Nul plus que Hegel n'a insisté sur l'exigence de connaître le présent et de réfléchir historiquement aux rapports que nous entretenons avec ce qui nous est contemporain. Quelles sont les raisons qui ont ainsi conduit Hegel à défendre systématiquement l'idée d'un primat du présent ? Quels en sont les différents enjeux théoriques ? Quelles en sont les conséquences pratiques ? Comment les diagnostics historiques peuvent éclairer ou orienter nos efforts ? Telles sont les questions qui guident cette enquête sur le présentisme hégélien. Une première partie analyse les trois textes qui formulent explicitement le primat du présent : la préface de la Phénoménologie de l'esprit, celle des Principes de la philosophie du droit et les textes introductifs de l'Encyclopédie des sciences philosophiques. Le présent y apparaît comme l'objet de la réflexion philosophique, et l'analyse du présent comme un mode de justification et d'explicitation des présupposés historiques du projet systématique. Une deuxième partie analyse les textes qui peuvent au contraire conduire à l'idée d'un primat du passé ou de l'éternité. La question de la fin de l'histoire, notamment est examinée, et Hegel apparaît en fait comme le penseur de la spécificité de l'histoire présente plutôt que comme celui de la clôture ou du dépassement du processus historique. Une troisième partie réinscrit les thèses hégéliennes dans l'espace théorique de la philosophie de l'histoire et de l'Idéalisme allemand, en montrant que dans les différents conflits qui traversent l'un et l'autre, le primat du présent guide toujours les prises de position. La contextualisation éclaire alors la réception immédiate, comme lorsqu'elle confirme le bienfondé des interprétations hégéliennes de gauche, et elle ouvre également des perspectives pour l'actualisation, comme lorsqu'elle fait apparaître des rapprochements inattendus avec le présentisme de Dewey ou de Foucault.
Date de parution
03/02/2015
Poids
369g
Largeur
215mm
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EAN
9782711625741
Titre
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ISBN
2711625745
Auteur
Renault Emmanuel
Editeur
VRIN
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215
Poids
369
Date de parution
20150203
Nombre de pages
0,00 €
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Les Manuscrits de 1844 sont l'un ses textes les plus célèbres de Marx, à juste titre puisqu'un certain nombre de thèmes fondamentaux y trouvent leurs formulations philosophiques classiques. Ces manuscrits font en outre l'objet d'un regain d'intérêt dont témoignent plusieurs traductions récentes et le renouveau des discussions sur la conception marxienne de l'aliénation. Mais leur importance et leur actualité sont en proportion d'une opacité due notamment à la diversité de leurs enjeux (de la critique de la philosophie à celle de l'économie politique) et la multiplicité de leurs interlocuteurs (des jeunes hégéliens aux socialistes et aux communistes français). Spécialistes de Marx et de la philosophie classique allemande et protagonistes de la discussion contemporaine sur l'aliénation, les auteurs de ce volume s'efforcent de rendre accessible ce texte classique en mettant en lumière l'originalité de son contenu philosophique. Pour reconstituer le contexte philosophique et politique des Manuscrit de 1844, ils explicitent les différents enjeux du texte et restituent les termes des différents débats dans lesquels Marx s'engage à l'époque. Ainsi permettent-ils au lecteur de prendre la mesure de la portée politique de la teneur philosophique du naturalisme et de l'analyse de l'aliénation qui ont fait la célébrité de ces fragments décisifs aussi bien pour l'évolution de la pensée marxienne que pour celle de la pensée critique.
