Une idée générale est d'admettre que la modernité et les phénomènes urbains exercent des pressions fortes sur la petite ville. Ces pressions sont de divers ordres. Elles sont économiques, politiques, culturelles, foncières, environnementales. Dans ce contexte, il n'existerait pour la petite ville que deux logiques possibles mais nettement opposées. Dans un premier cas, elle s'engouffrerait dans la modernité, avec le risque de perdre son identité. Dans un second cas, elle résisterait à ces frasques, avec le risque de rester sur le bord du chemin. Ainsi, la petite ville semble fortement tiraillée des deux côtés, et son avenir paraît pour le moins bien incertain. Toutefois, si ce livre pointe les contradictions inhérentes à cette petite entité urbaine, il tente aussi d'aller plus loin. Afin d'éviter cette extrême dissonance, n'aurions-nous pas affaire aujourd'hui à l'émergence d'une nouvelle forme de petite ville : une petite ville hybride ? En effet, pour tenter de réduire ces contradictions, n'intègre-t-elle pas dans un même registre d'action ces deux alternatives ? Ne jonglerait-elle pas en quelque sorte entre l'appropriation d'éléments modernes et la mobilisation d'imaginaires collectifs archaïques, tout en jouant sur des formes d'inclusion mais aussi d'exclusion ?
Nombre de pages
258
Date de parution
22/12/2011
Poids
320g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296559479
Titre
Une sociologie de la petite ville
Auteur
Roques Jean-Luc ; Hess Remi
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
320
Date de parution
20111222
Nombre de pages
258,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La Modernité a imposé au monde ses valeurs, ses normes, ses manières de faire, d'agir et de sentir, ainsi que ses croyances et ses mythes. Mais elle a surtout introduit ses contradictions. L'époque contemporaine est sujette à un ensemble de forces antagonistes, dont un des archétypes se retrouve dans le rapport entre globalisation et territorialisation. C'est autour de cette relation entre ces deux axes, en tension permanente, que sera construit ce livre. Il est remarquable de constater que les deux phénomènes fonctionnent de concert, se nourrissant l'un l'autre. Si l'on postule que la globalisation, qui a été promue en grande partie par la Modernité, impacte tous les domaines, pourquoi existerait-il un retour des territoires de manière plus ou moins nette ? Pour le dire autrement, pourquoi le territoire semble-t-il émerger à nouveau dans un monde qui paraît de plus en plus uniforme ? Pour répondre à cette interrogation, trois hypothèses seront mises en avant afin d'expliquer ce retour vers les territoires, avec pour les individus des contradictions difficiles, voire impossibles à dénouer, agrémentant étonnamment une globalisation toujours plus prégnante.
Malgré des images fantomatiques et contradictoires qui collent à la peau des petites villes, pourquoi des habitants y restent et pourquoi d'autres viennent s'y installer ou y reviennent ? Une première idée est d'admettre que les individus sont à la recherche de prix de terrains ou de loyers moins onéreux et d'une certaine qualité de vie. La seconde idée est d'envisager que ceux-ci cherchent un espace sécuritaire. Ils resteraient ou viendraient afin de conserver ou de trouver un lieu de protection, loin des affres des grandes villes et du sentiment d'insécurité qui en découle. Si ces deux hypothèses semblent valides, ce livre envisage d'en proposer une autre. Les petites villes auraient une image particulière qui est inscrite dans la conscience collective, et se perpétue inlassablement à travers l'histoire. Elles renverraient à un monde à part fortement valorisé avec ses interactions quotidiennes, ses liens de proximité, mais surtout symboliseraient un espace "commun". Le problème est que ce refuge est fragile tant les dynamiques sociales ne correspondent pas nécessairement à ces représentations, puisque chacun donne une définition différente de ce qui peut être "commun". Entre l'idéal et la réalité, l'écart va engendrer dès lors des expériences et des attitudes bien diverses.
Ce livre traite d'espaces urbains bien souvent occultés : les petites villes. Face à de multiples forces exogènes, ces petites entités semblent malgré tout vouloir résister. Elles tentent de maintenir une culture locale particulière, en mettant en exergue leur territoire et leur histoire, en construisant une mémoire sélective et une école qui n'est pas accessible à tous. Ainsi, elles délimitent ce qui est de l'ordre du dedans et ce qui est de l'ordre du dehors. Elles filtrent et sélectionnent ceux qui font partie des lieux et ceux qui en restent étrangers. En interrogeant des habitants, et notamment des jeunes, et en leur proposant de dessiner leur ville, on pourrait s'attendre à ce que tous aient les mêmes propos et la même façon de représenter ce petit espace. Or, on constate de nombreuses différences. Certains arrivent à décrypter les codes locaux, à élaborer des projets et à s'orienter dans la cité mais aussi à l'école. D'autres, par contre, butent à comprendre cette culture locale, entrent dans des formes de retrait et sont alors totalement désorientés. L'inclusion et l'exclusion ne désignent pas dès lors des états de fait ou une catégorie d'individus, mais bien des processus qui favorisent ou entravent la construction de chacun, dans laquelle la localité joue une partition importante.