Avec Chrysothémis et Phèdre, Ritsos referme ici le cycle des longs monologues inspirés par la mythologie et la tragédie antiques qu'il avait inauguré en 1962 avec La Maison morte, et poursuivi à travers les personnages successifs de Philoctète, Oreste, Hélène, Ismène. Cette poésie qui renoue, en le renouvelant complètement, avec l'un des genres traditionnels de la littérature européenne, semble désormais reçue comme une dramaturgie efficace à en juger par les nombreuses adaptations à la scène et à la radio qu'elle a déjà suscitées dans le monde, et notamment en France. En saisissant chaque destin légendaire à la veille de son dénouement, en lui prêtant ses obsessions, son investigation minutieuse du quotidien, du banal, Ritsos cherche moins à cerner un "caractère" qu'à restituer l'unité plus profonde d'une vie recréée par la mémoire. Le Sondeur et Le Heurtoir offrent, à la suite de ces deux monologues, l'aspect le plus récent de l'oeuvre. Libéré de tout souci narratif, le poète charrie en bloc ses visions incongrues, autrement dit parfaitement logiques dans "un lieu et un temps imprécis, variables". Alertant tous nos sens par cette succession de décharges et de ruptures oniriques, il reconstitue alors autre forme de dramaturgie le choeur de nos voix discordantes, dérisoires, révélatrices, dans une intention désabusée et proche de l'humour.
Nombre de pages
296
Date de parution
02/01/1980
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070288090
Titre
CHRYSOTHEMIS, PHEDRE, LE SONDEUR, LE HEURTOIR
Auteur
Ritsos Yannis
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
19800102
Nombre de pages
296,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le Mur dans le miroir se compose de deux grandes suites de poèmes. La première contient quarante-cinq textes écrits entre le 3 novembre 1967 et le 27 janvier 1968 à Léros, où Ritsos était déporté, la seconde série a été composée entre le 21 mars et le 9 septembre à Athènes, Delphes, Corinthe et Samos. On y trouve le journal d'un prisonnier, mais surtout une suite de natures mortes, de tableaux qui témoignent du monde tumultueux et souffrant, des attentes, des espoirs et des dégoûts de la vie quotidienne. Ismène est un poème dramatique, commencé en 1966, achevé en 1971. Ismène, vieillissante, debout devant le miroir de la guerre civile, tente un ultime plaidoyer en faveur de l'existence et s'élève contre la rigidité d'Antigone.
Ces poèmes offrent des variations à la première personne sur les rapports trop souvent tacites qu'entretiennent la vie, l'histoire et la littérature, un mélange au présent des faits, des dires, des époques, un défilé dans le désordre d'actualités restées brûlantes et de visions de l'avenir, les mémoires d'un homme bien tranquille et qui ne veut rien savoir, le "monologue intérieur" d'un poète à cheval, sur l'imaginaire du langage et qui se découpe à l'horizon comme sur l'écran familier d'un théâtre d'ombres. La vitesse ici rejoint la lenteur, le réalisme a la fièvre et le burlesque est la pudeur même. Cet acte de foi désespérée dans la destinée est sans doute de Yannis Ritsos l'oeuvre la plus directe, la plus ouvertement contemporaine.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.