Avant de raconter mon histoire j'ai remué sept fois ma langue dans ma bouche comme disait la maîtresse. J'ai hésité parce que ça m'énerve de raconter des histoires. Quand je raconte des histoires personne me croit. Ils disent ton p'tit frère est spécial, il a des drôles d'idées qui lui poussent dans la tête, et pas franc avec ça, il le regarde par en dessous comme s'il avait peur d'être mangé. Tout ça c'est à force de reluquer l'artichaut des poules, si c'est pas malheureux. Ils ont raison. C'est à cause des poules que tout ce malheur est arrivé. C'est ce que je me suis tué à dire aux messieurs en robe noire avec de drôles de cravates blanches en accordéon qui voulaient savoir pourquoi j'avais commis toutes ces horreurs. Mais ils m'ont pas cru. Personne me croit jamais jamais. Seul monsieur Lerouge. Quand je lui ai dit ?je sais si c'est l'oeuf ou la poule qu'est venu en premier?, il a pas ricané comme tous les autres. Il m'a écouté raconter mon histoire jusqu'au bout."
Nombre de pages
419
Date de parution
27/11/1998
Poids
415g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080677068
Titre
C'est à cause des poules
Auteur
Reboux Jean-Jacques
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
415
Date de parution
19981127
Nombre de pages
419,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pour accueillir le pape venu en France canoniser un ami de Touvier membre de l'Opus Dei, le groupe l'Antimitre a mis les petits plats dans les grands: oies, éviscérées dans les sacristies, alertes à la bombe, hosties traitées au cyanure, églises à l'explosif... Pour mettre fin à l'hécatombe, tout le monde entre en piste: milices paroissiales, DST, RG, Brigade Antiterroriste. Et pendant ce temps, dans l'indifférence générale, un mystérieux tueur qui signe ses crimes avec une oie décapitée égorge en série de pauvres innocents qui n'ont en apparence rien à voir avec ce micmac. Jusqu'au jour où l'archevêque de Paris et le président de la République reçoivent par la poste une oie saignée à blanc. Alors là, fini de plaisanter. La chasse au tueur à l'oie est ouverte.
«Dix mille dollars pour recueillir les souvenirs d'un cinéphile alcoolique, quand vous êtes un chômeur mordu de cinéma et que votre femme vous réclame la pension des gosses, c'est le paradis. Et quand on vous offre en prime une balade romantique avec la créature la plus vénéneuse de la terre, vous vous voyez déjà au ciel.Molly ondulait des hanches à m'en donner le tournis. Je l'aurais suivie en enfer. Et c'est justement là qu'elle m'emmenait...»
Simone Dubois, 54 ans, célibataire, mangeuse d'hommes et dévoreuse de vies humaines, déteste Mitterrand, les chefs, le travail à la Peste, la plupart de ses collègues chéquardes et la race humaine en général. Quand la terreur des Chèques Postaux raconte sa vie à son ministre de tutelle ficelé sur une chaise en le gavant de marijuana, cela donne Poste mortem, un polar brindezingue 100 % PTT, par un auteur qui a longtemps traîné ses guêtres aux Chèques Postaux.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.