Prete Antonio ; Baccelli Monique ; Tramuta Marie-J
MIMESIS
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EAN :9788869763670
La pensée poétante de Leopardi n'est pas seulement une modalité cognitive, c'est aussi une façon d'être de l'écriture, qui unit raison et passion, méditation et chant. Une écriture sans protection, audacieuse, toujours en mouvement, qui déplace constamment le point d'observation : du sujet à la nature, de la sensation individuelle au rythme cosmique, des formes visibles et dominantes de la civilisation à un avant de la civilisation, à une antériorité lumineuse. Dans cette antériorité se disposent les figures de l'ancien, du primitif, de l'enfant et de l'animal : des figures dont l'énergie poétique, soustraite à tout regret, exempte de toute nostalgie, devient source d'interrogation. C'est ainsi que la subtile analyse d'Antonio Prete, devenue un classique des études léopardiennes, nous accompagne dans la lecture du "Zibaldone". Antonio Prete, poète, narrateur, critique, traducteur en italien de la poésie française, a enseigné la Littérature comparée à l'Université de Sienne. Il a donné des cours et des séminaires à l'Université de Harvard et au Collège de France. Ses oeuvres sont traduites en plusieurs langues. En français : "Prosodie de la nature", "L'Imperfection de la lune", "L'Ordre animal des choses", "A l'ombre de l'autre langue (pour un art de la traduction)". Son essai le plus récent, "Carte d'amore" (2022).
Nombre de pages
195
Date de parution
06/04/2023
Poids
255g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9788869763670
Titre
La pensée poétante. Essai sur Leopardi
Auteur
Prete Antonio ; Baccelli Monique ; Tramuta Marie-J
Editeur
MIMESIS
Largeur
140
Poids
255
Date de parution
20230406
Nombre de pages
195,00 €
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L'ordre physique des choses et la langue de la poésie, le visible et le nom : dans l'histoire et l'odyssée de ce rapport, ce livre mène des enquêtes, opère des rapprochements : la lumière, les astres, l'eau, les nuages, le feu, les plantes, les animaux habitent depuis toujours la poésie, ils sont la matière et la respiration de sa langue. A une idée de la phusis vivante, telle qu'elle apparaît chez Empédocle et Lucrèce et encore chez les romantiques, s'ajoute et se superpose le sentiment de la condition " créaturale " par lequel le Cantique de frère Soleil inaugure la littérature italienne. Si la nature est devenue aujourd'hui opaque, inconnaissable, lointaine, il est possible d'en ressentir encore l'énergie, le rythme grâce aux poètes. Ces fragments d'une " physique poétique " voudraient poser à nouveau, et, pour ainsi dire, déployer une question du jeune Leopardi qui semble adressée à notre temps : comment habiter la nature dans un monde dénaturé ?
Leopardi Giacomo ; Prete Antonio ; Baccelli Moniqu
A côté de ses textes poétiques et philosophiques, Leopardi a laissé une importante correspondance, qui demeure le dernier grand plan de son oeuvre encore inédit en français. Cloîtré durant toute sa jeunesse dans son palais de Recanati, les lettres sont pour lui le seul moyen de communication avec le monde extérieur. C'est à travers elles que l'on peut découvrir la genèse de sa création littéraire, et mesurer la solitude et la détresse qui furent les siennes. Avare de confidences intimes dans son journal, le Zibaldone (Allia, 2003), il a confié à ses correspondants les plus chers (Pietro Giordani, Antonio Ranieri) ses tourments, ses espoirs, ses projets. Ayant projeté de fuir secrètement Recanati, il écrit, avant son départ, une longue et déchirante lettre à son père, qui constitue un de ses textes les plus bouleversants. Une fois quitté le palais familial, la correspondance nous permet de suivre le fil de ses pérégrinations à travers l'Italie (Florence, Rome et Naples notamment). Pleines de notations souvent drôles, parfois acerbes, de renseignements sur la vie littéraire et politique italienne et les circonstances qui ont entouré la publication de ses oeuvres, ces lettres constituent assurément la meilleure façon de découvrir la vie de Leopardi.
L'ordre animal des choses est caché dans les plis du pouvoir humain sur le monde. Ouvert à la mémoire et à l'imaginaire, il est son contrepoint secret, et comme innocent : sans le moi, habité par le silence des origines, dont les hommes sont exilés. Maintenant intacte la force initiale de la présence, il fait se croiser des animaux réels, mythiques, fantastiques, et quelques humains. Dans les récits qui composent L'Ordre animal des choses Antonio Prete nous invite à parcourir un univers parallèle à celui qui pour la plupart d'entre nous est seul à exister. Univers où les repères soudain sont perdus - les certitudes abolies, les points de vue modifiés. Il revient là au coeur des thèmes qui parcourent son oeuvre, fondent sa réflexion : le sentiment d'étrangeté, d'éloignement, la nostalgie (celle d'abord d'une pureté perdue), la frontière entre nature et culture, la relation entre l'animal et l'humain, ses porosités - la clé de voûte de l'ensemble étant le langage, véritable instrument de métamorphose. Passant de la gravité à la légèreté, de la mélancolie à l'humour, sa phrase incarne cette mise en crise d'un monde sûr de son pouvoir dont elle redessine les contours grâce au regard porté sur lui par des êtres qui parlent une autre langue. Labile, inventive, elle offre une fresque subtile, toute de correspondances, dont la contemplation nourrit les parts les plus rêveuses de notre esprit.
Fruit d'une rencontre privilégiée entre deux histoires propres, deux sensibilités, la traduction a pour but, par les vertus d'hospitalité, d'écoute, d'imitation, de musicalité, d'imagination, de transposition, non de pâlement copier le texte original, bien qu'elle prenne corps à son ombre d'opérer sa pleine et entière métamorphose. Elle est a meilleure interprétation que l'on puisse donner d'une œuvre littéraire, le plus bel hommage rendu à sa force et un véritable acte de création. C'est ici ce que développe Antonio Prete, à la lumière d'abord de Leopardi et de Baudelaire, auxquels il associe dans ses réflexions sur l'acte de traduire d'autres écrivains : Cervantes, Borges, mais aussi Mallarmé, Rilke, tabès, Bonnefoy (qu'il a traduits) et Benjamin. Dans A l'ombre de l'autre langue son propos n'est pas tant de proposer une théorie du traduire que d'interroger, du point de vue du poète, prosateur, exégète et praticien fervent de la traduction qu'il est lui-même, la relation intime qui s'établit entre un traducteur et un auteur et ce qui se joue alors ; ce qui lui fait dire : "Traduire un texte poétique a la même intensité qu'une expérience amoureuse".
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.