César de Saint-Réal (1643-1692) offre dans Césarion, ouvrage de l'automne de sa vie (1684), l'exemple original d'une " révision critique " de nos certitudes historiques : assignant pour tâche à l'historien de pratiquer " une anatomie spirituelle des actions humaines ", il s'attache ici sur les pièces à démasquer, à l'instar de La Rochefoucauld, les mobiles inavouables de quelques protagonistes renommés de l'histoire ancienne et moderne afin de montrer la fausseté du portrait que l'historiographie officielle nous a légué d'eux. S'attaquant à Atticus, l'ami si bien noté de Cicéron, ou expliquant toutes les turpitudes de Ptolémée Aulète, roi d'Egypte, égratignant bien d'autres portraits de jadis et naguère, il traque les contradictions des sources pour révéler comment se construisent les légendes, comment on flatte le visage des grands. D'où se déduit le principe moral qui sous-tend son ouvrage : la dissociation radicale du vrai mérite et d'une réputation toute d'apparence, divorce dont la vie de cour lui offre en son temps une illustration éclatante. S'appuyant sur le réalisme politique de Tacite et de Machiavel, il jette le soupçon du mépris sur ce monde d'illusions et de faux-semblants, où les hommes se conduisent " comme des aveugles, [...] les plus étourdis au hasard, et les plus sensés à tâtons ".
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Nombre de pages
268
Date de parution
21/03/2013
Poids
304g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782705684570
Titre
Césarion ou entretiens divers
Auteur
Saint-Réal César de
Editeur
HERMANN
Largeur
140
Poids
304
Date de parution
20130321
Nombre de pages
268,00 €
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Sarasin Jean-François ; Saint-Réal César de ; Le N
Résumé : Ces trois oeuvres, de la seconde moitié du XVIIe siècle, illustrent la manière dont les lieux communs politiques et moraux du discours des conjurations sont exploités dans une perspective esthétique. La matière historique se prête ainsi à l'expérimentation formelle qui caractérise cette époque féconde, pour l'élaboration de la poétique de l'histoire et de la fiction narrative moderne.
Vers la fin de la Renaissance, on convient que l'infant Dom Carlos, fils du roi d'Espagne Philippe II, épousera Élisabeth, fille du roi de France Henri II, et les deux jeunes gens s'en réjouissent. Mais, bientôt devenu veuf, Philippe demande pour lui-même la princesse accordée à son fils. Élisabeth tremble. Dom Carlos est désespéré. Un regard, lors de leur première rencontre, suffit à révéler à chacun la douleur de l'autre, tandis que la cour, observant l'écart entre la jeunesse de la nouvelle reine et la sévérité de Philippe II, présage que leur union ne sera pas heureuse. Sombre prémonition. Lorsqu'elle paraît en 1672, Dom Carlos est la première ?uvre à s'intituler "nouvelle historique". L'auteur met bien en scène des personnages réels, mais il prend d'étonnantes libertés avec la vérité de leur histoire, car il veut surtout "pénétrer le secret des c?urs", dévoiler le jeu des passions et le piège des illusions. Et c'est finalement un tableau de la misère de l'homme que cette nouvelle tragique met sous nos yeux: dans une langue classique admirable et parcimonieuse, Saint-Réal nous raconte un drame primitif.
Résumé : On comprend aisément que cet écrit, dans lequel histoire et imagination, documentation et poésie, se mêlent si brillamment et si fortement, ait pu impressionner dramaturges et philosophes, depuis Hofmannsthal jusqu'à Louis Guilloux, sans oublier Simone Weil qui en reprendra la trame dans son Venise sauvée. Voici une Venise baroque, mais déjà revécue à la manière romantique : Venise secrète, traversée de mystères et de conjurations, nocturne et funeste, ville de reflets, d'images, de mirages, où rien n'est stable, ville tout entière d'éclat et de couleur. Mais voici également dans ces pages le conflit entre volonté de puissance et rêve, entre le dur langage de la praxis politique et la valeur inestimable de cette ville, de ses traditions, de sa beauté.
