En Allemagne, dans les années qui suivirent la Première Guerre mondiale, Dieu était mort. Il fallait donc le réinventer, mais cette tâche délicate ne put être accomplie ni par les libéraux de la République de Weimar, ni par les militaires, encore moins par les communistes. Joseph Goebbels, fils chétif et infirme d'un ouvrier catholique travailleur, réussit là où les autres avaient échoué: il fit de Hitler un dieu, de son parti une église et du pangermanisme une religion nouvelle. L'auteur analyse les motivations qui poussèrent Goebbels et les qualités qui lui assurèrent le succès: sa formation intellectuelle, son refus violent du christianisme traditionnel; ses complexes physiques et sa frustration sociale; sa haine des juifs qui l'avaient empêché d'accéder à un poste dans une maison d'édition qu'ils contrôlaient; son intelligence souple et sa force de travail; enfin, la grande "affaire" de sa vie, sa rencontre avec Hitler et la fascination que celui-ci allait exercer sur celui-là, jusqu'à ce que la mort les unisse. Devenu ministre de la Propagande et de la Culture, Joseph Goebbels sera responsable de la mise en place du plus formidable appareil de propagande de l'Histoire. L'élaboration des méthodes technologiques et psychologiques modernes (mass media, conditionnement par répétition) situent le "petit docteur" à un rang privilégié par rapport aux autres manipulateurs de foules. Dans ce domaine, sa réussite confine au génie.
Nombre de pages
379
Date de parution
08/01/1992
Poids
516g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782080606440
Titre
Joseph Goebbels
Auteur
Reimann Viktor ; Ghirardi Marianne
Editeur
FLAMMARION
Largeur
150
Poids
516
Date de parution
19920108
Nombre de pages
379,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Lorsque Brigitte Reimann publia en RDA son roman Une fratrie en 1963, il déclencha de vives discussions aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest, même s'il s'agissait d'une version censurée par la Stasi. Cette histoire de famille et d'adieux est rapidement devenue - à l'instar de l'oeuvre de Christa Wolf - un classique de la littérature est-allemande. En 2021, presque 5o ans après la mort de l'auteure, le manuscrit original du roman est découvert par hasard dans un placard dissimulé. Voici donc le texte intégral publié pour la première fois. Une fratrie raconte avec puissance, élégance et un humour pince-sans-rire l'histoire de la jeune peintre Elisabeth qui apprend en 1961 que son frère préféré, Uli, veut s'installer à l'Ouest. Elle, qui travaille pour l'Etat dans les usines à amener la culture aux classes travailleuses, refuse d'admettre que chacun puisse vivre uniquement selon ses propres aspirations et ne pas contribuer à la construction socialiste. Elle ne dispose que de deux jours pour convaincre son frère de ne pas partir. Profond, saisissant, drôle, ce roman, telle une pièce de théâtre - digne d'un drame familial de Henrik Ibsen -, avec des dialogues féroces sur la politique et l'art et, finalement, le désir de changement, est un chef-d'oeuvre de la littérature allemande.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.