Déjà Yannis Ritsos nous avait habitués, dans ses livres ou livrets plus anciens, à des mélanges de vers politiques, élégiaques, érotiques, comme à un contrepoint nécessaire à ce grand opéra silencieux et contradictoire que constitue l'ensemble de son oeuvre. Cela dans une sorte de désordre apparent, mais voulu, de fragments, pointes, épigrammes, qui n'excluent pas la continuité puisqu'ils s'appuient sans doute, par des chemins qui leur sont propres, sur une tradition à la fois orale et littéraire qui est celle de la satire antique. Erotica, c'est donc avant tout, avec cette simplicité armée qu'on redécouvre à chaque vers, un geste intime de l'être où l'amour lui seul compte et le corps dans sa nudité, dans sa parole faite chair, dans sa tentative peut-être d'acquitter à son tour une seule et même dette de sang. Mais c'est un livre triple où le poète, une fois encore, a plusieurs voix. Celle du désir toujours des autres dans la Petite suite en rouge majeur, rouge comme le drapeau, la langue ou les lèvres, où toutes les forces du passé viennent prendre leur place symbolique, au coeur du présent ; celle plus directe, plus intérieure, de Nudité du corps, où, par touches successives, l'auteur jour après jour retrouve en lui-même et recrée ainsi la présence de la femme, du coeur même de son absence ; celle de Parole de chair enfin, où la liturgie quotidienne devient célébration dernière, mais aussi blason et hommage : le ton s'élève au don de soi, et le chant d'un seul, jusque dans l'aveu le plus personnel, et dans sa maîtrise la plus objective, peut en même temps s'entendre comme celui de tous.
Nombre de pages
128
Date de parution
02/10/1984
Poids
180g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070209149
Titre
Erotica
Auteur
Ritsos Yannis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
180
Date de parution
19841002
Nombre de pages
128,00 €
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Eux aussi se sont mis en route un jour avec la naïveté charmante et la vanité secrète de réformer le monde. Ils se sont mis en route tous ensemble, chacun séparément, et ils s'en sont bel et bien rendu compte : chacun pour une raison propre, une ambition particulière abritée sous une grande idée, sous un but commun, - un abri transparent sous lequel on distinguait mieux le morcellement de chacun, le malheur et la mesquinerie de tous. Comment, mon ami, mettre de l'ordre dans ce chaos ? Comment demeurer auprès d'eux ? Aujourd'hui je comprends. Ces vers de Philoctète situent bien la démarche de Ritsos, dans le contexte préoccupant où elle s'inscrivait à l'époque de sa rédaction - 1963-1965 - en raison de la crise que traversait l'ensemble du mouvement révolutionnaire et dont les rebondissements récents n'ont fait qu'aiguiser l'actualité : mener, à travers les personnages mis en scène par Sophocle, une réflexion approfondie sur les contradictions, les déconvenues, l'âpreté et la solitude de toute action, et fonder dans le même temps la nécessité de l'engagement. Avec Perséphone et Ajax, qui font suite à ce poème majeur de l'oeuvre, le lecteur français a désormais à sa disposition l'intégralité du cycle antique de Ritsos, regroupé en Grèce, avec les autres grands monologues, sous le titre général de Quatrième dimension. Ecriture d'aveugle, suite de courts poèmes écrits en 1972, referme ce recueil dans la cohérence chronologique qui s'impose désormais si l'on veut restituer une oeuvre aussi foisonnante en respectant les étapes d'une évolution toujours attentive à la rumeur du siècle.
Le Mur dans le miroir se compose de deux grandes suites de poèmes. La première contient quarante-cinq textes écrits entre le 3 novembre 1967 et le 27 janvier 1968 à Léros, où Ritsos était déporté, la seconde série a été composée entre le 21 mars et le 9 septembre à Athènes, Delphes, Corinthe et Samos. On y trouve le journal d'un prisonnier, mais surtout une suite de natures mortes, de tableaux qui témoignent du monde tumultueux et souffrant, des attentes, des espoirs et des dégoûts de la vie quotidienne. Ismène est un poème dramatique, commencé en 1966, achevé en 1971. Ismène, vieillissante, debout devant le miroir de la guerre civile, tente un ultime plaidoyer en faveur de l'existence et s'élève contre la rigidité d'Antigone.
Résumé : Avec Chrysothémis et Phèdre, Ritsos referme ici le cycle des longs monologues inspirés par la mythologie et la tragédie antiques qu'il avait inauguré en 1962 avec La Maison morte, et poursuivi à travers les personnages successifs de Philoctète, Oreste, Hélène, Ismène. Cette poésie qui renoue, en le renouvelant complètement, avec l'un des genres traditionnels de la littérature européenne, semble désormais reçue comme une dramaturgie efficace à en juger par les nombreuses adaptations à la scène et à la radio qu'elle a déjà suscitées dans le monde, et notamment en France. En saisissant chaque destin légendaire à la veille de son dénouement, en lui prêtant ses obsessions, son investigation minutieuse du quotidien, du banal, Ritsos cherche moins à cerner un "caractère" qu'à restituer l'unité plus profonde d'une vie recréée par la mémoire. Le Sondeur et Le Heurtoir offrent, à la suite de ces deux monologues, l'aspect le plus récent de l'oeuvre. Libéré de tout souci narratif, le poète charrie en bloc ses visions incongrues, autrement dit parfaitement logiques dans "un lieu et un temps imprécis, variables". Alertant tous nos sens par cette succession de décharges et de ruptures oniriques, il reconstitue alors autre forme de dramaturgie le choeur de nos voix discordantes, dérisoires, révélatrices, dans une intention désabusée et proche de l'humour.
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.