Aribert Reimann est né en 1936 à Berlin. Son oeuvre Lear, reprise à l'opéra de Paris en 2019, en a fait l'un des compositeurs contemporains d'opéra les plus joués depuis 1978. Accompagnateur de grands artistes lyriques - celui préféré de Fischer-Dieskau qui lui souffla l'idée de Lear - conscient des voix, il déplace l'écriture vocale au service de la dramaturgie des textes qui l'obsèdent. Strindberg, Kafka, Maeterlinck, Lorca, Goll, Grillparzer ou Euripide se font chez lui l'écho des traumatismes des tragédies européennes qu'il a traversées, de la seconde guerre mondiale à la guerre froide et ne cessent d'être rattrapés par l'actualité - surveillance, réfugiés, écologie. Chacun de ses opéras lui donne l'occasion de se réinventer à l'aune de nouveaux défis techniques qui en font une figure irréductible à une école : loin d'un arbitraire maniériste, il s'agit avant tout pour lui de savoir ce qu'il y a derrière le son. Conçues comme un portrait, ses conversations dessinent, à travers paroles et gravures, les contours d'une grande figure de la musique allemande de la seconde moitié du XXe siècle et de l'opéra d'aujourd'hui.
Nombre de pages
160
Date de parution
17/11/2022
Poids
154g
Largeur
120mm
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EAN
9782378040567
Titre
Sous l'emprise de l'opéra
ISBN
2378040563
Auteur
Reimann Aribert ; Lembke Julian ; Duret Cyril
Editeur
EDITIONS MF
Largeur
120
Poids
154
Date de parution
20221117
Nombre de pages
160,00 €
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En Allemagne, dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale, Dieu était mort. Il fallait donc le réinventer, mais cette tâche délicate ne put être accomplie ni par les libéraux de la République de Weimar, ni par les militaires, encore moins par les communistes. Joseph Goebbels, fils chétif et infirme d'un ouvrier catholique travailleur, réussit là où les autres avaient échoué: il fit de Hitler un dieu, de son parti une église et du pangermanisme une religion nouvelle. L'auteur analyse les motivations qui poussèrent Goebbels et les qualités qui lui assurèrent le succès: sa formation intellectuelle, son refus violent du christianisme traditionnel; ses complexes physiques et sa frustration sociale; sa haine des juifs qui l'avaient empêché d'accéder à un poste dans une maison d'édition qu'ils contrôlaient; son intelligence souple et sa force de travail; enfin, la grande "affaire" de sa vie, sa rencontre avec Hitler et la fascination que celui-ci allait exercer sur celui-là, jusqu'à ce que la mort les unisse. Devenu ministre de la Propagande et de la Culture, Joseph Goebbels sera responsable de la mise en place du plus formidable appareil de propagande de l'Histoire. L'élaboration des méthodes technologiques et psychologiques modernes (mass media, conditionnement par répétition) situent le "petit docteur" à un rang privilégié par rapport aux autres manipulateurs de foules. Dans ce domaine, sa réussite confine au génie.
Pascal Dusapin est aujourd'hui le compositeur français vivant le plus célèbre. Il a composé, depuis quatre décennies, selon diverses manières, toutes atonales et néanmoins de plus en plus « accessibles » au public. La plus récente (son « troisième style »), empreinte de lyrisme, ne s'interdit plus les envoutantes textures de cordes, et serait en quelque sorte néo-romantique mais dans le strict cadre du timbre. La première, encore xénakienne, hérissée de quarts de tons et de tremoli néo-expressionnistes, était celle des années 1980. La seconde occupe cet ouvrage. C'est ce qu'on appelle « l'intonation ». Dusapin, durant les années 1990, assoie une « modalité restreinte » qui semble imiter, à l'instrument, les prosodies de la voix parlée. Il en résulte une permanence incantatoire, qui parle littéralement à l'auditeur. Ce livre commence par examiner comment la linguistique pourrait admettre de petits modes musicaux dans la parole. Puis on tente de présenter, techniquement, « l'intonationnisme » de Dusapin, qui culmine peut-être dans Watt (1994), le concerto pour trombone. Enfin on dégage une esthétique, l'écho. C'est une approche du tréfonds commun à l'homme et à l'animal, « sale », archaïque, prosaïque, en réaction historique aux scientismes sériels puis spectraux, et qui replace la voix, en tant qu'affect brut, au coeur de la musique contemporaine.
La Manadologie est un roman d'aventure. Sur le mode d'une science-fiction spéculative qui remet en jeu des textes de philosophie classique, deux personnages (un humain dancartésien et un Streck) parcourent le monde physique et métaphysique à bord d'une navette spatiale de troisième génération. Chassés par les autorités du métaroyaume du coin de galaxie où ils étudiaient leur première manade, ils prennent le large en spatio-clandestins et découvrent des univers problématiques empruntés à Borges, Spinoza et Leibniz.
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Harsh noise : bruit abrasif. Plutôt que d'utiliser le bruit comme perturbation ponctuelle d'un signal musical, la harsh noise et l'archipel de pratiques qui s'y rattache, proposent d'annihiler toute différenciation entre signal et bruit, faisant du bruit lui-même son matériau. Par son caractère apparemment chaotique, intense et déroutant, la noise semble échapper à toute tentative de conceptualisation et de qualification esthétique. Absolument particulière, elle constituerait un ensemble de pratiques singulier dans le paysage des arts sonores actuels. Mais si l'on se place du côté de son écoute, des régularités se dessinent. Cet ouvrage laisse ainsi la parole aux auditeurs et performers noise pour entendre ce qu'ils nous donnent à penser, à travers une série de questionnaires et d'entretiens dont cet essai propose de dégager la cohérence. Parce qu'elle est indéterminée et imprévisible, la noise appelle une écoute d'autant plus exigeante, qualifiée et réflexive. Stratégies pour éduquer l'oreille, imaginaires scientifique et anatomique, rêve de l'accès à un pur son (à défaut d'un son pur), créativité des métaphores pour qualifier les sons et leur expérience... Les discours collectés et analysés dans cet ouvrage dessinent des écoutes noise, qui qualifient ces pratiques sonores radicales depuis leur réception. Entretiens avec Lionel Fernandez (Sister Iodine, Discom, Minitel, Antilles), Nina Garcia (Mariachi, Mamiedaragon, Qonicho B), GX Jupitter-Larsen et John Wiese.