le moment Metoo, elle constitue aussi-surtout-un mouvement qui s'attaque à l'inégalité des rapports de production et de reproduction sous le capitalisme. Qui dépasse, sans les exclure, les revendications juridiques ou paritaires et repense l'ensemble de l'organisation sociale à partir des oppressions subies par les femmes et les minorités de genre. Le féminisme est révolutionnaire ou il n'est pas : voilà la thèse soutenue par Aurore Koechlin, qui se propose d'abord de guider ses lectrices et lecteurs à travers l'histoire trop méconnue des différentes vagues féministes. Du MLF à l'inter-sectionnalité, de l'émergence d'un "féminisme d'Etat" au féminisme de la reproduction sociale, ce petit livre tire le bilan politique et intellectuel d'une quarantaine d'années de combats, repère leurs impasses, souligne leurs forces, pour contribuer aux luttes actuelles et à venir.Sur commandeCOMMANDER12,00 € -
Sagesse ou ignorance ? La question de Spinoza
Macherey PierreL'objectif ici poursuivi est de reproblématiser la pensée de Spinoza en la prenant, non de front et dans son envergure manifeste, mais en quelque sorte par la bande, grâce au biais que fournit un point crucial, l'alternative entre sagesse et ignorance, où se croisent sans se confondre un certain nombre d'enjeux fondamentaux qui concernent l'ontologie, l'éthique et la politique. Cela conduit à s'intéresser à des notions comme celles de "don" et d'"ingenium", que Spinoza emploie sans les thématiser mais qui jouent un rôle non négligeable dans le déroulement de sa réflexion. Réfléchir sur l'usage de ces notions permet de projeter sur la doctrine de Spinoza une lumière transversale, qui en fait ressortir certains aspects à première vue inattendus. Sont ainsi mis en relief des enjeux de pensée et des problèmes qu'un abord plus structuré et plus englobant, unifiant et synthétique de la philosophie élaborée par Spinoza tendrait à minorer ou à rejeter, alors que, s'ils n'y détiennent effectivement qu'une position latérale, ils y font saillie, ils surprennent, ils interpellent : par là ils stimulent la réflexion, ce qui justifie qu'on s'emploie à fixer sur eux l'attention.Sur commandeCOMMANDER19,00 € -
L'Occident, les indigènes et nous
Segré IvanA partir des années 1980, l'idée s'est peu à peu imposée : le clivage politique fondamental ne serait pas de nature idéologique - opposant le capitalisme au socialisme - mais civilisationnel. Cette conception, formulée notamment par Samuel Huntington, divise le champ politique entre d'un côté les tenants d'une vision sécularisée des rapports entre les hommes et les sociétés - "l'Occident" -, et de l'autre les défenseurs d'une conception religieuse ou "indigène" . Or de manière paradoxale, elle semble également s'être imposée au sein de courants intellectuels et politiques qui, considérant que l'accroissement de la domination de l'homme sur la nature est indissociable de celle de l'homme sur l'homme, érigent la pratique indigène en figure principale de l'opposition à la logique du capitalisme. Mais la perpétuation de la guerre et de la servitude dans l'histoire de l'humanité procède-t-elle vraiment de la diffusion des appareils conceptuels produits par l'Occident ? Etudiant les déterminants des trois mouvements historiques que sont le développement du capitalisme, la colonisation des Amériques et la traite atlantique, Ivan Segré montre qu'il n'en est rien, et que seul le recours à des facteurs d'un autre ordre - les comportements économiques prédateurs et la xénophobie - rend intelligible le cours de l'histoire.Sur commandeCOMMANDER25,00 € -
Bâtonner. Comment l'argent détruit le journalisme
Eustache SophieBâtonner (verbe) : action de copier-coller une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge. Pratique ordinaire, le bâtonnage résume à lui seul ce que le productivisme fait aux médias. C'est ce que montre le livre de Sophie Eustache, fruit d'une longue enquête, en nous immergeant dans les rédactions, web notamment. Mises en concurrence, celles-ci sont sommées de produire des contenus par les patrons de presse. Pendant que les sommités du journalisme pontifient, les ouvriers spécialisés de l'information, rivés à leur desk, travaillent à la chaîne. Dépossédés de leur savoir-faire par une organisation du travail taylorisée, leurs cadences s'accélèrent, leurs gestes s'automatisent. L'information, paramétrée par les algorithmes, est usinée en série dans les open spaces. Et dans cette course à la productivité, la fusion du néolibéralisme et du numérique détériore les conditions de travail et le travail lui-même. Dès lors, comment se fait-il que les travailleurs de l'information continuent de consentir à ce qu'ils font ? Si Bâtonner décrit la transformation des pratiques professionnelles, il interroge aussi les mécanismes de l'aliénation. Déqualifiée et disqualifiée, la profession proteste mais continue de se croire indispensable à la vertu publique. Toujours prompte à "checker" et "décoder" les fake news des autres, elle en oublie souvent que, réduit à une marchandise, le journalisme n'est pas l'ami du peuple, mais un vice qui corrompt la langue, la pensée et, avec elles, la possibilité de la démocratie.Sur commandeCOMMANDER10,00 €
