NOUVELLE EDITION. La présence des Amérindiens, les empreintes encore très fortes d'une tutelle religieuse qui a forgé les âmes, le cosmopolitisme né de la présence des dizaines de communautés qui ont trouvé refuge au pied du Mont-Royal qui trône au coeur de la ville, la frontière linguistique qui coupe la ville en deux avec un Est francophone et un Ouest anglophone, les solitudes perdues dans les couloirs bondés du métro, le déchirement des migrants qui prennent un billet aller en sachant qu'il n'y aura pas de retour, sans oublier bien sûr les tempêtes de neige et les températures polaires qui font la réputation de Montréal... Toutes ces composantes restituent le talent de cette ville à créer des espaces de vie et d'échanges, à inventer des formes de sociabilité, à accueillir les expressions culturelles les plus diverses. Conviviale, hybride, jeune et inventive, elle est balayée par des vents violents qui ouvrent grand les imaginaires. Là, de nouvelles formes de vie sociale s'écrivent. Extrait : " L'urne sépulcrale a fait irruption sur le terrain de baseball du parc Jeanne-Mance, en plein match. Les joueurs ne s'en sont pas plaints, contrairement à leur habitude. Normalement, toute personne étrangère au match qui traverserait ce terrain sacré au pied du Mont-Royal, au centre de Montréal, provoquerait un tollé. Mais, cette fois-là, non. Ils savaient ce que l'urne renfermait : les cendres d'un malheureux joueur, Alain Boily. Lorsqu'il était arrivé au parc pour jouer, une quinzaine d'années plus tôt, c'était un prodige. Chaussé de Dr Martens, portant une salopette sans chemise, des chaînes autour du cou, intelligent, violent, verbomoteur, poète urbain, il m'avait dit une fois, à l'abri des oreilles indiscrètes : " Mon problème, c'est que j'ai du mal à doser les doses. " Avec les textes de Rodney Saint-Eloi, David Homel, Monique Proux, Catherine Mavrikakis, Louis-Bernard Robitaille et Elise Turcotte
Nombre de pages
144
Date de parution
10/09/2026
Poids
300g
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EAN
9782350748320
Auteur
Rodney Saint-eloi ; Homel David
Editeur
MAGELLAN ET CIE
Date de parution
20260910
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
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Recommençons l'histoire du fascisme.Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Éloi, forts de leurs vécus et expériences, se remémorent les temps d'avant. D'une Palestine génocidée à une Haïti faillie, ils se racontent la tyrannie des puissants, le racisme, la prédation, l'ère de la techno-finance et des milliardaires, la crise climatique, la cartographie des guerres et des catastrophes.Mais pas que ça. Ils invitent à revenir aux mythes qui ont façonné le monde, afin de réimaginer ensemble l'amitié, la solidarité, la créativité, et redonner place à l'hospitalité. Les fascistes n'ont jamais compté les étoiles évoque aussi bien l'ébranlement que l'espoir et l'amour.Romancière d'origine palestinienne, Yara El-Ghadban écrit la vie des hommes, des femmes et des enfants qui, face à l'histoire, à la violence et à l'exil, rêvent de demain.Poète, écrivain, essayiste né à Cavaillon, en Haiti, Rodney Saint-Éloi écrit pour rester debout. Son ?uvre est ancrée dans l'histoire, l'amour et la révolte.
J'accroche une rose à mes cheveux Je chante le pacte de la route J'ai besoin de ton regard Pour tracer l'écart Entre l'exil et mon visage Passeur de mots, de formes et de mémoire, Rodney Saint-Eloi est une des voix majeures des lettres contemporaines. Son oeuvre, à l'écoute du monde, est une longue traversée des villes et des visages. Nous ne trahirons pas le poème célèbre la Poésie comme moyen de survie, invoque la Femme symbolisée par le baobab ancestral et préfigure la Renaissance dans une " ville d'eau, de terre et d'arcs-en-ciel heureux ". La parole de Saint-Eloi, tendre et rebelle, est un véritable baume en ces temps où nos sociétés sont à la quête d'un centre de gravité... Poète, essayiste et éditeur, Rodney Saint-Eloi est né à Cavaillon (Haïti). Il a reçu le prix Charles Biddle qui souligne l'apport exceptionnel de personnes ayant immigré au Québec. Membre de l'Académie des lettres du Québec, il a été promu compagnon des arts et des lettres.
Pour ma défense je dirai que je suis poète les mots m'ont précédé je n'ai pas tété ma mère je n'ai pas connu mon père j'habite loin de mon île mon ventre n'est pas mon ventre je n'étais pas convié à ma naissance L'ancêtre parle, invoque terre, feu, ciel, océan. Des voix résistent, résonnent ; le poème se joue, tambour, espérance et acte de foi. Rien n'est trahison dans cette traversée. Tout porte vers l'incandescence, lumière de nos humanités.
