Débourrer les crânes. Ecrits pacifistes (1915-1924)
Roorda Henri ; Ausoni Alain ; Delacrétaz Anne-Lise
HEROS LIMITE
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EAN :9782889551248
« Mon seul but est d'influencer (oh ! dans une bien faible mesure !) les êtres qui comme moi, aiment la sociabilité, la fraternité et la paix, mais qui se laissent encore intimider par des grands mots qui ne correspondent en eux à aucune croyance sincère », explique Henri Roorda le 28 octobre 1914, quelques semaines après la déclaration de guerre, dans une lettre au socialiste français Georges Renard. Il est en train de mettre la dernière main à Mon internationalisme sentimental (Cahiers vaudois, 1915), plaidoyer pour la paix, à contre-courant du bellicisme alors largement répandu en Suisse romande comme partout ailleurs, et première dénonciation du « bourrage des crânes ». Près de dix ans plus tard, Roorda revient dans Le Débourrage des crânes est-il possible ? (G. Vaney-Burnier S.A, 1924) sur la question de l'endoctrinement ? qui a causé la guerre ? et de la formation de l'opinion, dont les véhicules sont à ses yeux l'école, le livre et le journal. Il renoue avec la verve subtilement contestataire qui aura ainsi animé toute sa carrière d'essayiste et de chroniqueur. Première réédition des deux grands écrits de guerre et de paix d'Henri Roorda, ce volume leur ajoute un choix de chroniques plus légères dans lesquelles, sous le célèbre pseudonyme de Balthasar, il défend par l'ironie, l'absurde ou le paradoxe ses positions pacifistes et internationalistes et rit avec un large public des « bourreurs de crâne ».
Nombre de pages
192
Date de parution
07/11/2025
Poids
150g
Largeur
116mm
Plus d'informations
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EAN
9782889551248
Auteur
Roorda Henri ; Ausoni Alain ; Delacrétaz Anne-Lise
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
116
Date de parution
20251107
Nombre de pages
192,00 €
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« Au temps de Pascal, l'homme était un roseau pensant. Mais, pour les hommes d'aujourd'hui, l'obligation de penser est beaucoup moins impérieuse. Nos prédécesseurs ont pensé pour nous », constate Henri Roorda (1870-1925), pédagogue, mathématicien et humoriste suisse. Ironique et même volontiers persifleur, il fait cependant mine d'en rabattre: dans de courts billets consacrés à des sujets futiles, des notions élémentaires ou à des observations triviales, il pensote donc, humblement et par voie de presse. Ses billets ont un tel succès qu'il les réunit en 1923 dans un recueil, Le Roseau pensotant. C'est la revanche du chroniqueur: sa philosophie, désabusée et paradoxalement positive, se révèle d'une étonnante lucidité doublée d'une grande fraîcheur.
En 1917, le Suisse Henri Roorda (1870-1925), professeur de mathématiques, chroniqueur et philosophe enjoué à ses heures, publie un pamphlet intitulé Le Pédagogue n'aime pas les enfants, critique nette et contondante de l'école considérée comme une machine destinée à inculquer la soumission aux élèves. Disciple de l'anarchiste humanitaire Élisée Reclus, Roorda n'est pas seulement un pourfendeur de l'institution scolaire: en relevant finement les incohérences et aberrations du régime éducatif, c'est surtout la manie pédagogiste qu'il brocarde. Contre la prétention des pédagogues assis sur d'immuables pratiques, il en revient à ce constat de Reclus qui lui écrivait le 4 novembre 1897: « Si l'enfant n'a pas l'enthousiasme de l'étude, c'est que le professeur n'a pas l'enthousiasme de l'éducation. »
Présentation de l'éditeur Roorda est, en 1925, un homme fatigué, endetté, insomniaque. Il aimerait pouvoir jouir sans entrave de la vie, mais ne peut se plier au carcan imposé par une société qui, par l'argent et les conventions sociales comme le mariage, empêche l'homme d'être ce qu'il est. Il décide donc de la date de sa mort. Avant de se tirer une balle en plein coeur, il rédige Mon suicide, qu'il adresse à ses proches comme une sorte de testament. Dans ce texte empreint d'un pessimisme joyeux, il explique sa décision de recourir à la seule échappée qui lui semble possible. Sous l'amertume d'un homme perce cependant un grand amour pour la vie, empli de vitalité et d'ivresse, que la morale et les lois nous refusent. Or, à celui qui "n'a aucun goût pour les travaux forcés, il reste une ressource : c'est de s'en aller".
Au pays de l'humour noir et de la fantaisie, Henri Roorda est une figure tutélaire, encore trop méconnue.Pédagogue, mathématicien, pamphlétaire et humoriste, anarchisant se défiant du fanatisme, Henri Roorda (1870-1926) a commencé à publier sous les auspices d'Élisée Reclus et d'Alphonse Allais.En 1925, en pleine maturité, il écrit Le Rire et les Rieurs, formidable tentative théorique dont se sont abstenus les humoristes; et Mon suicide, qui résume son existence. C'est la dernière année de sa vie, il livre les deux faces de sa philosophie, désabusée et paradoxalement vaillante, empreinte d'un pessimisme joyeux.
Pour son numéro 50, L'Ours Blanc propose à ses lectrices et lecteurs de découvrir l'écriture à deux mains de deux poètes français connus et reconnus, Anne Portugal et Vincent Broqua. Ils cosignent ici une suite de théorèmes littéraires dans lesquels se noue un dialogue complice et amusé autour des questions fondamentales qu'engage l'acte d'écriture et son rapport au monde.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.