Publié une première fois en 1915, Cathay est un objet littéraire singulier. Il s'annonce dès le long titre que porte sa couverture comme une traduction du chinois d'après plusieurs sources, dont les notes du sinologue Ernest Fenollosa dont Pound avait été très proche. Pound accède donc aux textes par le biais de traductions partielles, ce qui lui permet d'acquérir une grande liberté relativement aux poèmes originaux, si bien que ses traductions deviennent plutôt des re-créations poétiques. On retrouve en effet dans la version qu'il donne de ces antiques poèmes chinois les préoccupations qui sont celles de l'avant-garde littéraire anglo-saxonne dont Pound était un des porte-parole les plus écoutés. Cathay devient de ce fait un manifeste de «l'imagisme», ce mouvement qui prônait une expression poétique débarrassée du pathos romantique, proche de la sensation et attentive à la retranscrire le plus précisément possible. Ainsi que le souligne la postface d'Abigail Lang, Cathay a une influence déterminante sur l'évolution du langage poétique dans les premières décennies du XXe siècle. La langue de Cathay, son économie et sa précision, la rigueur de ses images en font un recueil dont l'actualité ne se dément pas.
Nombre de pages
28
Date de parution
06/11/2020
Poids
44g
Largeur
125mm
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EAN
9782889550432
Titre
L'Ours Blanc N° 28, automne 2020 : Cathay
Auteur
Pound Ezra ; Alféri Pierre ; Lang Abigail
Editeur
HEROS LIMITE
Largeur
125
Poids
44
Date de parution
20201106
Nombre de pages
28,00 €
Disponibilité
Epuisé
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« À la mort de Lincoln, la véritable puissance aux États-Unis passa des mains du gouvernement officiel dans celles des Rothschild et autres affidés de leur ténébreux consortium. Le système démocratique périt. Il est, depuis lors, dérisoire de parler des États-Unis comme d'une puissance autonome. Depuis quand n'est-il pas moins dérisoire de parler de l'Empire britannique comme d'un être autonome ? On s'essouffle à parler de telle ou telle « nation » démocratique. Le véritable gouvernement s'est tenu et se tient encore dans les coulisses. La nature du régime démocratique est la suivante : deux ou plusieurs partis à la dévotion de l'usurocratie s'affichent aux yeux du public. Par souci pratique, et pour apaiser la conscience des niais, on laisse aux bonnes gens, à l'idéaliste solitaire, le soin de faire un peu de travail honnête, aussi longtemps qu'ils ne percent pas les machinations des divers rackets...
L'Anthologie classique (le Shijing) rassemble les 305 poèmes - chansons populaires, odes pour les cérémonies de cour, odes religieuses -sélectionnés et ordonnés, selon la tradition, par Confucius (551-479 av. J. -C.), dont la doctrine politique et sociale fut érigée en religion d'Etat et marqua profondément la civilisation chinoise. Ezra Pound voyait dans le confucianisme un véritable "code de la vie" et une possibilité de renouvellement pour l'Occident. Après Les Entretiens de Confucius (ou Analectes), le poète américain traduit donc les odes confucéennes au temps de sa détention à l'hôpital St. Elizabeth's. Sa connaissance du chinois peut sembler rudimentaire : il suit l'enseignement de son maître Fenollosa, et ses solutions ne sont pas exemptes de fantaisie. Toutefois, Pound accorde une importance particulière au travail de traduction et voit dans la concordance des langues un critère majeur de civilisation. Il préfère par conséquent toujours la restitution d'une inflexion vivante au strict respect de la syntaxe. Une approche non conventionnelle mais efficace, qu'avait remarquée Simon Leys : "Pound ne savait guère le chinois ; ses interprétations sont quelquefois loufoques... mais Pound a fait preuve d'une infaillible intuition des rythmes de l'original... son oreille ne se trompe jamais, et dans ce domaine il nous administre une leçon exemplaire".