Présentation de l'éditeur Paul Janot (1863-1939), peintre, critique d'art et collectionneur des plus grands artistes de son temps, directeur du musée de Reims de 1917 à sa mort, prend ici la défense de Jean-Baptiste Carpeaux, injustement attaqué selon lui pour son peu de talent de peintre... Dans cette " science " étrange de l'appréciation du beau, les avis ont toujours été partagés, mais pour cc qui concerne Carpeaux, le doute n'était guère permis. C'est la sculpture ! En cour chez Napoléon III, bénéficiaire de plusieurs commandes publiques prestigieuses, il laisse des oeuvres admirables, où le mouvement paraît toujours animer et transcender le bronze, le plâtre ou le marbre, avec l'indéfinissable sourire que lui a offert Anna, la fille aînée de son ami Foucart...
Au XIXee siècle, étudier à l'université revient surtout à "faire son droit", du moins si l'on en croit les romanciers qui montrent des étudiants peu motivés et dont l'existence est cependant lourdement déterminée par ces années de "formation". Hector Malot fut lui-même un de ces étudiants et, s'il abandonna très vite la carrière juridique, il ne délaissa jamais la question du droit, qu'il pose de multiples manières, et sut défendre au mieux ses intérêts, dès lors que son bon droit était assuré. Tout d'abord, ses héros témoignent d'une probité sans faille et d'une honnêteté qui frise quelquefois la déraison : plutôt mourir que dérober une miette de pain, tel est le principe moral de Rémi, dans Sans famille. Ensuite, et surtout, le romancier ne cesse de développer des situations où la justice entre en scène, pour le meilleur comme pour le pire. Ce volume s'attache à décrire la façon dont l'auteur campe le monde de la justice, pose des problèmes de société, mais tente de repérer comment il fait jouer ensemble droit et littérature, comment fiction et procès peuvent parfois se confondre. On y prend donc au sérieux le caractère d'utilité qu'Hector Malot a voulu donner à la littérature, loin d'un art qui ne s'intéresserait qu'à lui-même. C'est ainsi l'occasion de réfléchir à ce modèle de roman, devenu presque impossible, voire exotique. Cette publication est portée par l'Association des Amis d'Hector Malot.
Immense trésor artistique classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO en 1995, l'ancienne capitale du Laos est parfaitement conservée et n'a pas encore été touchée par notre modernisme. Elle a gardé sa douceur de vivre. Vincent Besançon est venu ici à plusieurs reprises pour dessiner dans ces lieux paisibles, enveloppés d'une profonde sérénité, et espère y revenir encore. Le site n'a rien de grandiose ou d'impressionnant, mais une harmonie profonde et spirituelle s'en dégage, qui saisit chacun. Francis Engelmann, qui a travaillé avec passion à la conservation de ce patrimoine, vit sur place depuis de nombreuses années.
Quelque part entre ciel et terre, à la frontière entre Inde et Myanmar, le "Pays des Collines" semble n'avoir jamais existé. Longtemps interdit au tourisme, il évoque tout juste pour quelques privilégiés l'insaisissable peuple des Naga, coupeurs de têtes christianisés par des missionnaires américains du XIXe siècle. Le Nagaland est pourtant l'un des vingt-neuf Etats de l'Union indienne, mais ses deux millions d'habitants, sans communauté ethnique, linguistique ou culturelle avec ses puissants voisins, se laissent facilement oublier. Ce pays est un artifice, une invention, un mythe, une réalité hors limite, tardivement identifié et intégré par la Pax Britannica, puis par la Pax India, qui pouvaient difficilement laisser sans contrôle les périphéries de leur empire. Le Nagaland regroupe des groupes ethniques hétérogènes, qui n'ont guère en commun que leur passé de petit agriculteur-chasseur-cueilleur-guerrier, d'être de type physique "mongoloïde", et d'appartenir à la famille linguistique tibéto-birmane. Yvan Travert, par ses splendides photographies en noir et blanc, et Ivana sa fille, par un texte de référence sur leur histoire et leur culture, donnent ensemble un sens aux visages des Lotha, des Konyak ou des Chakhesang croisés ici. Chacun d'eux nous rappelle une vérité qui nous échappe sans cesse : ici un guerrier mohican, des révolutionnaires péruviens ou quelque chamane sibérien, là une vieille Chinoise ou une délicate Javanaise. La peau est brune, blanche, dorée, tatouée ou pas, les yeux sont ronds, fendus ou bridés. Les deux auteurs témoignent superbement de ce peuple oublié. Turbulent, vindicatif, courtois et joyeux, il est en train de s'inventer une modernité, sans vraiment quitter ses montagnes, et sans ignorer le reste du monde.