Droit Roger-Pol ; Atlan Monique ; Masquelier Frédé
L'amour se raconte, s'éprouve, se rêve, s'étiole. Il fait hurler de joie ou de douleur, pousse à agir ou foudroie, transporte ou désespère. Mais peut-il être l'objet d'un savoir ? Ne pourrait-il être approché que par des récits, et non des concepts, par la littérature et la poésie, et non par la philosophie ? Ce qui est sûr, c'est que l'amour fait des histoires... que les philosophes ont longtemps négligées, n'y voyant que les marques de l'émotivité, de la passion, de la déraison. Pourtant, ces histoires sont riches d'enseignements. Comment naissent, vivent et meurent les histoires d'amour ? Du roman au cinéma, les récits d'aujourd'hui sont-ils comparables à ceux de jadis ? Aime-t-on de la même manière qu'autrefois, alors que semblent s'installer la peur de l'engagement et la défiance envers le sentiment amoureux ? Les philosophes et experts ici rassemblés nous invitent à envisager le lien amoureux comme une transformation sans cesse en devenir, tissu sans fin d'histoires humaines. Avec les textes de : Boris Cyrulnik, Vincent Delecroix, Frédérique Ildefonse, Sophie Galabru, Olivia Gazalé, Christian Godin, Francis Wolff
Latham Monica ; Amselle Frédérique ; Ferrer Daniel
Cet ouvrage propose une visite guidée des " antichambres " , " coulisses " et autres " arrière-cuisines " , où l'écriture de Virginia Woolf se prépare. Ses lieux d'écriture, à Londres ou dans la région du Sussex, révèlent les méthodes de travail de l'autrice autant que son environnement. En plus de sa prose romanesque et de ses essais critiques, Woolf écrivait quotidiennement dans son journal, tenait une correspondance régulière, et esquissait des projets dans ses carnets de travail. Ces milliers de pages offrent un formidable témoignage littéraire, où l'on peut la voir analyser avec lucidité sa propre méthode et réfléchir à son écriture, avec ses mécanismes, ses joies et ses peines. Alors que l'examen de la genèse de Mrs Dalloway révèle une écrivaine qui tâtonne afin de mettre en place sa vision unique et hautement ambitieuse du roman moderne, les manuscrits d'Une chambre à soi mettent au jour la rapidité d'écriture d'un essai littéraire et féministe qui résonne encore aujourd'hui. Suivre les processus d'écriture de ces textes nous permet d'observer à la fois l'écrivaine à l'oeuvre, et l'oeuvre en train de prendre forme, à la confluence de plusieurs courants, inspirations et idées novatrices.
Il ne leur manque que la parole, entend-on souvent dire à propos des chiens. En effet, pourquoi après 35 000 ans de cohabitation, d'amitié, de services rendus, ne nous parlent-ils toujours pas ? Comment la parole est-elle venue à l'homme, et qu'en comprennent nos compagnons les chiens ? Qu'échangeons-nous vraiment avec eux ? Pourquoi leur parlons-nous sur un ton stupide ? Quelles limitations les empêchent de nous répondre ou tout simplement de nous dire ce qu'ils pensent de nous ? A ces questions, parfois naïves, les neurosciences - humaines et animales - fournissent des éléments sérieux de réponse. Et une expérience inédite vient bousculer notre conviction que seul l'humain peut utiliser le langage pour communiquer, et interroger le sens même de l'existence. Alors ? Pensent-ils humains ?
? L'intelligence artificielle remplacera l'être humain. ? " A force d'entendre cette prédiction, nous sommes tentés d'y croire. Or, si ce n'était pas l'être humain que l'IA allait remplacer... mais Dieu ?? Une question audacieuse à laquelle Gabrielle Halpern répond avec humour et sérieux, en comparant l'IA à Dieu. Ce n'est pas tant notre humanité que l'IA essaie de plagier, que l'omniscience, l'omnipotence et l'omniprésence - caractéristiques du divin. Toujours disponible, prête à répondre à toutes nos prières et questions avec "? bienveillance ? " et "? patience ? ", adaptable à chacun, l'IA n'est-elle pas en train de devenir le dieu sur mesure dont l'être humain a toujours rêvé? ? Quelle intelligence artificielle l'homme a-t-il créée ?? Et surtout, quel homme l'intelligence artificielle va-t-elle créer ??