Les paradis perdus. Drogues et usagers de drogues dans la France de l'entre-deux-guerres
Retaillaud-Bajac Emmanuelle
PU RENNES
22,00 €
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EAN :9782753509542
A compter de 1916, les " paradis artificiels " chers à Baudelaire relèvent en France d'une loi pénale adoptée sous la pression du mouvement prohibitionniste international et d'une opinion publique devenue réticente. Désormais, les produits définis comme " stupéfiants " (opium et ses dérivés tels la morphine et l'héroïne, cocaïne et haschich) sont étroitement contrôlés, réservés aux usages strictement thérapeutiques, tandis que leur commerce illicite est sévèrement réprimé. C'est donc clans la période de l'entre-deux-guerres que s'élaborent les enjeux contemporains de " la question des drogues " : " clandestinisation " des pratiques, mise en place d'un marché parallèle, répression des fraudeurs, marginalisation de certaines catégories d'usagers. Fondé sur le dépouillement minutieux des archives judiciaires, que complète une ample documentation médicale, journalistique et littéraire, ce travail adapté d'une thèse de doctorat analyse les modalités et les conséquences de cette mutation majeure. Etudiant successivement le mouvement de l'opinion publique, la sociologie et les pratiques des usagers, leur sort judiciaire et thérapeutique, il interroge les effets et l'efficacité du modèle répressif dans la genèse de son élaboration. A travers le devenir du consommateur de stupéfiants, ce sont aussi toute une série d'évolutions anthropologiques et culturelles qui se trouvent abordées : celles du rapport dialectique entre progrès de l'hygiénisme et redéfinition des frontières somatiques, progrès parallèle du contrôle social et de la liberté individuelle. La question des drogues jette ainsi un éclairage original et novateur sur une période qui fut, à bien des titres, un laboratoire de la modernité.
Nombre de pages
467
Date de parution
03/12/2009
Poids
708g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753509542
Titre
Les paradis perdus. Drogues et usagers de drogues dans la France de l'entre-deux-guerres
Auteur
Retaillaud-Bajac Emmanuelle
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
708
Date de parution
20091203
Nombre de pages
467,00 €
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Marijuana, heroine, LSD, cocaïne, crack, ecstasy... À partir des années 1960, la drogue devient un phénomène de masse qui touche tout particulièrement la jeunesse occidentale. Campagnes d'information et de prévention, barrières législatives, lutte contre les narcotrafiquants, la société choisit de réagir avec vigueur. Pourtant les substances psychoactives sont connues depuis la plus haute Antiquité. Toutes les civilisations ont eu recours à des plantes « magiques », à des fins thérapeutiques, religieuses ou hédonistes coca en Amérique du Sud, chanvre autour du bassin méditerranéen, pavot sur le continent asiatique... Mais comment est-on passé d'un usage modéré des drogues à la consommation exponentielle d'aujourd'hui? Nouant étroitement les dimensions biologique, sociale, politique et économique du phénomène, Emmanuelle Retaillaud-Bajac retrace les épisodes marquants d'une histoire fascinante et tragique.
Née en 1967, maître de conférences à l'IUT de Tours, Emmanuelle Retaillaud-Bajac est spécialiste de l'histoire culturelle de l'entre-deux-guerres. Elle a publié La Pipe d'Orphée. Jean Cocteau et l'opium (Hachette Littératures, 2003) et Les Drogues, une passion maudite (Gallimard, 2002).
Cocteau a fumé de l'opium de la mort de Raymond Radiguet en janvier 1924 jusqu'à la cure "définitive" ordonnée par Jean Marais en décembre 1940. Seize années de souffrances et d'ivresses, de lunes de miel et de lunes de fiel, de déclarations d'amour et de menaces: de divorce. Seize années de labeur fécond, d'Opéra aux Enfants Terribles, d'Orphée au Sang d'un poète. La drogue n'est pas, chez Cocteau, une chose secrète, cachée, honteuse; elle fait l'objet d'un livre en 1930 - Opium, Journal d'une désintoxication - et répand sa fumée par tous les interstices de l'?uvre. Le drogué, jadis accepté et même reçu dans les meilleures maisons, a désormais rejoint les délinquants et les malades mentaux. Emmanuelle Retaillaud-Bajac rend ici la parole à ce Cocteau opiomane et créateur, occulté par une société dont les rapports aux drogues sont aujourd'hui pour le moins dégradés
Gravures, images de presse, affiches de films, bandes dessinées ou publicités : la drogue fascine et inspire ! Voici le premier panorama sur l'histoire de la représentation des drogues, brillamment contextualisé par l'auteur. Une haute tenue graphique pour ce livre qui séduira autant les amateurs d'histoire, les curieux de substances et pratiques interdites, que les esthètes qui ne réduisent pas l'art à ses formes canoniques.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.