Educateur spécialisé, puis cadre des services de protection de l'enfance, Bernard Ruhaud a long- temps exercé auprès d'enfants, d'adolescents et de parents en difficulté avant d'assurer la formation de personnels de l'Aide Sociale à l'Enfance. Plusieurs des textes rassemblés dans Petits mondes évoquent les situations souvent tragiques mais profondément humaines qu'il a côtoyées au cours de son activité. Le travailleur social a cédé la place à un écrivain empathique qui sait dire avec pudeur et tendresse les destins infimes, les trajectoires inaperçues, et donner une voix, des sentiments à des êtres blessés que la dureté de la vie en société a rendus invisibles. Les récits de Petits riens, sur un ton moins grave en apparence, rapportent avec les mêmes qualités d'écriture (netteté, simplicité, retenue) des choses vues, des épisodes vécus ou rêvés, et sont sous- tendus par le même attachement à la réalité incertaine, et aux humbles.
Nombre de pages
160
Date de parution
08/11/2019
Poids
220g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782868536617
Titre
Petits mondes. Suivis de Petits riens
Auteur
Ruhaud Bernard
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
142
Poids
220
Date de parution
20191108
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
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Il fait beau à Nanterre le 2 avril 1957. Dans la cour, les grands jouent aux gendarmes et aux voleurs. C'est l'équipe à Robert qui gagne. Mais il y a un accident. Un grand qui fait partie des voleurs s'assomme contre le poteau où se tiennent les prisonniers, en tentant de les délivrer. Les instituteurs sont en colère. Un coup de sifflet arrête la récréation. Le blessé s'en remet. Il est conduit à l'infirmerie. Le directeur vient dans la cour. Il dit que les jeux d'équipe sont désormais interdits. Tout va disparaître petite mère. Toi, la maison, la rue et aussi d'autres rues du quartier, et le chemin des Peupliers, il n'en restera rien, ou si peu. Même ta tombe disparaîtra. Tu n'auras alors jamais plus été quelqu'un pour personne, sauf pour nous, sauf pour moi. "
J'avais un peu plus de dix-sept ans quand je suis parti de chez moi. C'était en septembre 1965. Mes parents avaient refusé que je sorte avec une amie. Nous avions prévu d'aller voir Barbara à Bobino. J'ai longtemps été persuadé que j'étais parti pour cette raison. Mais on ne quitte pas tout pour si peu. En fait je ne saurai probablement jamais pourquoi j'ai brusquement tout laissé et ça n'a aucune importance. Peut-être suis-je tout simplement parti pour mourir. "
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.