La fascination pour les bêtes sauvages, bien mise en évidence par Jean-Christophe Bailly dans Le Versant animal, s'étend aussi aux textes qui parlent des animaux. Devenue scientifiquement obsolète comme discipline, l'histoire naturelle, dans son ambition inassouvie d'inventaire universel, peut désormais être explorée comme une réserve poétique de discours sur le monde animal. Entre les lignes, elle dit le besoin de raconter des histoires de bêtes, et souligne ainsi l'importance non seulement de la description mais aussi du récit dans l'élaboration des savoirs. S'interroger sur les échos de l'histoire naturelle, depuis Buffon, dans la littérature française, en mettant l'accent sur les textes des XXe et XXIe siècles, nourris de darwinisme et d'éthologie, revient à poser à nouveau frais la question des rapports, au sein du monde animal, entre l'humain et le non-humain. Erudition et fantaisie se côtoient dans des textes qui ne dissimulent plus leur empathie à l'égard des bêtes - dans le cadre désormais reconnu, mais menacé, d'une appartenance commune au monde vivant.
Nombre de pages
312
Date de parution
24/01/2017
Poids
566g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9782878546927
Titre
Histoires naturelles des animaux XXe-XXIe siècles
Auteur
Romestaing Alain
Editeur
SORBONNE PSN
Largeur
159
Poids
566
Date de parution
20170124
Nombre de pages
312,00 €
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Le regain actuel d'intérêt pour les animaux résulte de profonds changements socioculturels, de préoccupations environnementales et des progrès considérables de la recherche scientifique - qui donne désormais accès, au moins partiellement, à la subjectivité et aux cultures animales. Dans le domaine littéraire, cet intérêt se manifeste également : en France, émergent "les études animales", et même une "zoopoétique" sous l'impulsion d'Anne Simon. Dans cette nouvelle perspective, le temps est venu de s'intéresser à des sujets (la campagne, la pêche, la chasse...) considérés en France comme désuets voire réactionnaires, et souvent cantonnés aux genres rustique ou animalier. Or, que ce soit dans des oeuvres du début du XXe siècle ou dans des oeuvres postérieures et même contemporaines, le monde rural - de plus en plus bouleversé socialement et économiquement - favorise les "communautés hybrides" (Lestel) et ouvre à des "mondes animaux" (Uexkull), ce qui permet de poser d'autant mieux la question cruciale des liens entre hommes, bêtes et écriture.
Les Ames fortes occupe une position singulière dans l'oeuvre de Jean Giono. Encore plus qu'avec Un roi sans divertissement qui avait pourtant beaucoup déconcerté en 1947 et de façon plus subtile que dans Noé (1948) où les multiples récits sont ouvertement présentés comme des développements imaginaires, cette troisième Chronique déroute par sa complexité. Ce récit d'une vie à deux voix pour le moins équivoques, notamment celle de l'intéressée, Thérèse, est un agencement de versions résolument antinomiques et qui pourtant s'ajustent pour dessiner peu à peu le plus grinçant des portraits de l'espèce humaine. Avant les expériences du Nouveau Roman, l'auteur semble s'y complaire à éprouver le lecteur dans son désir d'adhésion à un texte contradictoire et d'identification à des personnages à l'identité éclatée. A la "vérité plurielle" de ce récit est consacrée une lecture plurielle offrant des angles d'approche multiples, de nombreux repères contextuels et Intertextuels, variant les échelles et les méthodes entre étude de réception, histoire littéraire, stylistique, critiques génétique, thématique et générique.
L'angle d'approche choisi pour le présent ouvrage surprendra peut-être les amateurs de l'oeuvre de Giono. On s'attend en effet à ce que le motif des cosmétiques soit d'une importance mineure dans un univers romanesque d'abord ancré en pleine nature. Pourtant, les parfums, les fards, les huiles entrent avec le corps, et notamment avec la peau, dans de subtiles dialectiques du naturel et de l'artifice, de la surface et de la profondeur, du sain et du malsain et jouent avec le désir, la réalité, le néant. Jean Giono, Corps et cosmétiques est le premier volet d'une réflexion sur la représentation, les usages et les langages du corps dans l'oeuvre de Jean Giono.