Rien ne laissait prévoir que Paulo Honório, un jour, tenterait d'écrire son histoire. Orphelin pauvre, ne connaissant même pas la date de sa naissance, il est devenu un propriétaire terrien sans scrupules, brutal et agressif. Il maltraite ses paysans, escroque ses voisins, intrigue lors des échéances électorales. Homme d'action, il ne prend la plume que poussé par l'échec de sa vie : le suicide de Madalena, la jeune institutrice que, dans sa quarante-cinquième année, il a épousé par amour. Mais jamais la jeune femme n'a accepté la conduite de Paulo, ni sa jalousie, au point de préférer mourir plutôt que d'obéir à sa loi. De cette perte, Paulo Honório ne se console qu'en tentant de revivre, par l'écriture, l'itinéraire qui fut le sien. Assis à sa table, fumant la pipe et buvant du café devant "le feuillage noir des orangers la nuit", il trouve une sorte de sérénité. Devant nous resurgissent les épisodes les plus divers de son existence, les premières rencontres avec Madalena, la mort, sa solitude actuelle, avec ce fils que Madalena lui a donné et qu'il n'aime pas. São Bernardo est un roman d'apprentissage à rebours, dans lequel un homme vieillissant s'efforce de comprendre son trouble passé à l'aide de mots qu'il doit retrouver au-delà de sa mémoire, derrière le langage utilitaire qui a été le sien toute sa vie.
Nombre de pages
184
Date de parution
22/10/1986
Poids
255g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070705467
Titre
São Bernardo
Auteur
Ramos Graciliano
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
255
Date de parution
19861022
Nombre de pages
184,00 €
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Résumé : En 1936, Graciliano Ramos est directeur de l'Instruction publique de l'Etat d'Alagoas, dans le Nordeste brésilien. C'est aussi un écrivain connu. Il vient de publier São Bernardo, il achève Angústia (Angoisse). Ce qu'il écrit, ce qu'il pense composent de lui la figure d'un homme libre. Il n'en faut pas davantage alors pour devenir suspect : le climat politique est tendu, Getúlio Vargas prépare le coup d'Etat qui installera la dictature de l'Estado Novo. Les prisons se remplissent. Les communistes sont visés, mais aussi tout ce qui peut faire obstacle aux desseins de l'homme fort du Brésil : la gauche, les libéraux, les intellectuels, les étrangers. Un jour de mars de cette année agitée, Graciliano Ramos est arrêté, sans motif, sans explication. Pendant onze mois ce seront la même opacité, la même angoissante absurdité. Le fond de l'horreur est atteint au bagne d'Ilha Grande, colonie pénitentiaire sous les tropiques. Là sont parqués "politiques" et prisonniers de droit commun. Lorsqu'il quitte la colonie, Graciliano Ramos, à quarante-quatre ans, est un vieillard épuisé. Dix ans plus tard, il entreprend la rédaction de ses Mémoires de prison. Un projet longuement médité, longtemps ajourné. Il y consacrera les dernières années de sa vie. Livre de la mémoire, cet ouvrage ne sera pas un pamphlet politique. Graciliano Ramos se garde aussi de tout exhibitionnisme. Ce qu'il veut, c'est communiquer le plus aigu des sensations, des situations, des sentiments. Cette recherche au fond de soi et des autres était indissociable d'une réflexion sur la véracité du récit : une entreprise de rigueur. "Les prisons sont notre miroir", écrivait à Cannes, il y a quelques années, J. M. G. Le Clézio à propos du beau film de Nelson Pereira dos Santos adapté de ces Mémoires. Ces mots valent pour ce chef-d'oeuvre de la littérature brésilienne.
Résumé : Une immense portion du Brésil intérieur est un désert que l'on nomme le sertão recouvert par la catinga, savane où paissent des troupeaux chétifs. Périodiquement, la sécheresse chasse quelque famille à demi morte de misère : le lit pierreux des rivières sert de piste à leur exode. Fabiano le vacher, sa femme, ses deux fils et le chien Baleine atteignent ainsi une ferme provisoirement abandonnée par son propriétaire. Ils la remettent en état et y retrouvent, au coeur de l'hiver qui est la saison des pluies, une relative tranquillité. Mais une irrémédiable fatalité pèse sur la famille : la misère et l'ignorance les séparent du monde. Si Fabiano se rend au marché du bourg pour y faire des achats, il se fait voler, battre et jeter en prison. Et comme pour confirmer l'acuité de leur instinct, obscur et presque animal, des milliers d'oiseaux migrateurs s'abattent un jour sur la région pour lui voler ses dernières réserves d'eau : ils annoncent une nouvelle période de sécheresse. Fabiano et les siens, soumis au sort, quittent la ferme où ils ont connu une apparence de bonheur. Et, nostalgiques, ils partent à la recherche de l'inaccessible pays clément qui, peut-être, se cache derrière les montagnes.
Résumé : L'univers étriqué et médiocre d'une ville du Nord-Est brésilien pendant les années trente. Un petit fonctionnaire avec des velléités littéraires. Une vieille servante sourde et excentrique qui enterre ses gages au fond du jardin. Un perroquet. Une jeune fille écervelée, sensuelle et vénale. Ses deux parents dépassés par les événements. Un don Juan de province, gras, fat et bavard. Un mendiant itinérant, instrument du destin. Tels sont les ingrédients de cette histoire où le héros tue son rival dans un geste de somnambule qui tient à la fois du crime gratuit et de l'autodestruction. Ce roman, publié en 1936, est alors d'une audace et d'une modernité étonnantes. Roman existentialiste avant la lettre, Angoisse reste une des oeuvres les plus troublantes de Graciliano Ramos et des plus déconcertantes de la littérature brésilienne.
Résumé : Qu'elles évoquent les interrogations existentielles surgissant au cours d'une nuit d'insomnie, le délire d'une agonie dans une chambre d'hôpital, l'angoisse du cambrioleur aux prises avec ses fantasmes ou encore l'absurdité d'une démarche faite à contrecoeur auprès d'un politicien infatué, ces nouvelles du grand romancier brésilien nous mènent aux zones troubles de la conscience en crise. Le personnage de l'écrivain est lui-même observé sous un éclairage sinistre, relevé parfois d'une touche d'humour acide. Un seul domaine semble épargné, celui de l'enfance : deux nouvelles sont consacrées au monde fantasque d'une fillette jouant à la grande dame dans un monde qui s'obstine à ne pas la comprendre. Pourtant, à y regarder de plus près, le lecteur découvre certains replis qui pourraient bien préfigurer de plus graves complexités...
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.