Les liens parents-enfants sont bien plus complexes qu'il n'y paraît. Ce sont des lignées et des noeuds d'où une dynamique qui permet d'avoir une place dans une transmission, un enracinement. Ce lien, "une partie liée" est le contraire de la "part entière". Il est la possibilité de l'altérite et du partage. L'émergence du sujet advenant s'inscrit dans une structure plus complexe que le couple enfant-mère. Autre chose est au-delà de la mère, qu'elle n'a pas, et qui fait signe, comme don. Dans cet espace se constitue la pense de l'être de parole. Comment rendre le don, signifiant du langage, effectif et le faire passer dans le réel ? La réalité psychique, dialectisée en mots, serait capable de transporter le réel en langage. L'économie du désir est mobilisée, le don est discerné du sacrifice et de l'oblation trompeuse. L'autorité parentale n'interdit pas seulement ; elle ne donne que si elle a accueilli, dans le fond des temps, des paroles de chair, des récits d'amour, des narrations historiques qui résonnent en écho aux appels de l'enfant et a sa demande entêtée d'une parole qui puisse dire sans expliquer.
Nombre de pages
406
Date de parution
10/10/2013
Poids
620g
Largeur
155mm
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EAN
9782296088795
Titre
La demeure du don
Auteur
Saadé Paul
Editeur
ORIZONS
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155
Poids
620
Date de parution
20131010
Nombre de pages
406,00 €
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Lacan est attentif au symptôme du sujet porté par une plainte. Il a vu combien le symptôme peut être le cri de quelqu'un qui espère être entendu ; s'il veut être "guéri" , il ne souhaite pas que ce soit au détriment de sa propre singularité. Lacan considère ainsi la guérison comme un bénéfice de surcroît ; il indique une manière de procéder de la psychanalyse en tant que tel. Lacan soutient que l'acte analytique ne peut pas se comprendre en ignorant la problématique chrétienne de la Grâce. Il entend par là le surplus gracieux interdit à quelqu'un de se penser comme l'auteur du bien de l'autre. Paul de Tarse a donné place à ce qui nous advient ; et, surtout, à ce qui nous échappe. Non pas en l'excluant, ou en le niant. Ce qui vient du dehors de soi demeure le sujet de sa propre histoire : c'est le Don d'une Grâce insensée, point un objet en soi. Cet essai espère faire découvrir la richesse insoupçonnée de ce qui insiste, de ce qui ne cesse de venir, de laisser parler une vérité qui cherche à se dire.
Merveille essentielle est le Neuf qui élargit la vie ! Alors que les désirs humains, vus par le Moi idéal comme des réalités, sont des opérations de sortie de soi par "en-haut" , ils aboutissent à des déceptions par la rencontre du Réel. Retrouver la puissance de l'Enfance, comme catégorie non chronologique de la Naissance, ouvre à une donnée inépuisable de possibles interprétatifs devant le Transcendantal lui-même. Cet événementiel est de l'ordre de l'excès, un hors-sens qui étonne l'existence ancrée dans la chair historique et éprouvée "ici-bas" ! Au-delà du rêve et de l'extase, mais désirer davantage en tombant dans la voie royale. Une sortie du destin que l'on croyait écrit. L'ordre esthétique et l'ordre éthique ne sont que des passages de naissance. La Foi est un paradoxe. Celui-ci est seul en mesure de libérer le sujet postmoderne de la croyance comme de l'incroyance, et à l'amarrer à une autonomie qui n'encourage aucune servitude.
Cet ouvrage est animé par un dilemme : croire à la démocratie ou voir ses failles. Claude Saadé met en scène la pensée de iek en rappelant les dérives de la démocratie. La démocratie s'avère être la moins mauvaise garantie de la justice parmi les différents systèmes politiques, mais quelles sont les vraies causes de la violence ? Une prise de conscience est essentielle vu que nos libertés sont en danger. Une lecture qui est plus que jamais d'actualité.
Carlos n'a que dix-neuf ans lorsque sa mère, Elena, prend la décision de quitter le Salvador pour rejoindre les Etats-Unis. Pour beaucoup, cette expédition est une échappatoire à la misère, ou à la violence. Pour tous, c'est l'espoir d'une vie meilleure. Carlos ne veut pas abandonner ceux qu'il aime, mais il ne peut se résoudre à laisser sa mère seule. Tous deux s'engagent alors dans un voyage périlleux à travers le Guatemala et le Mexique, où les dangers sont mortels, et l'issue incertaine. Un récit de migration intense et émouvant, inspiré de faits réels.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.