Ce volume, paru pour la première fois aux éditions L'Alphée/villa Médicis en 1986, est composé d'un choix de douze " récits-souvenirs " tirés du volume Riccordi-Raconti publié par Mondadori en 1956. Ces textes en prose donnent corps à l'ambition même de Saba, qui souhaitait écrire une autobiographie à demi rêvée, ou ce qu'il appelait un " portrait d'inconnu ". Un premier groupe de récits est placé sous le signe de Trieste : la ville est le décor ou l'arrière-fond du monde merveilleux que l'auteur s'est obstiné à y voir ; un second est dominé par des figures d'écrivains (Leopardi, D'Annunzio, Svevo), par la passion de la littérature dans ce qu'elle a de quotidien et de fabuleux à la fois. "La lumière de tous les récits (sans parler du ton), écrit Gérard Macé, est la même : celle d'une rêverie où se détachent les silhouettes d'un jeune homme et d'un vieillard, qui ne cessent de s'affronter, de se faire souffrir, et d'implorer un mutuel pardon : ils se nourrissent de Saba lui-même, dont la grande inquiétude est peut-être d'avoir à devenir la figure paternelle ou tutélaire qui le hante".
Nombre de pages
93
Date de parution
04/10/2019
Poids
60g
Largeur
108mm
Plus d'informations
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EAN
9782358731324
Titre
Comme un vieillard qui rêve
Auteur
Saba Umberto ; Macé Gérard
Editeur
BRUIT DU TEMPS
Largeur
108
Poids
60
Date de parution
20191004
Nombre de pages
93,00 €
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Des histoires pleines de charme et de maléfices, racontées par un des plus grands champions de la litote." "C'est dans ses nouvelles que Saba dévoile le meilleur de son art. Une écriture délicatement nuancée dans sa distinction où pointe une ironie mordante derrière les aphorismes."
The distinguished Italian poet, too little known in America, never allowed this autobiographical novella of first love to be published in his lifetime. Ernesto is not yet 16 at the turn of the century when he is approached by an unlettered day laborer who praises his beauty. For a month, the two have a rapturous liaison. But given the difference in their stations, the affair can't last, and Ernesto, unwilling to offend, quits his jobthe last job, he confides to his reader, he is ever to hold. We see him at the close with a new friend, Ilio, who, like himself, plays the violin and who, the reader is given to understand, will make music for Ernesto throughout his life. This is a lyrical memoir, filled with the enchantment of Trieste as it opens itself to the wide eyes of a boy on a voyage of discovery. Copyright 1987 Reed Business Information, Inc.
Je n'ai pas été un poète triestin, mais un poète et un écrivain italien, né en 1883 dans cette grande ville italienne de Trieste. Je ne sais même pas si - du point de vue de l'hygiène de l'âme - cela a été, pour moi, un bien que de naître, avec un tempérament classique, dans une ville romantique ; et avec un caractère (comme celui de tous les faibles) idyllique, dans une ville dramatique. Ce fut un bien (je crois) pour ma poésie, qui se nourrit aussi de ce contraste, et un mal pour mon - disons - bonheur de vivre... En tout cas, le monde, je l'ai regardé à partir de Trieste". Umberto Saba n'a cessé de rêver à cette ville qu'il n'a guère quittée, du moins en pensée. Centre et foyer de ses désirs et de sa mélancolie, la ville devenait la figure allégorique de son oeuvre. Les femmes, les livres, les lieux, mais aussi la psychanalyse, la guerre, l'enfance et le rythme des mots et des vers : dans de courts textes inspirés, profonds, railleurs, violents parfois, le poète propose un manuel de poésie et de savoir-vivre, une galerie de souvenirs, de rêveries et de préceptes.
Les Mémoires poétiques d'Ukyô no Daibu (1152-1235), dame d'honneur de l'impératrice Kenreimon-in, pour la première fois traduits en français, sont la mise en forme qu'elle effectua à la fin de sa vie de ce qu'elle considérait comme le meilleur, le plus représentatif, le plus émouvant, de sa production poétique (on y compte pas moins de 359 waka) et de ses mémoires. "Ici, j'ai simplement noté pour mon usage personnel, au moment où je les revivais en mon coeur et telles qu'elles me revenaient en mémoire, les choses que je trouvais touchantes, tristes, ou qui pour une raison indéfinissable me semblaient difficiles à oublier." Ukyô no Daibu, Mémoires poétiques, 1233.
Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
II est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs béants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose."