Eidôlon N° 132 : L'intime de l'Antiquité à nos jours. Tome 3, L'intime à l'épreuve de la douleur
Puccini Géraldine
PU BORDEAUX
26,00 €
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EAN :9791091052337
Après un premier volume consacré aux Espaces de l'intime, et un second aux Ecritures de l'intime, ce troisième et dernier opus d'une série L'intime de l'Antiquité à nos jours interroge le rapport entre intime, création et douleur. Le caractère fuyant, insaisissable de l'intime - catégorie de pensée difficile à cerner et peu théorisée - explique sans doute qu'il soit une impulsion essentielle de toute créativité ; l'intime est particulièrement mis en jeu lorsqu'il est aux prises avec la souffrance, qu'il s'agisse de la souffrance morale liée à des traumas divers (passion amoureuse dévorante, épreuve destructrice du deuil, expérience terrifiante de la guerre) ou de la douleur physique liée à la maladie, à l'imminence de la mort - autant d'éléments constitutifs du territoire de l'intime. Tenter de saisir l'intime à l'aune de la souffrance pose la question cruciale de sa représentabilité : le vécu traumatique permet-t-il ou ruine-t-il celle-ci ? dans quelle mesure est-il la mesure ultime de l'intime ou sa négation ? peut-il donner accès au plus intime de soi ? Comment, pourquoi révéler l'inavouable, l'indicible, l'impensable ? La représentation se fonde-t-elle toujours sur une puissance d'émotion ou inhibe-t-elle l'intime et empêche-t-elle l'empathie du lecteur ? Les vingt-trois contributions de cet ouvrage constituent, dans un cadre chronologique aussi large que possible, de l'Antiquité à nos jours, autant de fenêtres ouvertes sur des univers différents, mais offerts sous l'angle unificateur de la souffrance, en recourant aux multiples outils de l'analyse synchronique, historiques, littéraires, philosophiques, artistiques, anthropologiques et psychanalytiques. Elles montrent comment un écrivain essaie de conjuguer souffrance, anéantissement de soi et écriture de soi, et de transformer son état douloureux en matériau d'écriture, parfois même en "état littéraire" ; comment un artiste peintre se confronte aux douleurs de la création picturale et met à nu les racines de l'être. Que peut la création littéraire ou artistique face à la déflagration de la douleur ? L'ouvrage explore le chemin vertigineux qui va de l'impossibilité à la nécessité d'écrire ou de peindre, de la sidération à la sublimation ou à l'absence de consolation, dégageant une puissance d'émotion ou au contraire inhibant l'intime, laissant le lecteur, devant le drame de toute existence humaine, dans une relation d'empathie ou de dispathie, mais en tous les cas livré à l'écho de ses propres brisures.
Nombre de pages
323
Date de parution
22/03/2022
Poids
577g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9791091052337
Titre
Eidôlon N° 132 : L'intime de l'Antiquité à nos jours. Tome 3, L'intime à l'épreuve de la douleur
Auteur
Puccini Géraldine
Editeur
PU BORDEAUX
Largeur
159
Poids
577
Date de parution
20220322
Nombre de pages
323,00 €
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Dans le champ étendu des recherches actuelles sur le corps, la question des cinq sens et de leur hiérarchie est peu abordée. C'est le premier ouvrage véritablement consacré à l'histoire des cinq sens, à leur théorisation philosophique et à la variété de leur mise en scène dans la littérature et les arts, occidentaux principalement. Son organisation chronologique, depuis l'Antiquité grecque jusqu'à l'extrême contemporain, met en lumière les différentes manières dont nos modes sensoriels ont été appréhendés durant l'histoire, traduisant l'évolution de nos schémas de pensée non seulement sur le corps et ses sensations, mais aussi sur l'âme. C'est l'identité humaine qui s'en trouve redessinée. L'ouvrage obéit à une approche résolument plurielle et pluridisciplinaire, selon les