Le livre est un objet manufacturé: la reconnaissance de ce fait invite à intégrer pleinement les apports de l'histoire du livre dans le domaine de l'histoire des textes et de l'histoire littéraire. Et à examiner tout particulièrement la relation entre l'écrivain et l'imprimeur, car elle engage d'abord la définition du "produit livre" par le biais duquel se donne à lire le texte, interroge ensuite le statut de l'auteur, et éclaire enfin la réalité des processus de fabrication et de réception. Ce volume réunit les travaux d'un colloque international qui s'est tenu à l'université du Maine en octobre 2009; il propose un large parcours depuis le XVe siècle jusqu'à la période la plus récente; grâce à des études de cas concrets, appliquées à des auteurs très différents (Balzac ou Vercors, Galilée ou Mallarmé, Brant ou Rousseau), il dévoile les liens souvent étroits établis entre les écrivains et les ateliers typographiques. Le degré d'intervention des auteurs dans le travail de publication, les choix effectués par tel imprimeur, les auxiliaires et intermédiaires qui aident ou brouillent la relation entre l'auteur et l'imprimeur, l'humeur de certains écrivains, la qualification typographique de certains autres, les conditions matérielles en général, sont parfois décisifs dans la mise en page comme dans la mise au jour d'un livre. L'écrivain et l'imprimeur restituent le tempo des gestations particulières, tout en proposant une réflexion globale sur le statut du livre et de son auteur. L'ouvrage révèle combien le temps de l'écriture ne désigne pas un moment clos, mais fonctionne à la manière d'un processus complexe de rédaction, de réécriture, de correction, intégrant les étapes de l'impression et de l'édition. Il montre nombre d'auteurs écrivant en fonction de la forme matérielle du livre, et quelques-uns assimilant même les jeux d'épreuves à un manuscrit pour achever le processus d'écriture. Il atteste la permanence de certaines techniques, comme celle du couper-coller, nullement attachée à la disponibilité des médias informatiques. L'auteur, censé être à l'origine du texte, n'est pas le seul à intervenir, et les conditions d'écriture, d'impression, de publication, voire l'histoire des éditions, témoignent de l'importance des contraintes matérielles. On voit ainsi le texte se départir de son abstraction pour s'ancrer dans le temps et l'espace de son élaboration.
Nombre de pages
394
Date de parution
21/10/2010
Poids
501g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753512054
Titre
L'écrivain et l'imprimeur
Auteur
Riffaud Alain
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
501
Date de parution
20101021
Nombre de pages
394,00 €
Disponibilité
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La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
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