Le premier livre de poésie de Benoît Reiss qu'on connaît pour ses proses subtiles et limpides. Et tout de suite un ton nous prend : " Certaines fois / je baisse les yeux / découvre un dédale de ciels distincts assez nombreux / instants évadés à l'intérieur de l'instant / [...] alors je sais que je suis un terrier peuplé d'existences. " C'est un livre étrange, on ne peut plus intime, nécessaire. " Un terrier d'existences ". Un homme se souvient, par-delà l'oubli. Entre profondément dans la chair de sa chair pour y retrouver les visages. Les uns après les autres se relèvent grands-parents et ancêtres, dans les scènes les plus insignifiantes de la vie, dans ces détails infimes où ils sont tout entiers. " Ma grand-mère / adossée au silence / lave son linge de corps / accroupie dans la cour talons aux fesses / elle a calé le baquet contre les pavés / plonge les mains dans l'eau savonneuse / frotte les tissus // elle lève la tête contre la nuit d'été ". Pas d'explications, pas de pathos, tout est montré seulement. L'errance, l'usine, le camp, la misère. " Le travail de mon aïeul consiste à couper les ongles des morts / à l'aide de tout petits ciseaux / qu'il tient serrés dans la poche de sa veste/ [...] les ongles des morts continuent de pousser / ils fouissent la terre sans relâche /[...] existences aveugles / souterraines " Ce livre est dédié par Benoît Reiss " aux Justes qui ont sauvé mes grands-parents ".
Date de parution
02/06/2022
Poids
154g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845903333
Titre
Un dédale de ciels
Auteur
Reiss Benoît
Editeur
ARFUYEN
Largeur
135
Poids
154
Date de parution
20220602
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
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En voiture au côté d'un inconnu, vers une destination qu'il ignore, un petit garçon convoque les images de sa vie. La pension, adoucie par la présence protectrice de Sophie ; l'océan et la plage, face à l'appartement où il vit avec sa mère. Insaisissable, celle-ci disparaît pour revenir de jour en jour plus mystérieuse, plus imprévisible. L'enfant trop sage veille sur elle et rêve d'un monde où rien ne les séparerait. Mais la société préfère le déchirement au désordre... Un texte poétique et essentiel, puisé aux sources de l'enfance. " On peut le mettre dans une pension à des kilomètres de la ville, on peut le tenir loin d'elle un automne, un hiver et un printemps, il s'en fiche ; il sait que cette minute revient toujours, cette minute où il pousse la porte de sa chambre, où il monte quatre à quatre les marches de l'escalier de la plage et la retrouve. "
Nata est sur le seuil, les cheveux défaits, les pieds nus consciemment posés à moitié à l'intérieur de la maison, à moitié sur la route, et cette histoire d'apparition dans le coin de la fenêtre finit par être ce que Nata veut qu'elle soit : un prétexte pour prendre une bouffée d'air du dehors. Une seule bouffée et elle rentrera. Elle tend son visage, lentement, menton d'abord puis le front, enfin le nez ; c'est par le nez qu'elle prend connaissance du dehors. Une nuit de Nata raconte la nuit que traversent des personnages aux vies parallèles. Une petite fille, Nata, est poursuivie par une bête sauvage. Elle-même fuit une situation étouffante ; sa Marraine Tanaté est sur le point de mourir. La malade est immobile et fragile, mais sa présence va être sensible tout au long de la nuit. Pendant ce temps, Gémo s'est lancé sur la piste au volant de son ambulance. Ce garçon a des rêves de Société Nationale Ambulancière ; ses rêves paraissent ingénus, irréalisables, mais ils auront eux aussi leur rôle à jouer dans cette nuit. Tous les personnages de ce conte - humains, bêtes, objets et paysages - vont se trouver liés par les événements. Benoît Reiss leur fait vivre simultanément un moment épais et envoûtant, comme pourrait l'être celui d'un conte. Ils réaliseront alors ensemble cette chose incroyable, laquelle d'habitude ne se montre pas, hormis dans les contes justement : ils vont réaliser l'unité du monde, des choses et des êtres.
Le narrateur, Français exilé au Japon, observe un jardin, celui de Madame Oda, qu'elle ouvre volontiers à ceux qui s'y intéressent et à ses amis artistes. Elle-même est entièrement tournée vers ce jardin qu'elle façonne un peu comme on élève un enfant, en lui donnant les impulsions nécessaires pour grandir, puis en lui faisant confiance. Tout est retenue et plaisir dans ce texte où l'on glisse (car il semble que l'écriture nous guide en douceur) dans l'atmosphère de ce jardin japonais et de ses occupants, où "sous des aspects parfois anecdotiques, parmi les plaisanteries et les rires, nous parlions de choses essentielles".
Un Anglais volant se pose à Fayolle. Pourquoi est-il venu se poser précisément là ? Qui est-il vraiment ? Dans le village, personne n'a de réponse mais tout le monde a une histoire. L'Anglais parle, mais nul ne le comprend. Nouveau Christ, imposteur ou invention collective, il fait des choses extraordinaires... Par-delà son nonsense burlesque, il est une certitude : L'Anglais volant donne indéniablement du grain à moudre à notre pensée.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.