De la religion de tous à la religion de chacun. Croire et pratiquer à Orléans au XVIIIe siècle
Rideau Gaël ; Cottret Monique ; Cabantous Alain
PU RENNES
20,00 €
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EAN :9782753507753
La vie religieuse d'Orléans au XVIIIe siècle est habituellement résumée autour de deux éléments majeurs : le jansénisme et la déchristianisation, ou du moins l'éloignement de la religion. Les figures épiscopales de L.-G. Fleuriau, pour le premier, et de L.-S. de Jarente, pour la seconde, incarnent cette réalité. Pourtant, au travers de la présentation de la vie paroissiale et de sa gestion quotidienne (comptes. délibérations, rapport avec le curé, aménagement de l'église), des fêtes, des processions. des confréries, des testaments. du jansénisme, de la vie des dévots, de la présence d'objets. d'images et de livres pieux dans les maisons et de leur localisation dans les intérieurs, la réalité religieuse s'avère beaucoup plus complexe. Non seulement l'importance du jansénisme est à nuancer, du moins à préciser, mais la déchristianisation n'est pas de mise. De nombreux Orléanais vivent à l'écart des querelles jansénistes. La religion de la croix et de la sensibilité, pourtant présentée connue l'opposé du jansénisme, se diffuse autour des Jésuites. De ce point de vue, en poussant la porte (les églises d'Orléans au XVIIIe siècle. des confréries et des maisons. en suivant les missions et les processions. ce livre offre une image plus équilibrée et concrète de la vie religieuse locale. Le jansénisme s'avère alors important surtout par les discussions qu'il motive, les querelles, qui polissent les fidèles à prendre position. Il en est de même pour la déchristianisation. Loin de reculer, la nature de la religion change. Les paroissiens donnent moins d'argent aux quêtes, mais investissent davantage dans les bancs à l'église. Certaines confréries voient leurs effectifs diminuer. mais leur dévotion est plus spiritualisée et, au final, leur vitalité est maintenue. Surtout, le testament et l'inventaire après décès résument ces évolutions. La place de la religion diminue dans le premier, sans disparaître, mais obéit de plus en plus à une volonté personnelle. l)e même, l'inventaire nous permet d'entrer dans les maisons orléanaises, de l'hôtel aristocratique au logis artisan. Partout les livres, images et objets pieux sont de plus en plus présents et forment ce que nous avons appelé un " complexe religieux domestique " qui atteste d'une place croissante laissée à la religion dans la sphère privée. Cette lecture globale, dans une variété de documents et pour toute la société, souligne la nécessité de confronter tous les plans de la vie religieuse (individuel/ collectif. ecclésiastique/laïc, public/privé) et atteste non pas d'une déchristianisation, niais d'une individualisation et d'une privatisation des pratiques, du passage d'une religion quantitative et massive à une attitude plus personnelle. En m mot, le passage d'une religion de tous à une religion de chacun.
Nombre de pages
391
Date de parution
12/03/2009
Poids
680g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782753507753
Titre
De la religion de tous à la religion de chacun. Croire et pratiquer à Orléans au XVIIIe siècle
Auteur
Rideau Gaël ; Cottret Monique ; Cabantous Alain
Editeur
PU RENNES
Largeur
153
Poids
680
Date de parution
20090312
Nombre de pages
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Le 1er juillet 1766, le chevalier de La Barre est brûlé pour ne pas avoir salué une procession. Le 4 mai 1789, Louis XVI conduit la procession du Saint-Esprit qui ouvre les Etats-Généraux à Versailles avec des représentants des trois ordres. Dans ces deux images se traduisent la présence et la force de ce rituel religieux qui semble ainsi pérenne et inchangé. Le 18ème siècle est comme pour de nombreux thèmes ici ambivalent. Les processions sont omniprésentes et suivies, comme en témoignent nombre de journaux privés et chroniques municipales, marque d'une ferveur continue, d'un besoin religieux notamment dans sa forme climatique ou mémorielle, que précise ce livre. Elles sillonnent également les écrits de controverses portant sur leur origine, leur sens, leur composition. Leur description abonde dans les articles de presse, les récits de voyage, les ?uvres littéraires. Pourtant, ce paysage animé renvoie des images différentes. Rituel religieux, elle est aussi parade sociale, objet politique, vecteur d'identité et de mémoire urbaines, dans un entremêlement permanent. Cette polysémie et cette présence en font un lieu essentiel d'observation de la société et de ses transformations. Elle participe de la transition religieuse et de la construction d'un nouveau discours pastoral. Elle pose la question des critères de classement d'une société et met en tension les devoirs collectifs et la liberté individuelle. Elle met en scène les pouvoirs, mais offre une tribune à leur contestation. Elle pose la question des modalités de la présence du religieux dans l'espace public et ainsi ouvre aux problématiques de l'ordre public et de la tolérance. Loin d'être un hapax dans un siècle sécularisé, l'affaire La Barre est un des aspects d'expression du sens de la procession. Ce livre veut en proposer une lecture globale contribuant à une relecture religieuse sociale et politique du 18ème.
