Un maranne d'aujourd'hui. Juif, mais pas simplement
Revah Louis-Albert
L'HARMATTAN
26,50 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782296038325
Je ne suis qu'un petit garçon qui s'amuse - doublé d'un pasteur protestant qui l'ennuie (André Gide). Remplacez pasteur par rabbin, rajoutez une pincée de tragique et vous obtenez la tonalité de ce récit autobiographique, dont le héros a longtemps été partagé entre la quête du plaisir et la nostalgie de la vérité. Une condition juive subie, sans être expliquée, qui complique les difficultés familiales, favorise un violent refoulement sexuel et affectif. S'ensuivent des études brillantes mais déconnectées de la réalité. Au coeur du microcosme intellectuel parisien des années 60, ni Deleuze, ni Althusser, ni Barthes, ni Foucault, approchés de près, ne répondent à l'angoisse existentielle du jeune homme, indifférent, quoique le coeur à gauche, aux problématiques marxisantes. Autre particularité, la rue d'Ulm fut pour lui le terrain de son éducation sentimentale. Sa solitude resta entière au milieu du tumulte de l'Assemblée Nationale, où il fit carrière de fonctionnaire. Spectateur de la vie politique, il se montra surtout préoccupé de culture, notamment musicale, et de satisfaire ses passions. Seul le long, austère et douloureux travail dans un cabinet de psychanalyste - dont nos contemporains n'ont guère idée - permit de séparer les espoirs légitimes des illusions névrotiques. Ainsi, progressivement réconcilié avec lui-même, l'auteur-personnage peut entrevoir une sagesse qui concilie les acquis de la révolution des moeurs et le respect d'une morale consubstantielle à l'idée même d'humanité.Ancien élève de l'École normale supérieure, Louis-Albert REVAH a fait une carrière de fonctionnaire parlementaire. S'intéressant depuis longtemps à la condition existentielle des intellectuels juifs français, il a écrit les biographies de Julien BENDA (1867-1956) et d'Emmanuel BERL (1892-1976).
Nombre de pages
287
Date de parution
03/10/2007
Poids
310g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296038325
Titre
Un maranne d'aujourd'hui. Juif, mais pas simplement
Auteur
Revah Louis-Albert
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
310
Date de parution
20071003
Nombre de pages
287,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal... La terre, elle, ne ment pas... " : cette sentence lapidaire qu'Emmanuel Berl (1892-1976) cisela pour le compte du maréchal Pétain, en juin 1940, est inscrite dans l'Histoire. Et elle se dresse, comme un emblème infamant, au-dessus de l'existence d'un écrivain qui, pourtant, reste le symbole de l'intelligence et de la liberté de l'esprit. Comment, en effet, un brillant intellectuel juif, parent et disciple de Bergson, interlocuteur privilégié de Proust, ami de Barbusse, confident d'Edouard Herriot, intime de Malraux autant que de Drieu La Rochelle, en vint-il à accompagner le pétainisme et à lui donner ses lettres de noblesse ? Ce même Berl avait pourtant étonné Paris avec un pamphlet " révolutionnaire ", Mort de la pensée bourgeoise, puis dirigé Marianne, hebdomadaire iconoclaste de centre gauche. Et n'était-il pas, avant guerre, de toutes les provocations, de tous les modernismes ? Ce sont donc la genèse et l'histoire de cette " dérive " - dont il est d'autres exemples - qui sont revisitées dans cette biographie. Louis-Albert Revah s'y est efforcé de saisir, d'un même mouvement, l'homme charnel - amoureux de " Sylvia ", mari de la chanteuse Mireille - et l'idéologue mêlé aux grands débats de son temps. Et il suit, pas à pas, ce " juif de France " qui, instruit par les épreuves, céda, sur le tard, la place à un sage voltairien et à un écrivain aussi audacieux que classique.
Je crois en mon père qui croyait en Dieu" , la formule magique de Nahum Goldmann, qui présida le Congrès juif mondial, ne vaut pas ici. Le père ne croyait pas en Dieu, mais dans l'Université, bien pâle copie. Très admiré, il n'eut pas le goût d'expliciter sa vision du monde à son fils, à qui lui, juif sépharade immigré, donna de surcroît pour mère, une israélite se prenant pour une Française de souche. C'était rogner sa puissance, en un pays et en un temps où le souvenir des origines pesait peu, au regard du culte passionné de la patrie française. A l'Ecole pratique des Hautes Etudes, puis au Collège de France, ce père enseigna l'histoire des Marranes. Le fils lui, franco-judaïsme obligeant, avait été voué aux études classiques, qui le menèrent à l'Ecole normale supérieure. C'était une impasse, sauf pour l'occasion donnée, dans cet internat pour garçons, d'une première et bien nécessaire éducation sentimentale. Il fallut, pour se désembourber des rapports père-fils, une longue expérience de la psychanalyse. Finalement peu banale, dans une France toujours arrimée au rationalisme qui fit sa gloire. Cela explique qu'une biographie pourtant murie et argumentée de Julien Benda, gloire controversée du franco-judaïsme, auteur de la célèbre Trahison des clercs, reste largement non autorisée. Préface de Dominique Schnapper Louis-Albert Revah naît en 1938 à Créteil d'un père juif sépharade et d'une mère israélite, née à Paris. Pendant l'Occupation, il se réfugie avec sa famille dans l'Indre et dans la Creuse. Après un séjour de neuf ans au Portugal, hypokhâgne et khâgnes au lycée Louis-le-Grand. Il entre à l'Ecole normale supérieure puis est reçu en 1965 au concours de secrétaire des débats à l'Assemblée nationale. Son père est élu en 1966 au Collège de France où il enseigne l'histoire des Marranes. Il décède en 1973. Après une longue analyse, l'auteur publie en 1991 chez Plon Julien Benda, un misanthrope juif dans la France de Maurras ; en 2003, chez Grasset, Berl, un juif de France ; en 2007, à L'Harmattan, Un marrane d'aujourd'hui, juif mais pas simplement.
La première fois que je vis Marianne, ce fut au restaurant de la Giudecca où j'avais mes habitudes. À la table juste à ma droite, une femme élégante et un homme plus âgé parlaient français. Il serait plus juste de dire que j'avais d'abord entendu des rires. Des éclats de rire. J'eus envie de savoir ce qui provoquait un tel moment de joie si près de moi. Je jetai vers la femme un coup d'oeil que je voulais discret. Je vis ses yeux, verts. Je ne vis que cela. Je tendis l'oreille, et écoutai leurs conversations. Je décalai ma chaise, subtilement, me rapprochant ainsi de leur table. Rine dans mon attitude ne pouvait révéler que je les écoutais. Violoniste, le personnage principal est embauché par une riche famille vénitienne qui cherche pour son fils Aristeo un professeur de violon et de français. L'installation dans la demeure des Gambardelli, sur les Zattere, se déroule sans heurt. Ce travail lui laisse le temps de flâner dans une Venise secrète et souvent déserte. Des déambulations propices à l'introspection qui lui permettent aussi de s'interroger sur sa propre histoire familiale... Un jour, dans un restaurant, un couple attire son attention : l'homme est aveugle et âgé, la femme, beaucoup plus jeune, lui sert de guide. Quelles sont réellement leurs relations ? Pour découvrir leur secret, il va falloir les suivre, discrètement, dans Venise...
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...