Pour la connaissance, la mort constitue l'abîme le plus redoutable qui soit. Le poète, en la personne de Yeats, le sait fort bien qui écrit : " l'homme a créé la mort ". Que dira-t-on de plus ? Précisément que parler de la mort, c'est une certaine manière pour l'homme de parler de lui-même. Il s'agira de reconnaître dans la mort cette question inouïe et affectante qui se soulève en l'homme encore vivant parmi les vivants et les morts. A première vue, elle doit commencer par se poser pour le moi. L'histoire de la philosophie elle-même atteste une tendance à privilégier le point de vue de l'ipséité sous les espèces du sujet philosophique. Mais pour parvenir au faîte et au fondement d'elle-même, la question de la mort se pose inévitablement pour autrui. L'expérience éthique doit pouvoir trouver ici sa place, sans prétendre néanmoins s'approprier toute la question elle-même. Dans ses plus hautes expressions, la mort finit par se savoir " à fond " (comme le dit à nouveau le poète), en découvrant qu'elle est l'affection d'une pesanteur, d'une finitude ontologique soufferte d'abord pour autrui dans un irréductible mouvement de " transascendance "...
Nombre de pages
238
Date de parution
03/05/2000
Poids
292g
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EAN
9782738477866
Titre
La question de la mort
ISBN
2738477860
Auteur
Roux Alexandra
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
292
Date de parution
20000503
Nombre de pages
238,00 €
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En faisant librement son profit des traités de Descartes sur L'Homme et les Passions de l'âme, Malebranche est l'inventeur d'une conception nouvelle de l'imagination : sans elle point de passions, dans lesquelles en effet elle donne toute sa mesure, y compris en ce sens qu'elle permet aux passions de se communiquer. Si l'imagination est bel et bien « cette folle qui se plaît à faire la folle », c'est en vertu d'un jeu de la machine elle-même que la nature impose. Imaginer suscite toutes sortes d'habitudes : de là l'usage des langues, mais de là également cette facilité que donnent à la pensée les idées familières. Le brouillage des unions ayant serré les liens de l'âme avec le corps, libre cours est donné à l'imagination : de là tous ses désastres, depuis la transmission de la concupiscence jusqu'à celle des erreurs et des bizarreries. Mais si elle est « cette folle qui se plaît à faire la folle », notre imagination n'en demeure pas le lieu et l'instrument d'une porosité qui fait le lien social.
Dans l'Exposé de la philosophie rationnelle pure professé par Schelling dans les années 1847-1852, Malebranche est présenté comme un jalon majeur de l'histoire des conquêtes remportées graduellement par la raison moderne : pour avoir eu l'audace de désigner Dieu même par le seul mot de "l'Etre", il aurait su donner son vrai nom au concept suprême de la raison. Schelling propose toutefois une critique perspicace de son ontologie, critique qu'on a voulu mettre ici à l'épreuve des textes de Malebranche. Elle engage en effet des questions décisives pour la compréhension de la métaphysique du philosophe français :1) Que faut-il que soit Dieu pour que l'idée de "l'être" suffise à le penser ? 2) Si cette idée est celle de l'être "en général", l'ontologie de Malebranche ne prend-elle pas le risque de parler abstraitement de la Divinité, en outre d'être univoque ? 3) Comment Dieu peut-il bien être incompréhensible s'il est seulement celui qui comprend en lui-même tous les intelligibles ? 4) En quel sens sa substance est-elle participable par les êtres qu'il crée. et d'où lui vient au juste cette possibilité qu'elle a depuis toujours d'être participée ...
Au tournant des années 1820-1830, Schelling découvre au sein de la philosophie deux grandes tendances à l'oeuvre : une tendance "négative" à rendre intelligible le réel en fonction de la nécessité des lois de la pensée, une tendance "positive" à y voir au contraire le fait d'un acte libre. Scrutant cette différence, il finit par montrer qu'elle implique de scinder la philosophie même en une philosophie qui fait intervenir uniquement la raison et une philosophie où la raison se laisse instruire par l'expérience. Le présent livre propose une interprétation nouvelle de ce moment crucial mais méconnu de la pensée moderne où Schelling accomplit, tout en le dépassant, l'idéalisme allemand. On y montre qu'il suspend l'avenir de la raison à un dédoublement de la philosophie qui implique de confier la réalisation des deux philosophies à un rationalisme et à un empirisme totalement inédits. Dans le rationalisme, la raison opère seule jusqu'à produire l'idée d'un principe absolu libre de poser le monde ; dans l'empirisme, elle prouve l'existence du principe par ses oeuvres effectives que sont successivement les faits de la nature et ceux de la conscience comme conscience religieuse. Ainsi, loin de produire le désespoir de la raison, Schelling montre au contraire que la raison se donne à elle-même un avenir en se différenciant.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...