Skoutchno est un mot russe très difficile à traduire. Cela signifie plus que morne ennui : c'est un vide de l'âme qui vous aspire de manière indéfinie mais vive vers une nostalgie prenante, telle une vague. Alors que j'avais treize ans, âge que dans le langage courant l'on désigne sous l'appellation d'"âge ingrat", mes parents ne savaient plus à quel saint se vouer. Nous habitions en Bucovine. [...] Mais ce que je veux raconter m'apparaît aussi lointain dans l'espace et le temps que si je n'avais fait que le rêver. Et pourtant tout a commencé comme une histoire très ordinaire. " Cette Mitteleuropa à jamais disparue, Gregor von Rezzori la recrée dans un livre admirable, où résonne un murmure, celui " de la vraie vie perdue, de la promesse de bonheur qui s'est dissoute " (Claudio Magris). Roman d'initiation - à l'Histoire, aux femmes, à l'altérité -, Mémoires d'un antisémite nous parle de passions délétères, d'obsessions morbides, de crimes inavoués. C'est le livre du déracinement et de l'errance. De Czernowitz à Bucarest, de Vienne à Rome et à Munich, son héros découvre ce qui sera la question de son existence, ce moi fragmenté, flottant, porteur d'un pessimisme absolu, mais aussi d'une légèreté et d'un humour qui seuls peuvent rendre la vie supportable. " Voici un roman qui s'attaque - sans réprobation, sans illusions ni jugements moraux superficiels, tour à tour engagé et détaché, drôle et triste, tendre et cruel - au phénomène de l'antisémitisme, [...] cette tragédie qui a changé la face de l'Europe et du monde. " Bruce Chatwin
Nombre de pages
346
Date de parution
14/05/2003
Poids
501g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782879293714
Titre
Mémoires d'un antisémite
ISBN
2879293715
Auteur
Rezzori Gregor von
Editeur
OLIVIER
Largeur
145
Poids
501
Date de parution
20030514
Nombre de pages
346,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Roman d'initiation, à l'Histoire, aux femmes, à l'altérité, Mémoires d'un antisémite est le livre dudéracinement et de l'errance. Dans la Mitteleuropa d'avant-guerre, où l'antisémitisme, une foisdisparue la monarchie habsbourgeoise, fut le dernier dénominateur commun, le héros découvrece qui sera la question de son existence: ce moi fragmenté, flottant, porteur d'un pessimismeabsolu, mais aussi d'une légèreté et d'un humour qui seuls peuvent rendre la vie supportable.
La Bucovine, vous connaissez ? D'abord turque (en 1538), puis autrichienne (en 1775), austro-hongroise (en 1867), roumaine (en 1919), soviétique (en 1940) puis de nouveau roumaine (en 1941), avant de redevenir soviétique en 1947, elle fait partie de la République d'Ukraine depuis 1991. Une région magnifique, avec ses forêts, ses rivières, ses douces collines. Et Czernowitz, la capitale, ville natale de Manès Sperber, de Paul Celan, d'Aharon Appelfeld et de Gregor von Rezzori. C'est là que s'enracine Neiges d'Antan, souvenirs d'un aristocrate errant - ses " vrais " mémoires au regard des affabulations magnifiques des Mémoires d'un antisémite.Mais Rezzori demeure avant tout un écrivain, et ce livre, loin de toute nostalgie, est une suite de portraits extraordinaires d'où émergent son père, sa mère et sa soeur. Et sa nourrice Kassandra, sorte d'être primitif, carnavalesque, dont le comportement fantasque le marquera à jamais. En même temps, Rezzori scrute les lignes de rupture politiques et idéologiques qui, sous la surface des choses, cheminent de manière invisible, préfigurant l'effondrement total et définitif d'un monde aujourd'hui disparu.
Rezzori Gregor von ; Mazellier Catherine ; Lajarri
Un roman brillant et ambitieux qui évoque l'oeuvre de Joseph Roth. L'histoire se déroule dans lespremières années de l'immédiat après-guerre, c'est-à-dire après la disparition de l'empire desHabsbourg, et communique le sentiment d'égarement et de confusion qui s'ensuivit. Symbolique decette fin tragique est le destin de Tildy, hussard de l'armée austro-hongroise, avec sonanachronique sens de l'honneur et de l'obéissance. Une allusion maladroite à Mme Koralewitsch,une demi-soeur de sa femme, le conduit à provoquer en duel deux de ses supérieurs qui, au lieu del'affronter, le font enfermer dans un asile d'aliénés. Lorsqu'il en sort, il décide de tuer l'un d'euxpour laver son honneur, mais la balle qu'il lui destine ne fait que l'effleurer, la vengeance tourne autragi-comique. Tildy se réfugie dans un tripot où il prend conscience, trop tard, de l'absurdité deson combat. La fin de ce personnage, qui ne meurt ni au front ni en duel, mais écrasé par untramway, est l'une des scènes les plus fortes du livre. Représentant pathétique d'un ordre révolu,Tildy agit avec autant de bravoure et d'inconscience que l'hermine du titre, dont la légende prétendqu'elle meurt dès que son pelage est souillé. Ce roman extraordinaire est un tableau sombre etironique du monde habsbourgeois abordé par l'atmosphère irréelle de ses confins, une transfiguration qui n'idéalise pas plus le passé qu'il n'en dissimule les fractures. Le texte que nousproposons est une nouvelle traduction. En effet, la traduction de Louise Servicen, publiée en 1961chez Gallimard sous le titre L'Hermine souillée, apparaît aujourd'hui datée parce qu'elle recouraitassez souvent à une langue inutilement archaïsante qui aplanissait le ton ironique et satirique dutexte allemand, en plus d'être incomplète car l'auteur a remanié son roman à plusieurs reprises.
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Ils vivent en Suisse, au Japon, à New York, Los Angeles ou Tel-Aviv. Ce sont des hommes et des femmes de tous âges qu'a priori rien ne rapproche. Et pourtant? Saisis à un moment décisif de leur parcours, les personnages d'Être un homme sont poussés à questionner le sens profond de leur existence. Pour certains, il s'agit de leur judéité. Pour d'autres, des liens familiaux, amoureux ou amicaux qui les unissent. Une aura de mystère les entoure, comme si une présence invisible les accompagnait. Dans ce recueil de nouvelles conçu avec l'ampleur d'un roman, Nicole Krauss fait mouche par la justesse et la poésie de son écriture. Elle tient une place à part dans le paysage littéraire américain et le prouve une fois de plus. Magistralement.Traduit de l'anglais (États-Unis) par Paule Guivarch.Née en 1974, Nicole Krauss a publié en 2006 L'Histoire de l'amour (Gallimard, prix du Meilleur livre étranger). En 2011, elle a rejoint les Éditions de l'Olivier avec La Grande Maison. Son dernier roman, Forêt obscure, a connu un très beau succès critique et public en 2018.