fondements essentiels des études sur l'imaginaire, dans les domaines de la littérature, la médecine, la philosophie, l'anthropologie, la religion, aussi bien que dans les arts (l'iconographie, les arts plastiques, le théâtre, l'opéra, la bande dessinée), chacun révélant la fécondité de cette notion. Instauré par Platon, repris par Aristote, adopté par les Romains, le débat des sens témoigne du dualisme entre le corps et l'esprit qui structure toute l'histoire de la pensée occidentale. Notre culture s'est construite autour de la vue et, dans une moindre mesure, de l'ouïe, sens valorisés parce qu'ils font tendre le corps humain vers le corps divin, tandis que le goût, l'odorat et le toucher étaient considérés comme des sens inférieurs entraînant le corps humain vers le corps animal. Le débat sur les sens fait l'objet d'une représentation riche et complexe dans l'art et les textes médiévaux, comme en témoigne la tapisserie de la Dame à la licorne ; il demeure au centre des préoccupations philosophiques de la Renaissance. Un tournant majeur se produit au XVIIIe siècle où apparaissent une esthétique de l'émotion et une valorisation du sens du toucher au détriment de la vue. C'est toute l'expérience sensible qui est repensée. La remise en cause de la hiérarchie des sens se poursuit à l'époque moderne. La représentation littéraire accorde désormais une large place à l'expérience sensorielle qui se déploie jusqu'à la synesthésie. L'époque contemporaine, dans un mouvement de transgression, s'attache à se dégager d'un modèle culturel prohibitif, et les pratiques littéraires et artistiques contemporaines cherchent à réhabiliter tous les sens et à leur donner sens. De la hiérarchie aristotélicienne à la pluri-sensorialité de la scène lyrique d'aujourd'hui, c'est le "régime sensoriel" d'une culture à un moment donné que l'ouvrage éclaire.
Exister sans consister en quoi que ce soit, n'est-ce pas le déroutant, décevant, irritant paradoxe du Charme ? " Cette question de Vladimir Jankélévitch, un des rares penseurs à s'être intéressé au charme, rend compte de la difficulté à saisir et à théoriser une notion au carrefour de plusieurs disciplines. Notion éminemment subjective, le charme contient une part d'inattendu, d'incertain. Il s'oppose à l'habituel et à la routine, aux normes et aux cadres. Il désigne tout ce qui est léger et fugitif, vague et vaporeux, échappant ainsi aux tentatives de théorisation. Il comporte une part de mystère, il est au rebours du prévisible. Il laisse deviner un monde inconnu qui attire et fascine. Il est promesse de nouveauté et d'imprévu ; promesse de plaisir et de bonheur à venir. C'est l'appel du rêve, de l'imaginaire. C'est la porte ouverte vers un possible indéterminé, vers une éventuelle transcendance. Le charme s'impose à nous et nous sommes alors sous le charme d'un sourire, d'une atmosphère, d'un parfum, d'une musique, d'un lieu, d'une personne, d'une oeuvre littéraire ou artistique. Mais on ne sait ni pourquoi ni comment. Son étymologie latine confirme son pouvoir de fascination : son étymon carmen désigne tout d'abord une formule rythmée, notamment magique, dans la langue religieuse et juridique, puis renvoie à une parole poétique aux vertus magiques. Le chant enchante... Si la question de la beauté traverse nombre de recherches, la notion de charme, elle, a fait l'objet de très peu d'intérêt, comme toutes les notions qui désignent de l'impalpable, et se trouve ainsi à la marge des recherches scientifiques. L'ouvrage a pour ambition de combler un réel vide dans ce domaine. Il s'organise thématiquement en quatre parties, en rayonnant de l'Antiquité gréco-latine à l'époque contemporaine : après un chapitre liminaire inaugurant la réflexion, le charme est tour à tour étudié dans ses rapports à la musique, à la peinture, dans les paysages ou les personnages littéraires, enfin, dans la chair même des textes.
