Robert Shaaban ; Devenne François ; Garnier Xavier
KARTHALA
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EAN :9782811102210
En 1960, lorsqu'il finit de rédiger la dernière partie de son autobiographie, Shaaban Robert (1909-1962) est un écrivain reconnu. Il siège depuis 1946 à l'East African Swahili Committee et on le considère comme le plus talentueux promoteur d'une littérature swahilie moderne. Il sait que la publication d'une prose littéraire est nécessaire à la promotion du swahili comme langue de la modernité. Shaaban Robert a écrit trois textes autobiographiques à différents moments de sa vie. Le premier, qui concernait son enfance, a été perdu. Le deuxième, écrit à trente-sept ans, intitulé " Ma vie ", couvre la période 1936-1946. Le dernier, intitulé " Après cinquante ans " a été achevé en 1960. Le récit autobiographique que l'on va lire est sous-tendu par une philosophie de la vie très précise, au confluent de multiples influences culturelles et religieuses. Le souci de l'auteur est d'inscrire des actions pures dans le livre de sa vie et d'éviter toute souillure. L'enjeu est collectif et la probité de chacun est au service du bonheur de tous. Le biographique, le littéraire et le politique relèvent d'un même enjeu éthique. La vie n'appartient à personne ; elle est une surface vierge sur laquelle vient s'inscrire l'individu comme un signe. Il ne faut pourtant pas croire que Shaaban est naïf au point de croire que toutes les intentions sont bonnes et toutes les actions bénéfiques : il est même extrêmement préoccupé par le mal et ses conséquences. Shaaban Robert a fait toute sa carrière dans l'administration coloniale des douanes (1926-1944), puis au département de la conservation de la faune (1944-1946), et enfin dans les services administratifs du district de Tanga (de 1946 à 1959, année de sa retraite).
Nombre de pages
144
Date de parution
21/01/2010
Poids
190g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811102210
Auteur
Robert Shaaban ; Devenne François ; Garnier Xavier
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20100121
Nombre de pages
144,00 €
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Robert Shaaban ; Carré Nathalie ; Journo Aurélie ;
Shaaban Robert (1909-1962) est considéré comme le père de la littérature swahili moderne et ses ouvrages, qui couvrent de nombreux genres, ont forgé des générations de lecteurs et lectrices en Tanzanie. Ses textes sont devenus des « classiques » : ainsi, Wasifu wa Siti binti Saad, consacré à la célèbre chanteuse de taarab Siti binti Saad, l'autobiographie Maisha Yangu na Baada ya Miaka Hamsini, traduite en français par François Devenne [Autobiographie d'un écrivain swahili] ou encore Adili na Nduguze [Adili et ses frères,] conte fantastique et moral, lu par nombre d'écoliers. Reconnaissance méritée pour un homme qui consacra en partie sa vie au développement d'une langue swahili standardisée et à la naissance du roman moderne. Dans Kusadikika, rédigé en 1951, alors qu'il est un écrivain reconnu, au faîte de sa carrière littéraire, Shaaban Robert interroge le pouvoir, ses dérives mais également ses réformes possibles. L'auteur y met en scène une contrée fictive dont la justice est remise en cause par un homme, qui, seul, ose s'opposer : Karama. Au travers de son personnage principal, Shaaban Robert convoque l'art du conteur pour nous fait voyager de contrée en contrée, relatant les aventures et le sort de six émissaires partis d'Est en Ouest, du Nord au Sud, dans les nuées et sur la terre, pour témoigner d'autres manières de gouverner. Sous ses allures de fable allégorique, presque naïve, Kusadikika est un texte dont les questionnements n'ont rien perdu de leur actualité : quels sont les fondements du droit, qui celui-ci sert-il ? Qu'est-ce qu'une conduite juste, pour une société et pour les individus qui la composent et la dirigent ? Lorsque les lois se font à l'encontre des citoyens, la désobéissance est-elle affront ou libération ? « Un écrivain comme Shaaban n'est pas à moitié classique à moitié moderne, il est ouvert à la modernité à la mesure même de son inscription dans la dynamique de la poésie swahili orientée, depuis des siècles, vers le nouveau. » Xavier Garnier, Le roman swahili.
Avec leurs sources diverses (juridiques, doctrinales, littéraires) et leurs propres problématiques, les articles de ce volume montrent la profondeur selon certains, l'ambiguïté pour d'autres, de la personne. Quel est l'aspect qui l'emporte ou devrait primer : l'être humain ou son rôle dans l'ordre social ? Le droit est-il un attribut de l'homme, comme le pensent les Modernes ou est-il, suivant la définition des Classiques, une chose attribuée à 1a persona en fonction de son mérite (dignitas) ... Dans les domaines de la religion, de la politique et du droit, ces études tendent à étudier les étapes successives de l'infraction et de sa sanction. Cet ouvrage ne manquera pas d'intéresser le lecteur attentif qui ne cherche pas de confirmations à ses idées préconçues mais qui attend d'une publication scientifique qu'elle l'aide à s'interroger et à savoir faire preuve, comme l'enseignait saint Bernard de Clairvaux, de prudence et de charité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.