Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar. De Monja Jaona à Ratsimandrava (1960-1975)
Raison-Jourde Françoise ; Roy Gérard ; Jacquier-Du
KARTHALA
32,00 €
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EAN :9782811103958
Pays indépendant depuis 1960, Madagascar connaît en 1971-1972 sa première grande crise. Le régime, réputé stable grâce à l'image débonnaire de son président, Philibert Tsiranana, s'effondre sous un double impact. D'abord en 1971, la révolte des paysans du Sud déshérité, sans armes, menés par Monja Jaona, ancien des luttes anticoloniales. Le brutal " rétablissement de l'ordre " révèle un rapport d'oppression et d'exploitation sous couvert d'un discours développementiste. Puis c'est le Mai malgache, manifestations de collégiens et étudiants font chuter le régime. Une génération de jeunes diplômés réclame des emplois et s'insurge contre le lien néocolonial. Formée sur place, est-elle pour autant enracinée identitairement et consciente des difficultés des ruraux qui constituent plus des trois quarts de la population ? Dans l'encadrement entièrement français de coopérants et chercheurs, certains sont des alliés dans la critique du régime et aident à la montée d'intellectuels militants malgaches. Ensemble, ils opèrent des transferts de concepts et outils pour l'analyse des sociétés locales en termes de classes. Mai 1972 amène aussi la prise en charge du paysannat par le ministre et colonel de gendarmerie Ratsimandrava qui opte pour la voie du fokonolona, unité de base en partie autogérée. Populiste, il ne croit ni à la démocratie à l'occidentale ni aux partis. Son assassinat, éclairé ici avec précision, entraîne le gauchissement de son plan, repris par Ratsiraka dans un projet de révolution par le haut. Ces épisodes majeurs sont éclairés par la parole d'acteurs locaux : paysans en réunion ou à la radio, histoire de vie de Monja Jaona, tournées de Ratsimandrava, courriers d'époque et entretiens actuels avec d'anciens coopérants. La reconstitution du champ intellectuel citadin est confrontée à la méfiance des " sans diplôme " qui ont la mémoire de 1947 et une riche imagination politique. Le tout se veut une contribution à la fabrique de l'histoire malgache par le bas.
Nombre de pages
490
Date de parution
15/10/2010
Poids
740g
Largeur
160mm
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EAN
9782811103958
Auteur
Raison-Jourde Françoise ; Roy Gérard ; Jacquier-Du
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20101015
Nombre de pages
490,00 €
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Longtemps isolée, la plus vieille île du monde a su développer une identité propre, tant culturelle que biologique. Cet album nous montre comment sa récente ouverture en fait une terre fragile, campée de contradictions. 5 textes et 70 pages de photographies pour dépasser les simples clichés qui ne reflètent de la Grande Île que sa nature unique et exceptionnelle, avec ses lémuriens bondissants et ses baobabs majestueux, et pour mettre en lumière des réalités diverses et contrastées: vestiges d'une époque passée, ferveur, spéculations écologiques, recherche effrénée de richesse et croyances ancestrales... Biographie de l'auteur Né à Madagascar, en Midongy du Sud, Pierrot Men est photographe. Il vit à Fianarantsoa où il dirige un laboratoire photographique. Depuis 1985, il expo se chaque année dans les principales villes de Madagascar. Ses photos ont été publiées dans de nombreux ouvrages dont les plus récents sont Un jour dans la vie de l'Afrique (Paris, Filipacchi, 2002), Mémoires intimes d'un nouveau millénaire (Paris, éd. Eric Koehler, 2001) et Africa Inside (Groningen, Noorderlicht, 2000).
Réalisateur atypique et passionné, Benoît Ramampy est né à Ambalavao en 1947, il a traversé les grands événements de son pays, Madagascar. Agitateur pudique mais déterminé, il n'a eu de cesse de vouloir faire des films, offrant au cinéma malgache ses premières récompenses internationales. L'histoire de cette cinématographie méconnue se déroule sous couvert des relations ambigües entretenues entre la France et Madagascar.
La présence d'un grand nombre de Français dans les Etats africains devenus indépendants constitue une des caractéristiques majeures du mode de relations entre la France et son ancien Empire. Quelles sont les motivations concrètes ou idéologiques qui poussèrent à l'expatriation ? Quels rôles jouèrent localement ces coopérants ? Deux générations se distinguent : celle des anciens administrateurs reconvertis, au côté de jeunes venus investir leur énergie au service du tiers-monde.
La ville de Tananarive possède aujourd'hui encore les traces d'un riche passé architectural. Manjakamiadana, exemple achevé d'une construction monumentale de premier plan, accaparait l'attention jusqu'à l'incendie qui l'a ravagé (novembre 1995). Construit autour de 1840, ce palais emblématique situé au sommet d'une colline, visible à des dizaines de kilomètres aux alentours, eut droit à de nombreuses études qui l'ont trop souvent isolé dans sa superbe comme témoin d'un règne singulier et chef-d'œuvre d'un étranger. Pourtant, l'intérêt pour l'histoire urbaine de l'ancienne capitale du royaume merina doit dépasser l'enceinte royale et s'élargir au reste de la cité. Il existe en effet dans la capitale et ses environs un riche patrimoine architectural, méconnu et rarement analysé dans une perspective historique, qui témoigne pourtant des mutations socio-économiques du XIXe siècle. Il convient donc d'ouvrir le champ d'analyse " classique " (celui des palais) au profit d'un corpus plus large, si l'on veut comprendre la place occupée par les édifices dans l'espace social de la ville au XIXe siècle et les effets de contraste voulus par le pouvoir et de jeux en miroir ambitionnés par les Grands. Le décloisonnement ne doit pour autant aboutir à un éclatement de l'objet distendu entre ethnographie et anthropologie. Il s'avère nécessaire, pour éviter cet écueil, de périodiser l'évolution architecturale de la ville. Trois grandes phases ressortent avec clarté. Dans les années 1820-1860, une monumentalisation de l'architecture royale monopolise les innovations techniques venues de l'extérieur. Dès les années 1840, une partie de l'élite reprend pour elle-même les avancées architecturales. L'apogée de l'architecture domestique de prestige est atteinte dans les années 1870-90. A la fin du siècle, la diversification des styles et des techniques, impulsées par les missionnaires anglais de la London Missionary Society, banalise l'architecture royale et privilégie les Grands tout en assurant une certaine " démocratisation " des innovations aux couches intermédiaires de la capitale. En s'imposant en 1895, la France a dû composer avec ces divers apports qui font de la capitale de la nouvelle colonie un lieu de synthèse de la tradition et de la modernité tout à fait original. A travers cet ouvrage, Didier Nativel a été particulièrement soucieux de restituer la vision autochtone de l'architecture et la maîtrise locale de son évolution. Il a utilisé avec perspicacité les moindres détails des récits de voyage mais aussi des mémoires et autobiographies du XIXe siècle, pour se placer dans la perspective des acteurs sociaux et rappeler leurs stratégies.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.