Avant-propos et choix de T.S. Eliot4e de couverture : Comment échapper à la déception de la poésie ? À ses thèmes convenus ? À sa fade et menteuse beauté ? Comment écrire après les maîtres ? Et comment rivaliser avec la prose pour la qualité première : être expressif ? La réponse d'Ezra Pound est la plus originale du XX? siècle. D'abord par la diversité des solutions trouvées dans ces Poèmes (critiques créatrices, poésie destructrice des fraudes et des truquages, imitations ou jeu des personae, traductions littéraires ou appropriations, renouvellement de genres délaissés comme l'épigramme, etc.) ; ensuite parce que les réponses sont des oeuvres ; enfin parce que les Poèmes d'Ezra Pound sont des chefs-d'oeuvre. Certains de ces Poèmes sont donc venus à nous précédés d'une réputation immense, comme en témoigne la capitale Introduction de T. S. Eliot : les textes inspirés des troubadours, Lustra, Cathay ("invention de la poésie chinoise en anglais", dit Eliot), Le Vaucrant, l'Hommage à Properce, Mauberley, etc. Ces poèmes demandaient à être retrouvés dans notre langue ! Gageure ? Vaine prétention à égaler des perfections ? L'Hommage à Properce, cette rigoureuse enquête sur la poésie, est l'une des plus belles élégies de Pound, par excellence poète élégiaque. Les Poèmes fondent les Cantos, et plus d'une fois s'aventurent plus loin. Le Vaucrant est le principe des Cantos, et le dernier canto (CXX) retourne au Dôria de Ripostes Pour Ezra Pound, écrire est synonyme de vivre, et la vie est un périple, un exil où la nostalgie s'applique à retrouver (comme dans la Lettre d'exil de Cathay) un langage de Paradis, le Paradis par la parole.Notes Biographiques : Ezra Pound est né en 1885 à Hailey, dans l'Idaho. Il quitte l'Amérique en 1907 pour l'Europe : Venise, Londres, Paris, et Rapallo où il s'installe en 1925. Arrêté en 1945 par l'armée américaine, inculpé de haute trahison, il est reconnu dément et interné. Libéré en 1958, il regagne l'Italie. Il meurt à Venise le 1?? novembre 1972.
Pour son numéro 50, L'Ours Blanc propose à ses lectrices et lecteurs de découvrir l'écriture à deux mains de deux poètes français connus et reconnus, Anne Portugal et Vincent Broqua. Ils cosignent ici une suite de théorèmes littéraires dans lesquels se noue un dialogue complice et amusé autour des questions fondamentales qu'engage l'acte d'écriture et son rapport au monde.
L?écrivain et critique David Bosc tente dans ce court texte de penser le rapport singulier que les écrivains peuvent entretenir avec le langage. Son texte s?ouvre sur l?adage fameux de Nicolas Boileau, selon lequel « Ce que l?on conçoit bien s?énonce clairement ». Cette affirmation est d?emblée mise en regard d?autres citations qui constituent autant de témoignages d?écrivains sur leur expérience. David Bosc, en lecteur et en écrivain, entre en dialogue avec ces voix plurielles et s?interroge avec elles sur la place de l?intention et du rythme dans l?écriture, sur ce qui peut pousser à écrire, ou sur ce qu?on peut entendre ou désigner par auteur ou créateur. Il se fraie un chemin à travers des mots dont il fait entendre toute l?épaisseur de sens : celui d?instance, par exemple, qui serait peut-être plus juste que celui d?auteur pour penser la création. Il fait ainsi résonner, dans ce tissage de voix d?autres «praticiens» et penseurs, , et ce depuis leur singularité, une expérience commune de l?écriture, celle d?un non-savoir, et d?une aventure qui relève moins d?une intention maîtrisée que d?un perdre pied au sein du langage. Ce texte reprend une conférence prononcée au Banquet du livre d?automne de Lagrasse, le 29 octobre 2016.
Quitter les lieux communs, prendre ses distances avec tel ou tel discours à la mode et retrouver enfin "une parole dense, une culture fondée, un monde intimement et intensément vécu" . Voici, pour le poète, l'essentiel. Territoires chamaniquesest le fruit d'un long travail de récolte de chants et de poèmes oraux. Kenneth White nous introduit avec jubilation à une poésie première, qui n'a cessé de nourrir, à travers le monde, un sentiment de proximité avec les choses et les êtres. Une poésie qui dessine une géographie originale et originelle dont les contours délimitent les fondements mêmes de notre culture. Cet ouvrage a fait l'objet d'une première édition en 2007.