La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
Roussellier Nicolas
GALLIMARD
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EAN :9782070442287
Au commencement, les régimes politiques modernes visèrent à affaiblir les pouvoirs du gouvernement. En France, les républicains n'eurent de cesse de réduire la puissance du pouvoir exécutif, afin de conjurer l'arbitraire de la monarchie et de l'empire. Aujourd'hui, notre démocratie présidentielle est concentrée autour d'un chef suprême, tenu non plus pour un obstacle à l'expression du peuple mais pour son principal vecteur. Que s'est-il passé ? Des années 1870 aux années 1930, les assemblées ont contrôlé l'essentiel de la confection des lois et ont dominé l'action du gouvernement, dans une continuité stable, grâce notamment à l'initiative des commissions, alors que se succédaient les cabinets. On doit à cette République du Parlement, donc du débat et du compromis, le substrat qui nous régit encore : laïcité, libertés publiques (presse, réunion, syndicats, associations), système moderne de l'enseignement public, protection sociale. La conduite de la guerre devenue mondiale et le combat contre la crise économique majeure de 1929 instillent à droite comme à gauche l'idée d'un exécutif fort, clé de voûte constitutionnel. Depuis la V e république, l'exécutif décide des lois et de leur instabilité car il en change selon sa couleur politique, et limite la discussion parlementaire qui n'inspire plus l'esprit du régime. D'où le paradoxe qu'analyse Nicolas Rousselier dans ce grand livre : les juristes se gargarisent d'une "tradition républicaine", une vue de l'esprit puisque la logique du régime actuel est l'exact opposé de l'ancien esprit républicain. Historiquement parlant, il n'y a pas eu une République mais deux et contrairement à d'autres pays, la France n'a pas su mener à bien la modernisation du pouvoir gouvernemental tout en préservant une tradition parlementaire : elle est passée d'un déséquilibre institutionnel à un autre. Chaque jour, elle en paie politiquement le prix fort.
Nombre de pages
848
Date de parution
08/10/2015
Poids
925g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782070442287
Titre
La force de gouverner. Le pouvoir exécutif en France, XIXe-XXIe siècles
Auteur
Roussellier Nicolas
Editeur
GALLIMARD
Largeur
142
Poids
925
Date de parution
20151008
Nombre de pages
848,00 €
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Il fut un temps où les assemblées parlementaires régnaient en souveraines sur la destinée des démocraties. Parlementer, c'était discourir et délibérer par l'éloquence mais aussi interpeller, contredire, interrompre, parfois chahuter le pouvoir. L'élection directe du chef de l'Etat a créé un nouveau préjugé ; le pouvoir ne se partage pas. Parcequ'il n'est plus soumis à l'épreuve permanente de la discussion publique, on le donne pour efficace. Il ne rend plus compte de ses actes devant des assemblées, il les explique à la télévision. Mais depuis quand, en France, la "tradition républicaine" a-t-elle oublié les vertus de la délibération ? Pour répondre à cette question, l'auteur revient à l'énigme des lendemains de la "Grande" Guerre". Les problèmes étaient si nombreux et si âpres que le gouvernement parlementaire, à peine restauré, ne paraissait plus adapté. Pourtant, de Clemenceau à Poincaré, on continua de croire qu'un débat parlementaire réussi était bien le moment-vérité d'une démocratie accomplie, que la délibération était la meilleure technique de décision, que le débat collectif plutôt que la volonté d'un seul homme offrait l'image la plus juste du pouvoir.
Pour la première fois réunis en un seul volume, voici les grands textes qui ont scandé la construction européenne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: statut du Conseil de l'Europe (1949), déclaration Schuman du 9 mai 1950, traité de la CECA (1951), traité de Rome (1957), Acte Unique (1986), traité de Maastricht (1992)... sans oublier le projet avorté de construire une Communauté européenne de Défense (1954).. La marche vers l'Union européenne s'est nourrie de trois idées-forces : une aspiration économique, un projet de nature diplomatique et un horizon d'invention politique. Cette histoire de l'Europe par les textes permet de saisir les enjeux et la complexité du processus communautaire, fait de grands principes et de stratégies liées aux intérêts nationaux. Un outil indispensable pour comprendre l'Europe d'aujourd'hui. . . Le préfacier, Nicolas Roussellier, est maître de conférences habilité (Histoire) à l'Institut d'études politiques de Paris. Ses recherches portent sur l'histoire des institutions démocratiques en France et en Europe.
Au fil des décennies, Dean Koontz s'est imposé comme le plus professionnel et exigeant des auteurs à suspense. En inlassable artisan des mots. Maître du tissage des genres. "Jongleur littéraire". (The Times) Son univers, il l'a tissé chaque jour pour exorciser son propre passé douloureux. Au gré d'un savoir-faire patiemment acquis, ses personnages ont rejoué sans cesse son combat contre le chaos et pour orienter son fil dans la Tapisserie du Destin. Il l'a tissé pour y prendre ses héros et les traumatiser. Les interroger sur le sens de la vie et des responsabilités. Le pouvoir de la volonté. Car ici, l'orage recule toujours devant la puissance des grandes espérances, de l'amitié et de l'amour. Et le héros parvient toujours à échapper à la toile de l'araignée. A quitter le fil du funambule pour la plateforme salvatrice. Tel est le privilège de la fiction. Le pouvoir de l'écriture.
Si Graham Masterton est, depuis quarante ans (Manitou, 1975), plébiscité par les lecteurs comme une référence incontournable du thriller surnaturel ou de terreur, c'est en particulier parce qu'il sait mieux que quiconque brouiller leurs repères, creuser une brèche dans le mur de leurs certitudes rationnelles, afin de les attirer dans un univers où règne la loi démoniaque (ou la loi du complot secret, s'agissant des thrillers politiques non surnaturels). Renvoyer à son lecteur, à travers le miroir déformant du monde de la magie, une Histoire réelle consciencieusement apprise autrefois à l'école (Hastings, la Little Big Horn, Hiroshima...), mais qu'il lui faudra désormais revoir de manière déchirante, est une martingale que Graham Masterton utilise régulièrement pour le déboussoler, afin de mieux l'exposer à la peur. Associant Graham Masterton aux fantômes de deux célèbres écrivains, Lewis Carroll et Alexandre Dumas (père), on pourra ici affirmer que, s'il agit en "faiseur d'Histoire", c'est bien en passant cette Histoire à travers le miroir, afin de lui faire des enfants... terrifiants !
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.