Comment les individus se construisent dans les objets, les matières, avec lesquelles ils interagissent "C'est en forgeant qu'on devient forgeron", dit le proverbe, ou "en laquant qu'on devient laqueur" (Julien, Rosselin, 2002). Et peu aujourd'hui remettront en cause le rôle du faire dans le devenir des êtres humains. Ainsi, Pastré (2006), Sennett (2010) et Ingold (2013), pour ne citer qu'eux, affirment respectivement qu'"on apprend en faisant", que "ce que sait la main, c'est ce que fait la main", ou que Making doit être vu comme un processus de formation. Mais qu'est-ce que faire, dans ce contexte ? Faire quoi, avec qui, et avec quoi ? Avant de devenir forgeron, il aura fallu inscrire le corps dans des rapports particuliers à des matières-matériaux : expérimenter la résistance du réel (Mendel, 1998), apprendre ses effets en situation, transformer ses techniques du corps, leur mise en objets (Julien, Warnier, 1999), incorporer des objets, ne faire plus qu'un avec les outils, le feu, l'espace de la forge (Warnier, 2004). Ce numéro souhaite interroger, à partir de terrains variés empruntés à des contextes de formation institutionnalisée ou pas, ce processus de rencontre afin de comprendre comment il conduit à la (trans)formation réciproque des êtres humains et des matières.
Date de parution
08/06/2017
Poids
260g
Largeur
135mm
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EAN
9791035100131
Titre
MATIERES A FORMER
ISBN
1035100134
Auteur
ROSSELIN BAREILLE CE
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
135
Poids
260
Date de parution
20170608
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Cet ouvrage de synthèse, efficace dans la méthode et convaincant dans la démonstration, fait état d'un "tournant matériel" (material turn) qui s'est produit dans les années 1980-1990 presque simultanément en Europe et aux Etats-Unis en tenant compte de la prise permanente qu'exercent les humains sur le monde matériel et réciproquement.
Le savoir-faire est-il une catégorie d'analyse ou une catégorie sociale ? Ce numéro d'Ethnologie française aborde les gestes techniques et les savoir-faire au prisme de leur propriété et, ce faisant, analyse les processus qui en déterminent, non sans tensions, les contours. Il interroge ainsi ce qui change lorsque gestes et savoir-faire circulent hors de la sphère où ils s'incarnent (du métier à la formation, de l'activité au cadre juridique, du domestique au marchand, du travail au musée, des pratiques illégales à leur normalisation), et inversement. Par la description et l'analyse de ces dynamiques complexes, il s'agit donc de considérer les "passages" des gestes et des savoir-faire (au droit, à la marchandisation, a la patrimonialisation ou à la formation), ainsi que les outils, pratiques et acteurs qui contribuent à leur institutionnalisation par leur mise en propriété : auctorialisation, réification, normalisation, expropriation, formalisation, mise en partage.
Stylos, feuilles, amphithéâtres, bancs, téléphones portables, fabriqués de mains d'hommes et corrélats de l'action individuelle et collective, sont, par exemple, des éléments de la culture matérielle (material culture en anglais) des étudiants en France. L'expression " culture matérielle ", contrairement à celle de culture adoptée aussi par des non-spécialistes, ne va pas de soi. Existe-t-il une culture matérielle et une culture immatérielle ? Ou s'agit-il de réunir sous ces termes des chercheurs aux origines diverses (historiens, archéologues, primatologues, anthropologues, muséologues, ergonomes) intéressés par les objets matériels ? L'enjeu dépasse ces questions théoriques à l'usine, au supermarché, au musée ou dans le logement, les sujets et les cultures se construisent dans l'action sur des cultures matérielles spécifiques.
Dans la veine du Dîner, une comédie noire au suspense redoutable où il est question - entre autres - des affres de la vie conjugale, de la disparition d'un chat, de préjugés racistes, d'un François Hollande en goguette, de la finitude de l'univers, de tri des déchets... le tout sur fond de satire sociale acerbe. Maire d'Amsterdam, aimé du petit personnel et respecté des puissants de ce monde, époux comblé, heureux père d'une adolescente, Robert peut savourer pleinement le sentiment d'une vie accomplie. Jusqu'au jour où, lors d'une soirée officielle, il aperçoit sa femme, Sylvia, rire à gorge déployée avec son adjoint à la mairie, le pourtant très insignifiant Maarten Van Hoogstraten. Tiens, il ne les savait pas si proches. Complices, même. Et si... Non, son imagination lui joue des tours. D'ailleurs, Sylvia se comporte de manière on ne peut plus normale ces derniers temps. On pourrait même dire qu'elle n'a jamais été aussi normale. Mais justement, ne devrait-il pas s'en inquiéter ? Et voilà, le doute s'installe, le fossé se creuse. Et tandis que ses parents, un couple de nonagénaires énergiques, lui annoncent leur décision de mettre fin à leurs jours, c'est tout son équilibre - et sa belle assurance - qui menacent de voler en éclats.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.