Cet ouvrage contient l'édition intégrale de deux textes rédigés par le marchand drapier orléanais Pierre Etienne Brasseux, de 1773 à 1781. Le premier, le Mémorial à mes enfans, n'est connu qu'au travers d'extraits. Il présente un récit des événements orléanais et nationaux de 1703 à 1781. Il permet de définir le rapport du marchand aux affaires politiques, religieuses et économiques. Il éclaire la vie orléanaise et les rivalités sociales au sein des institutions. Il montre également la volonté de construire une figure bourgeoise. Le second est un recueil de notices sur les hommes célèbres de l'Orléanais. Totalement inconnu, ce texte est donné au public pour la première fois. Il souligne l'intérêt de Brasseux pour l'histoire locale, partagé avec de nombreux bourgeois de cette époque. Cette édition s'appuie sur une importante recherche documentaire, qui a mis à jour des actes de la famille permettant de reconstituer les itinéraires sociaux, mais aussi les intérêts intellectuels de l'auteur, grâce notamment à sa bibliothèque. Par la diversité des thèmes envisagés et des commentaires, ce livre témoigne pour une époque et éclaire le basculement de la seconde moitié du xviiie siècle, participant à la réflexion sur l'opinion des hommes de cette époque. Cet ouvrage contient l'édition intégrale de deux textes rédigés par le marchand drapier orléanais Pierre Etienne Brasseux, de 1773 à 1781. Le premier, le Mémorial à mes enfans, n'est connu qu'au travers d'extraits. Il présente un récit des événements orléanais et nationaux de 1703 à 1781. Il permet de définir le rapport du marchand aux affaires politiques, religieuses et économiques. Il éclaire la vie orléanaise et les rivalités sociales au sein des institutions. Il montre également la volonté de construire une figure bourgeoise. Le second est un recueil de notices sur les hommes célèbres de l'Orléanais. Totalement inconnu, ce texte est donné au public pour la première fois. Il souligne l'intérêt de Brasseux pour l'histoire locale, partagé avec de nombreux bourgeois de cette époque. Cette édition s'appuie sur une importante recherche documentaire, qui a mis à jour des actes de la famille permettant de reconstituer les itinéraires sociaux, mais aussi les intérêts intellectuels de l'auteur, grâce notamment à sa bibliothèque. Par la diversité des thèmes envisagés et des commentaires, ce livre témoigne pour une époque et éclaire le basculement de la seconde moitié du xviiie siècle, participant à la réflexion sur l'opinion des hommes de cette époque.
L'ordre urbain n'est pas une donnée en soi et un absolu, mais une construction permanente. Celle-ci fait appel aux forces de police, aux institutions, mais aussi à un ensemble de pratiques et de compromis incessants qui fondent un vivre ensemble, contesté et retissé au quotidien en croisant logiques spatiales, rapports sociaux et relations institutionnelles. C'est à cette construction quotidienne de la ville que se consacre ce livre, fruit de deux journées d'étude organisées à Paris et à Orléans. Il se propose de relire la ville comme un espace et une société mis en ordre et partagés, en amont de l'intervention policière ou plus largement du contrôle institutionnel. Pour ce faire, les chercheurs rassemblés ici interrogent trois thèmes. D'une part, le livre décrit la perception de la ville que peuvent porter différents acteurs même de l'ordre urbain que sont le seigneur médiéval, le commissaire de police et l'inspecteur de la Librairie au XVIIIe siècle, l'ingénieur du XIXe siècle. Ils tracent tous à leur manière un discours pratique sur l'ordre. D'autre part, la religion, dimension omniprésente de la ville de l'époque moderne, est interrogée dans son rapport à l'espace, à la société et aux institutions urbaines, dressant une image de la sécularisation de la ville moderne. Enfin, le livre croise partages sociaux urbains et débats idéologiques nationaux, afin de voir comment la ville se reconstitue en une nouvelle donne où la politique remplace progressivement la religion, face à la Révolution, aux mutations du me siècle ou à la construction d'un ordre colonial. Une image différente de la ville ressort de tous ces éléments, faite d'une invention quotidienne du partage et qui mêle politique et religion, espace et société, normes et pratiques.
Histoire d'Orléans Si Orléans, de Jeanne d'Arc à juin 1940, tient une place symbolique centrale, son mage de ville tranquille et consensuelle est à revisiter. Grime aux récents apports des fouilles archéologiques, des recherches universitaires, et des écrits privés d'Orléanais, redécouvrez le passé de la cité johannique. S'intéressant autant à l'histoire "par en bas" des gens ordinaires qu'aux grands événements qui ont marqué la ville, cet ouvrage permet de voir Orléans autrement Depuis l'Antiquité, elle joue effectivement un asile singulier dans l'histoire de France : site stratégique proche de Paris, au sommet de la courbure de la Loire, cité des pouvoirs épiscopaux, judiciaires, politiques et universitaires, ville d'échanges de productions intellectuelles, littéraires et artistiques. Divisée lors des guerres de religion comme durant la Révolution française, la ville ne se résume pas à ses élites cultivées et fortunées, elle est aussi un espace urbain populaire. Grâce à une approche originale et enrichie d'une iconographie inédite qui valorise les collections des archives, cette nouvelle histoire d'Orléans offre une perspective large et nuancée sur une cité majeure du Centre-Val de Loire.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.