Les convertis du pape. Une famille de banquiers juifs à Rome au XVIe siècle
Poutrin Isabelle
SEUIL
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EAN :9782021536652
Au XVIe siècle, alors que l'Europe était déchirée par les guerres de Religion, les papes voulurent faire de Rome un modèle pour la conversion des juifs. Sous la protection de Grégoire XIII, deux banquiers séfarades, Salamone Corcos et son fils Lazzaro, appartenant à l'élite de la communauté juive, furent baptisés puis intégrés dans la noblesse romaine sous le nom de Boncompagni, qui était celui du pape. Ces hommes firent ensuite sortir du ghetto, au besoin par la force, une quarantaine d'hommes, femmes et enfants de leur famille, tandis que quelques-uns, comme Devorà et son mari Joseph Ascarelli, résistèrent aux pressions qui les poussaient vers le baptême. L'histoire des Corcos devenus Boncompagni, restituée à partir des archives du tribunal de la Rote et des notaires de Rome, aborde le thème de la conversion sous l'angle de ses coûts et bénéfices économiques et affectifs, inégalement répartis selon l'âge, le genre et la situation des individus. Elle montre les effets du prosélytisme des papes sur les juifs, les conflits familiaux générés par les conditions violentes des conversions, et la capacité de la société chrétienne à intégrer les néophytes au prix de l'oubli de leur origine. Grande fresque familiale, Les Convertis du pape nous plonge dans les dynamiques économiques, sociales, politiques et religieuses qui déterminaient les marges d'action des individus dans la Rome baroque. Isabelle Poutrin est professeure d'histoire moderne à l'université de Reims Champagne-Ardenne. Spécialiste d'histoire religieuse et culturelle, elle a publié notamment Convertir les musulmans. Espagne, 1491-1609 (PUF, 2012) et a dirigé avec Elisabeth Lusset le Dictionnaire du fouet et de la fessée. Corriger et punir (PUF, 2022).
Nombre de pages
332
Date de parution
03/11/2023
Poids
433g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782021536652
Titre
Les convertis du pape. Une famille de banquiers juifs à Rome au XVIe siècle
ISBN
2021536653
Auteur
Poutrin Isabelle
Editeur
SEUIL
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153
Poids
433
Date de parution
20231103
Nombre de pages
332,00 €
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Isabelle Poutrin est maître de conférences à l'Université Paris-Est. Avant de s'intéresser à l'histoire des minorités religieuses et des politiques de conversion, elle a publié sur les femmes en religion (Le voile et la plume. Autobiographie et sainteté féminine dans l'Espagne moderne, Casa de Velázquez, 1995) et en politique (avec Marie-Karine Schaub, Femmes et pouvoir politique. Les princesses d'Europe XVe-XVIIIe siècle, Bréal, 2007).
La violence exercée sur autrui dans le but de dresser, éduquer, corriger ou punir englobe des pratiques très anciennes (coups, fouet, privations, enfermement), et d'autres plus caractéristiques d'une époque, comme le bonnet d'âne dans l'école de la Troisième République. Certaines, comme la gifle et la fessée, semblent si banales qu'on ne les perçoit pas d'emblée comme des objets d'histoire. Jusqu'à ces dernières décennies, cette violence infligée dans le cadre de la maisonnée, distincte et complémentaire de la violence de l'Etat, n'était contestée que lorsqu'elle était manifestement excessive. Le "droit de correction" était considéré comme un pilier de l'ordre social, exprimant l'autorité des parents sur l'enfant, du mari sur sa femme, du maître sur l'élève, l'apprenti ou l'esclave. Ce dictionnaire propose une plongée dans l'histoire du "droit de correction" de l'Antiquité à nos jours. Il analyse des thèmes aussi divers que la parentalité, le couple, l'éducation, le corps, l'érotisme, le monde du travail ou la condition animale. Il entend ainsi éclairer les récents débats en France comme celui sur la loi "anti-fessée" de 2019 ou la prévention des violences conjugales.
Les beatas de Castille, soeurs des béguines d'Europe du Nord, ont jusqu'à présent très peu attiré l'attention de l'historiographie. Considérées, à l'aube du XVIe siècle comme des femmes laïques se vouant à Dieu dans la pénitence et la prière, elles demeurent méconnues à l'exception de quelques grandes figures, vénérées pour leurs prophéties ou persécutées pour leurs visions par l'inquisition. Pourtant, les beatas recouvrent une réalité plurielle, et leur rôle dans la vie religieuse apparaît complexe. De la pauvre filandière léonaise à la noble veuve tolédane, ces semi-religieuses refusant le mariage et la stricte clôture se sont consacrées à Dieu tout en assurant des fonctions reconnues et valorisées par leurs contemporains. Soignant les malades, priant pour les vivants et les défunts, ces femmes ont porté secours aux plus pauvres, rendu visite aux prisonniers ou encore instruit les orphelins. Grâce à une vaste enquête menée dans les manuscrits de la couronne d'Espagne et les Archives secrètes du Vatican, ce livre, à la croisée de l'histoire sociale, de l'histoire religieuse et de l'histoire des femmes, retrace le destin de 354 beatas et la vie économique de 192 communautés implantées dans les royaumes et les villes de Castille entre 1450 et 1600. À la lecture de sources inédites, en particulier des lettres de privilège, des actes notariés et des procès inquisitoriaux, cet ouvrage met en lumière le quotidien de ces servantes de Dieu, en insistant sur leur engagement et leur intégration dans la société de leur temps.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...