A coeur ouvert sur la sexualité Merina (Madagascar). Une anthropologie du non-dit
Rakotomalala Malanjaona
KARTHALA
35,00 €
Epuisé
EAN :9782811105990
Là-bas (à la campagne), il n'y a pas d'entrée, que ce soit froide ou chaude, on passe tout de suite au plat de résistance, et c'est toujours du manioc, et, après, chacun s'en va de son côté... De plus, là-bas, personne ne lèche l'assiette, car ça fait honte ; quelquefois, (la femme) ne lave même pas (l'assiette), mais elle mange tout de suite" : voilà comment un(e) internaute malgache décrit, avec un style bien malgache (à mots couverts), le "repas sexuel" chez les traditionalistes ; il (ou elle) les localise, à tort ou à raison, en milieu rural. En réalité, les villes de l'Imerina (hautes terres centrales) sont le théâtre d'une querelle permanente entre ce qui est pensé comme moderne et le traditionalisme. La diversité du comportement est telle que des Malgaches originaires de la région ne se reconnaîtront pas dans certains passages de cet ouvrage, d'autres y verront un miroir déformant de la réalité, alors que d'autres encore y entreverront leur profil ou s'y découvriront... C'est, entre autres causes, cette pluralité de comportements qui rend délicates les interventions des techniciens sociaux quand il s'agit de mettre au point une tactique de lutte contre les infections sexuellement transmissibles. Certains Malgaches sont plus perméables aux mesures modernes ou chrétiennes préconisées par les autorités publiques, tandis que d'autres, souvent pour une raison culturelle, résistent.
Nombre de pages
528
Date de parution
16/01/2012
Poids
730g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811105990
Auteur
Rakotomalala Malanjaona
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20120116
Nombre de pages
528,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Rakotomalala Malanjaona ; Blanchy Sophie ; Raison-
Cette recherche concerne les Hautes-Terres malgaches, au centre desquelles la capitale, Tananarive, est entourée d'une plaine rizicole densément peuplée. Elle éclaire le rapport aux ancêtres dans le quotidien : offrandes, dialogues, vision, possession lors de pèlerinages sur des sites de culte royal. Elle vise à restituer ce qui se passe et se fait sans se dire mais qui est essentiel pour comprendre le rapport à l'autre (menaces de sorcellerie), le rapport à la terre (enracinement et subsistance), le rapport au corps (guérir). Pour éviter le refoulement des ancêtres dans l'oubli, une société précocement christianisée a pratiqué l'alternance des codes religieux et la hiérarchisation de conduites a priori contradictoires, de manière à accumuler sources et modes de bénédiction. Il ne s'agit cependant pas ici de scruter la survie des traditions. A l'opposé de tout passéisme, les relations avec le monde invisible sont au coeur de la modernité. Les ancêtres sont partie prenante aux côtés des vivants dans leur affrontement des épidémies, des "dragons" du FMI et de la Banque Mondiale, de la mondialisation en cours. Cette dimension concerne chacun dans le quotidien. Mais il est deux milieux sociaux qui entretiennent avec les ancêtres royaux des liens spécifiques, essentiels à la constitution de leur identité. Ce sont les descendants d'anciens esclaves et serviteurs royaux ainsi que les andriana (nobles). Ce travail offre une première synthèse sur le mouvement dit de "l'andrianité", nostalgique d'un passé monarchique fortement idéalisé. Le cas merina fournit une contribution à la compréhension des stratégies identitaires infranationales et des syncrétismes religieux, ainsi qu'à l'approche des sociétés hiérarchisées en groupes proches de castes, évoluant dans des systèmes de démocratie formelle.
Madagascar est un pays riche en ressources minières et économiques, en potentiel humain et en valeurs traditionnelles et culturelles à l'instar du Fihavanana ; il n'a pourtant pas réussi à s'extraire de la spirale de la pauvreté chronique qui afflige la population. Les causes principales sont le non-respect systématique du bien commun par les pouvoirs politiques qui se sont succédé depuis la reconquête de l'indépendance (1960-2009). Ce non-respect du bien commun se manifeste à travers les violations de la dignité de la personne humaine, de la distribution équitable de la terre et de ses biens, de la démocratisation du pouvoir, puis par les atteintes à l'Etat de droit, à la bonne gouvernante, à la justice sociale et enfin à l'environnement. Face à ces situations dramatiques, l'ouvrage examine le rôle qu'a pu jouer l'Eglise catholique durant ces décennies de crise. Or on constate que sa prise de responsabilité est demeurée insuffisante. La présente réflexion propose donc des pistes concrètes d'analyse d'action pour qu'elle s'engage davantage en faveur de la promotion du bien commun des fidèles et de la population à travers la lutte contre toutes les sortes de corruption, d'injustice sociale, de non-respect de la destination universelle des biens, de l'Etat de droit, de la démocratie, de la bonne gouvernante, des valeurs traditionnelles et culturelles malgaches, enfin pour la protection de l'environnement, ainsi que l'a exprimé de façon systématique le Compendium de la doctrine sociale de l'Eglise.
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Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.