Avec Jours plissés et le texte, plus bref, intitulé La Pièce du scirocco, Jean-Loup Rivière poursuit dans l'écriture les questions critiques soulevées dans Comment est la nuit ? Essai sur l'amour du théâtre (2002). Ces deux textes sont étrangement clairs et énigmatiques à la fois, nocturnes, mais dans une nuit qui n'a rien d'obscur. Dans Jours plissés, un directeur de théâtre et ses comédiens ont une idée tellement haute du théâtre qu'ils n'arrivent plus à monter la moindre pièce. Ils ne font qu'attendre, mais avec quelle intensité, un auteur qui leur apporterait enfin une pièce à la hauteur de leur exigence. Certes, leur théâtre est absolument libre, indéniablement vide, mais " un théâtre vide n'est pas un théâtre sans théâtre ". Arrive une jeune femme, mais elle n'est pas l'auteur attendu, elle n'apporte ni pièce, ni même un canevas. Pas la moindre recette de succès. Un seul spectateur, dit-elle, lui suffira. Mais tout le monde pressent que la jeune femme offre beaucoup plus qu'un texte écrit, aussi excellent soit-il. Dans La Pièce du scirocco, un conférencier qui a entrepris de raconter ses recherches sur le voyage immobile accompli par Alberto Monrey, Prince de Villafranca, évoque son voyage à Palerme, sa visite du château du bizarre " pèlerin ", sa découverte du parc. Les fleurs l'éblouissent - (...) Vous savez ce que disait saint Bernard ? " La fleur a voulu naître d'une fleur, dans une fleur, au temps des fleurs. " Aucun humain n'aura une pensée aussi haute que la fleur. Aucun n'est capable d'atteindre cette sagesse (...) - Oui, je sais, je sais... " La rose est sans pourquoi, fleurit parce qu'elle fleurit, ne sait être regardée... " Ce sans pourquoi est épouvantable. Il ridiculise mon métier, il éteint l'artiste... - Non, il éteint celui qui n'arrive pas à cette liberté. " L'art de Jean-Loup Rivière va dans le sens de cette liberté ; il l'éclaire. "
Nombre de pages
90
Date de parution
01/04/2004
Poids
162g
Largeur
160mm
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EAN
9782906131750
Titre
Jours plissés suivi de La Pièce du scirocco
Auteur
Rivière Jean-Loup ; Thomas Chantal
Editeur
IMPRESSIONS NOU
Largeur
160
Poids
162
Date de parution
20040401
Nombre de pages
90,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Oz est une série qui se déroule dans une prison américaine à la fin du XXe siècle et dont l'ordinaire est fait de violences, de meurtres, de trahisons, de trafics, de révoltes, d'amitiés et d'amour aussi. Bien plus qu'une lecture sociologique de la série, ce livre l'analyse pour ce qu'elle est : une oeuvre d'art. Elle feint d'être un reportage, une sorte de documentaire, mais ce qu'elle dit est bien autre chose que ce qu'elle représente. L'enfer de cette prison est en réalité une utopie, un lieu imaginaire dont la construction permet d'observer et de comprendre ce qu'est un "animal parlant", comment un sujet se trouve et se perd dans le tressage des actes et des paroles, comment il est possible de faire société, en quoi addictions et croyances ont partie liée, comment l'amour vient trouer l'ordre des raisons... Oz est comme les grands mythes : un moyen de penser notre condition en racontant des histoires.
Ce livre, dans la diversité des matières envisagées, légèreté ou catastrophe, voix ou pouvoir, n'a qu'un seul objet : l'amour du théâtre. Il cherche ce qui fait ce lien nécessaire entre le spectacle et "les amateurs qui s'assemblent dans un édifice, le plus souvent à la nuit tombée, pour regarder leurs semblables parler leur langue dans les paroles d'un autre". Il fait l'hypothèse que le spectateur, le plus inconstant comme le plus fidèle, aura envie d'aller aux racines de cet amour, ou du moins, de partager son exploration. Il voit dans le théâtre le modèle d'une société libre, pacifiée, contradictoire et gaie. Art de la distinction, le théâtre est un rempart contre la folie et le fanatisme. Il envisage en quoi les tourments les plus intimes, dramatiques ou tordants, ont pu devenir en scène une histoire commune.
Le Monde en détails révèle, en une suite de courts chapitres, comment l'art de la scène, mieux que toute autre forme de représentation, nous permet de déchiffrer le monde, d'en déplier la complexité et de le rendre intelligible par les voies de la sensibilité. Un objet, un accent, un geste, un rire, une image, un plaisir, une colère, un mot, un bâillement, un cri : ce livre suppose que le monde est à portée de main par la grâce ou la puissance d'un détail. Il prend au sérieux cette idée pas si folle que tout spectacle me parle, et qu'il n'est pas si difficile de l'entendre. Née principalement du théâtre, cette expérience peut alors s'étendre à tout autre art, au gré du lecteur...
Écrits sur le théâtreRoland Barthes a porté un intérêt passionné au théâtre, comme spectateur, témoin, critique, animateur de revue, et ceci, à une époque exceptionnelle où se dessinaient les grandes lignes qui constituent le paysage théâtral actuel. Dominé par le modèle de la Grèce antique et l'éblouissement brechtien, l'ensemble de ces textes, qu'il s'agisse d'éditoriaux ou de critiques de spectacles à jamais invisibles, d'éléments d'histoire, de théorie ou de politique, touche à l'essence du théâtre, tel qu'il peut concerner chacun dans sa vie intime et son existence sociale.Roland Barthes (1915-1980)Sémiologue, essayiste, il a élaboré une pensée critique singulière, en constant dialogue avec la pluralité des discours théoriques et des mouvements intellectuels de son époque, tout en dénonçant le pouvoir de tout langage institué. Il est notamment l'auteur du Degré zéro de l'écriture (1953) et de Fragments d'un discours amoureux (1977).