La question de l'intime et de ses variations au cours du temps fait l'objet depuis peu d'un fort intérêt parmi les chercheurs. Mais la recherche en la matière reste inépuisable, tant la notion est difficile à cerner selon les époques. L'ouvrage propose une approche interdisciplinaire de l'étude de l'intime et de ses espaces, de l'Antiquité (souvent négligée par les travaux consacrés à la littérature française) à nos jours, qui croise les regards d'archéologues, d'historiens, d'historiens de l'art, de littéraires, de philosophes et d'anthropologues, afin de délimiter les contours de cette notion floue et d'analyser son évolution dans la diachronie. Le mot intime provient du superlatif latin intimus (comparatif interior), "ce qui est le plus intérieur" et s'inscrit dans la dialectique du dedans et du dehors. C'est la prise de conscience de l'existence d'un "dehors" et d'un "dedans" qui entrain l'idée de soi. L'intime est d'abord une question de lieu. Deux voies parallèles se développent à partir du mot latin : d'une part l'intime comme étant le plus profond et le plus secret, caché à autrui, d'autre pan l'intime comme étant ce qui nous associe étroitement à autrui. L'intime porte en lui une contradiction entre la radicalisation d'un intérieur, dérobé à autrui, et l'"union intime", l'"ami intime", qui suscitent une ouverture à l'Autre. L'intime dit à la fois le retrait et le partage. Ce sont les rapports du dedans et du dehors qui sont fondamentalement mis enjeu. L'intime est une catégorie qui ne va pas de soi. Dans une première partie, des articles d'archéologues et d'historiens montrent que l'espace réservé à l'intime dans les demeures est une lente conquête. Dans une seconde pane, c'est la naissance de l'espace intérieur de l'intime qui est interrogée par des chercheurs spécialistes de philosophie et de littérature latines. La troisième partie envisage l'intime comme construction de l'individu "moderne" à travers l'étude des pratiques du soin de soi, en lien avec une histoire du corps, mais aussi avec une histoire des femmes dont l'"intimité" pose question aux hommes. La quatrième partie envisage des scénographies littéraires de l'intime à partir de quelques cas particuliers. Comment dire l'intime, le représenter, si ce n'est à travers des motifs privilégiés, comme la chambre, la fenêtre, lieux symboliques qui disent la profondeur, le secret, l'invisible, qui suggèrent l'indicible ?
Dans une de ses Satires (III, 30), le poète latin Perse affirme la possibilité de la connaissance de soi et de l'autre, de manière intime : te intus et in cute noui "je te connais de l'intérieur et sous la peau". Ce vers a été rendu célèbre par sa mise en exergue au livre I des Confessions de Jean-Jacques Rousseau. Pourtant, cette affirmation ne va pas de soi. L'intime est un concept marginal, imprécis, flou, qui subsume nombre de faits psychologiques, sociaux et littéraires, difficiles à cerner de manière précise et rigoureuse. S'il est une impulsion essentielle de toute créativité, c'est surtout dans la littérature que la "pulsion vers l'intime" se déploie le plus largement. Après un premier volume consacré aux Espaces de l'intime, ce second volume d'une série L'intime de l'Antiquité à nos jours aborde la question, inépuisable, des "Littératures intimes", selon l'expression de Sébastien Hubier. Peut-on dire, représenter, écrire ou partager l'intime ? La difficulté est double : dire ou écrire l'intime, c'est perdre la qualité d'intime ; mais le taire, c'est se condamner a ne pas le consultes, à ne pas le faire connaître. L'ouvrage, en croisant les regards de chercheurs spécialistes de psychanalyse, de littérature ou d'histoire, offre un ample panorama de la diversité et de la richesse extraordinaires des écritures à la première personne, à travers un parcours chronologique qui fait voyager le lecteur de l'Antiquité à nos jours à travers des correspondances, des mémoires, des autobiographies, des écrits du "for privé", des poèmes ou des récits en prose.