Force est de constater que la Philosophie de la nature de l'Encyclopédie fut, jusqu'à une date récente, presque ignorée par les études hégéliennes, en raison du discrédit dont elle fait généralement l'objet. En cette partie du système, Hegel se serait rendu coupable d'une prétention à concurrencer les sciences positives sur leur propre terrain et à rivaliser avec elles, en révélant ainsi tout à la fois son incompréhension de la scientificité la mieux établie (celle des sciences de la nature) et la faible rationalité de son propre projet d'une science spéculative. Une lecture attentive permet de rectifier ces préjugés. Car Hegel s'y montre attentif et respectueux du savoir positif de son temps, mais encore, il tente d'y définir les modalités d'une collaboration méthodiquement réglée entre philosophie et sciences, tout en fondant cette collaboration sur une épistémologie complète et cohérente. En quoi consiste précisément le projet d'une science spéculative, formulé par Fichte avant d'être réélaboré par Schelling et Hegel, en particulier sous la forme de leurs philosophies de la nature ? En quoi consiste chez Hegel la déduction spéculative de la vérité qui doit permettre de conférer aux savoirs positifs leur fondation dernière ? En quoi consiste la compréhension hégélienne des formes (expérience, lois, théories) et du statut du discours des sciences positives ? Quelle attitude la spéculation doit-elle adopter face aux controverses scientifiques ? Ces questions entretiennent un double rapport avec la Philosophie de la nature de l'Encyclopédie. D'une part, parce que certaines d'entre elles ne peuvent trouver de réponse pertinente que par l'étude de cette partie du système où science spéculative et sciences positives s'entremêlent. D'autre part, parce que l'idée même de philosophie de la nature décrit précisément la forme de fondation des sciences de la nature qui est appropriée à l'épistémologie hégélienne.
Dans ce Vocabulaire, Emmanuel Renault aborde les termes mêmes dans lesquels Marx élabore ses idées, ainsi que les innovations, les hésitations et les difficultés inscrites dans un certain nombre de concepts centraux. La pensée marxienne apparaît ainsi sous son propre jour, celui d'une entreprise critique soucieuse de rapporter la lutte contre la société bourgeoise à ses fondements théoriques, d'une polémique prise dans le mouvement de l'histoire et des luttes politiques, indifférente aux systématisations factices et profondément étrangère à tout dogmatisme.
Il ne fait pas de doute que nous vivons dans un monde où l'exploitation n'est pas moins présente qu'à l'époque de Marx, de sorte que le concept d'exploitation est toujours utile pour analyser certaines formes contemporaines de domination et d'inégalité. Mais la pertinence d'une critique sociale et d'une théorie sociale de l'exploitation est conditionnée par une prise en compte de formes d'exploitation propres à la phase actuelle du néolibéralisme, et que Marx n'avait évidemment pas pu prendre en considération. La question de l'exploitation permet donc, par surcroît, de préciser les conditions auxquelles il est possible d'affirmer que deux cents ans après sa naissance, la pensée de Marx reste actuelle : à condition que cette pensée ne soit pas seulement appliquée mais modifiée ou enrichie afin de rendre compte des spécificités du monde présent.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Rêve et existence occupe une place tout à fait singulière à l'intérieur du corpus binswangerien, de ce vaste ensemble d'articles, conférences et ouvrages par lesquels la Daseinsanalyse avait déjà atteint son plein développement en 1954, au moment où parut la première traduction en français de ce texte accompagnée d'une longue introduction signée Michel Foucault. Si dans les années vingt le psychiatre suisse avait consacre ses efforts à la question du statut épistémologique de la psychologie et de la psychiatrie, avec cet essai de 1930 il exprimait pour la première fois l'ambition philosophique de conjuguer l'analytique phénoménologique de Heidegger avec la psychopathologie. On trouvera ici une nouvelle traduction de cet essai qui représentait en quelque sorte, aux yeux de Binswanger lui-même, le manifeste programmatique de la Daseinsanalyse.
Résumé : Des calculs de probabilité aux troubles de la personnalité, des électrons à la maltraitance des enfants, de la logique de l'induction aux fous voyageurs, l'éventail des objets abordés par Ian Hacking peut sembler déroutant. Cependant, dans toutes ses recherches, à l'intersection de la philosophie et de l'histoire des sciences, il s'attache à examiner, en toutes leurs nuances et variétés, le rôle joué par l'expérimentation dans les sciences de la nature et la spécificité des " espèces humaines " comme objets des sciences humaines et sociales. Les textes réunis dans ce volume - dont certains publiés pour la première fois ici en français - montrent que les différents aspects de la production philosophique de Ian Hacking s'entre-répondent et dessinent ensemble un portrait complexe et articulé de la raison scientifique. Son approche originale, au croisement (entre autres) de l'analyse conceptuelle, de la philosophie du langage ordinaire, de l'archéologie foucaldienne et de l'histoire des sciences, a contribué à ouvrir de nouveaux chantiers de réflexion, faisant de Ian Hacking l'une des figures les plus dynamiques et influentes non seulement dans le domaine de l'épistémologie philosophique, mais aussi en sociologie, en anthropologie et en histoire.