En 1965, dans l'épisode bien nommé The Town of No Return de la série déjà culte Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers), une certaine EMMA PEEL fait son apparition. Incarnée par une actrice de théâtre remarquée, la sublime Diana Rigg, c'est elle qui impose le fétichisme de ses longues bottes de cuir, balaie d'un regard incendiaire tous les autres personnages de la série, forme un inoubliable et sulfureux duo avec le flegmatique John Steed (Patrick Macnee). Cinquième partenaire de cet agent, la jeune femme intrépide devient instantanément une immense icône de la culture pop des années 60. Sa personnalité flamboyante cristallise à jamais l'esprit de son époque : l'effervescence du swinging London, le kitsch des James Bond, l'exotisme des arts martiaux asiatiques, l'enthousiasme pour la physique quantique, l'insolence de la mode vestimentaire et, bien sûr, la libéralisation sexuelle. Car, faut-il le rappeler, Emma Peel est d'abord un jeu de mots avec "Man appeal" . A travers ses audaces, jamais femme n'a été aussi fatale. Stephen Sarrazin est enseignant, critique, essayiste et curateur d'expositions. Spécialiste du cinéma japonais contemporain et des arts vidéos et électroniques, circulant et travaillant sans relâche entre Londres, Paris et Tokyo, il a collaboré à de nombreux magazines en France et à l'étranger dont Art Press, HK Extrême Orient, Flash Art, et Mondes du cinéma. Il est l'auteur de Réponses du cinéma japonais contemporain (Lettmotif, 2013) et a co-dirigé l'ouvrage Mamoru Oshii, rencontre(s) (Moutons électriques, 2021).
La débâcle de 1940 constitue l'une des séquences les plus frappantes de l'histoire de France, où le destin du pays bascule en quelques semaines face à l'offensive allemande. Retraite d'une armée, exode d'un peuple, chute d'un régime, morcellement d'un territoire : la séquence est rapide, le sort implacable. Occupant une place paradoxalement discrète dans la mémoire collective, ces événements n'en ont pas moins inspiré un grand nombre d'écrivains, à l'instar d'Aragon, Gracq, Saint-Exupéry, Simon, Sartre, de Gaulle, Némirovsky et tant d'autres. Qu'il s'agisse de romans ou de mémoires, de témoignages ou d'essais, leurs oeuvres révèlent les multiples moyens par lesquels l'écriture saisit le laps de temps restreint où la France sombre dans le chaos. Dressant une passerelle féconde entre géographie et histoire littéraire, cet essai montre à quel point les événements et les récits qui s'y rapportent ont redéfini l'imaginaire de l'espace national. De fait, les auteurs ne font pas que décrire un temps d'exception où les consciences vacillent et les repères s'effondrent ? ; ils recomposent aussi, plume à la main et cartes à l'appui, une France dont nul ne peut plus dire quels sont les contours. Accompagné d'un riche cahier iconographique, cet ouvrage passionnant jette une lumière nouvelle sur un épisode incontournable de notre passé et invite à redécouvrir des oeuvres littéraires à la fois classiques et méconnues. Aurélien d'Avout est ancien élève de l'Ecole normale supérieure et docteur en Littérature française. Ses recherches portent principalement sur la prose narrative du xxe siècle, les écritures de soi et les liens entre littérature et cartographie. La France en éclats est son premier livre.
Amiel Vincent ; Moure José ; Thomas Benjamin ; Vas
Depuis longtemps il existe une Europe du cinéma qui dépasse naturellement les frontières nationales : les échanges technologiques, économiques, mais aussi artistiques ont produit des films, et parfois des courants entiers dont on peut dire qu'ils sont européens plutôt que nationaux. Ainsi les techniciens allemands et russes dans les années 1930 (exil oblige) impriment leur marque sur les productions des studios français jusqu'à fonder une esthétique particulière, le «?réalisme poétique?»?; de la même manière, ce sont les techniciens juifs allemands qui permettent aux premiers films portugais parlants de voir le jour. Après la Deuxième Guerre mondiale, les échanges entre la France et l'Italie se multiplient, donnant naissance à des ?uvres majeures.Les réalisateurs profitent des diversités culturelles sans les séparer vraiment : Antonioni tourne à Munich, Barcelone, Londres aussi bien qu'à Milan, Wenders tourne à Lisbonne comme à Berlin, Skolimovski plante sa caméra à Bruxelles et à Londres, comme Kieslowski à Genève et Paris...Au travers de situations précisément documentées, d'analyses de films et d'enquêtes historiques, ce livre collectif veut montrer la réalité de cette Europe du cinéma, si vivante depuis plus d'un siècle.
Ce sont nos "princes charmants" ordinaires, modèles courants de mufles, rouleurs de mécaniques, coqs de basse-cour et goujats patentés. Les voici à l'oeuvre tels qu'en eux-mêmes. Mais pour Violette, Marilou, Adolphine et quelques autres il n'est plus l'heure de se laisser faire.