Comment décrypter l'élection de 2024 aux Etats-Unis, et les lignes de faille de ce système politique ? Et comment la faire comprendre ? A la fois manuel et retour d'expérience de médiation, cet ouvrage ambitionne de répondre à ces deux questions. L'élection présidentielle de 2024 aux Etats-Unis a été à la fois un choc immense et le produit largement prévisible d'un système électoral et politique complexe. La réélection de Donald Trump trahit des tensions et des contradictions remontant pour certaines à la fondation du pays. Cet ouvrage présente deux ambitions. Il s'agit d'abord d'interroger ce système politique, de se demander par exemple ce qui assure aux deux grands partis un monopole durable, ou encore de quelle manière l'argent intervient au cours de la campagne, transformant la sphère publique au nom de la liberté d'expression. Il s'agit ensuite de rendre compte d'une expérience singulière, celle qui a mené un groupe d'étudiants de master en études anglophones à jouer les médiateurs scientifiques pendant près de deux mois pour comprendre puis expliquer en direct les rouages de cette élection, de classes de lycée en salle de cinéma. Ce livre ambitionne de servir de guide dans ces deux domaines, pour comprendre les Etats-Unis et pour comprendre comment en parler ou les étudier, dans une logique de Sciences avec et pour la société (SAPS).
A la ville sont souvent associées la criminalité, la misère, les mauvaises moeurs ou la maladie... Cet ouvrage questionne l'urbaphobie, en interroge les causes, analyse les discours qu'elle véhicule et la manière dont les arts l'ont traitée. Depuis Babylone, Sodome et Gomorrhe, la ville est vue comme la destructrice des structures traditionnelles de la société. Pour Michel Chevalier, Paris est, en 1833, "cette Babel, cette Babylone, cette Ninive, cette grande Bête de l'Apocalypse, cette prostituée fardée, mouchetée, éraillée, débraillée" . Si pour beaucoup la ville incarne le rêve d'une vie meilleure, lorsque le projet tourne au cauchemar, elle devient alors la source de tous les maux sociaux. Pour de nombreux auteurs du XIXe siècle, Paris est la ville des Illusions perdues : criminalité, misère, mauvaises moeurs, dégénérescence des individus, perte des liens sociaux, émeutes... Plus largement, la ville du XIXe siècle est en Europe un problème, particulièrement en France et au Royaume-Uni. Sa taille croissante, ses conditions sanitaires déplorables, les industries qui s'y développent et introduisent des pollutions nouvelles, font craindre l'émergence d'une classe de barbares en son sein. La littérature s'empare de cet imaginaire sombre pour dresser le portrait terrifiant d'une ville malade et assassine, et tout au long de l'époque contemporaine, le même procès se rejoue. A la littérature s'ajoutent le cinéma, les comics ; à la crainte de la peste et du choléra succède celle de la Covid... Dans cet ouvrage, 18 chercheurs en sciences humaines et sociales questionnent la notion d'urbaphobie, cette critique voire condamnation de la ville. Ils en interrogent les causes, analysent les discours qui l'accompagnent, la manière dont les arts s'emparent du thème et les réactions et réponses apportées à ce problème.
Dix ans après le décès de Michel Rocard, Matthieu Cabanis propose une première histoire des hommes et femmes qui ont accompagné une des plus illustres figures de la gauche française, esquissant à travers eux l'histoire d'une certaine idée du socialisme. Michel Rocard fait indubitablement partie du Panthéon de la gauche française. Du PSU au Parti socialiste, il a accompagné l'évolution de la gauche, de la guerre d'Algérie jusqu'à l'aube du troisième millénaire. Parlementaire, maire, ministre, Premier ministre, il est passé par presque tous les rouages de l'Etat. Ainsi, sa carrière fut riche, fructueuse et productive. Mais cette aventure politique fut aussi une aventure collective. Si l'on prend la peine de s'intéresser aux coulisses, on découvre un écosystème foisonnant, dont les contours ont évolué, mais qui l'a constamment accompagné. Aurait-il eu pareille carrière sans ce réseau de fidèles, ces porte-paroles, qui, à leurs échelles, dans les territoires, les organes partisans et la société civile, ont défendu une certaine idée de la gauche : le rocardisme ? C'est cet angle inédit qui est proposé : à partir de Michel Rocard, découvrir une série de parcours qui contribuent à expliquer la complexité des organisations politiques et le rôle majeur des entourages, souvent dans l'ombre, mais indispensables dans les batailles politiques et leurs continuités.