Au début du XVIe siècle, il existait en Europe 600 000 moulins à eau, et 20 000 moulins à vent dont la puissance dégageait 2000 millions de MGW, l'équivalent de deux tranches d'une centrale nucléaire. Erigés au coeur de l'économie de plantation de la canne à sucre, au temps de l'esclavage, les moulins eurent aux Amériques, plus précisément en Caraïbe, la même importance technique qu'en Europe. Et de part et d'autre de l'Atlantique, ils conservent une haute valeur patrimoniale, même si, remplacé par l'esclave dépossédé de tout, le meunier, propriétaire de "sa" machine, n'a pas fait le voyage. Tout en déroulant le fil de l'histoire de la traite négrière à nos jours, du tourisme mémoriel à la production énergétique, les moulins reprendront vie le long de la Route des moulins de la Caraïbe à l'Europe, dont les premiers jalons ont été posés en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à Antigua, au Pérou, au Mexique et en Europe.
Krik ? Krak ! Si le moulin m'était conté... Marie-Galantais d'ici ou d'ailleurs, ou touriste curieux, l'occasion m'est donnée d'apprendre à lire les paysages de Marie-Galante, à déchiffrer les voix de ses vents et les paroles de ses femmes et de ses hommes. Krik ? Krak ! La rénovation du moulin Bézard a permis la réunion de chercheurs : historiens, ethnologues, écologistes, économistes, d'ouvriers de la parole : chanteurs, poètes, conteurs, d'ouvriers de la matière : charpentiers, tailleurs de pierre, charrons, et de formateurs, qui, en des textes inédits, livrent les résultats de leurs recherches et de leurs expériences. Mon beau moulin a fait se croiser les voies de la tradition et de l'avenir Si le moulin m'était conté... Je saurai que la terre Aulinagon, à Bézard de Capesterre de Marie-Galante, comme en tous lieux de l'île, distribue généreusement les fruits de son histoire à ceux qui savent les cueillir avec délicatesse et retenue à l'heure propice.
Des ethnolinguistes, des psychanalystes, des anthropologues, des philosophes et des artistes se sont réunis pour traiter de l'odorat. Ils se sont mis a l'écoute des laques du monde et ont rapporte des paroles suscitées par les odeurs. Au fil des enquêtes se dévoile un sens méconnu, trop souvent refoulé dont la finesse n'a rien à envier aux sens majeurs que sont l'ouïe et la vue. Cet ouvrage transdisciplinaire invite le lecteur a un nouveau nez-sens qui lui permettra de modifier non pas sa vision, mais sa perception du monde. Souhaitons-lui dans un prochain voyage de se promener en fermant les yeux, le monde lui parlera" différemment.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...