Imaginez un Etat deux fois plus petit que le département du Nord ou celui de la Moselle, un pays frontalier de trois géants européens, une terre couverte de forêts, une capitale éponyme, sa vieille ville médiévale perchée sur des falaises, et vous aurez l'image d'un des territoires les plus singuliers et les plus méconnus d'Europe : le Luxembourg. Sa poésie n'échappe pas à cette règle. Ecrite en trois langues, le luxembourgeois, le français, l'allemand - et même quatre si l'on songe à l'anglais de la diaspora - elle est l'espace d'une cohabitation linguistique heureuse, le lieu où l'on peut se dire "germanophone francographe" sans faire sourire. Il fallait une anthologie pour faire découvrir les richesses inattendues de cette Babel européenne et moderne. C'est chose faite ! Avec Lignes de partage, c'est tout un territoire poétique qui se trouve enfin cartographié. De quoi faire naître d'autres envies de voyage en poésie.
Nombre de pages
256
Date de parution
17/06/2021
Poids
372g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782362293733
Titre
Lignes de partage. 22 poètes du Luxembourg
Auteur
Portante Jean
Editeur
BRUNO DOUCEY
Largeur
152
Poids
372
Date de parution
20210617
Nombre de pages
256,00 €
Disponibilité
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L'oubli et la mémoire sont également inventifs ", dit Borges. " L'oubli détient le pouvoir et le sens du secret ", prolonge Maurice Blanchot. C'est le point de départ de ce voyage aux sources de l'oubli. Et donc aussi de la mémoire. Un voyage où se côtoient les pionniers de l'oubli, les mythologues de l'Antiquité grecque. inventeurs du Léthé, fleuve de l'Oubli, et tous ceux qui ont bu à ses eaux. Fellini n'est pas loin non plus, quand il s'agit de redire que la mémoire est - et l'oubli aussi - une fiction parmi d'autres. Tout cela se passe dans l'ombre. puisque la lumière, celle du jour ou des projecteurs de cinéma. est un redoutable effaceur de traces.
Jean Portante, dans un lyrisme tout personnel retrouve une des fonctions exemplaires de la poésie : dire ce qui échappe, ce qui s'efface, ce qui bouge dans la mémoire et dans les mots, apporter une réponse possible au désordre initial de l'univers et des pensées. L'oeuvre poétique de Jean Portante est jalonnée de pauses sinon théoriques du moins indicatrices des directions prises et du sens que manifeste aux yeux du poète cette aventure de la mise en mots d'une réalité vécue ou rêvée ou imaginée. (extrait de la postface de Lionel Ray)
Revue annuelle de poésie internationale Comité de rédaction : Jacques Darras / Jean Portante / Jean-Yves Reuzeau SOMMAIRE DE LA REVUE Dossier " Poésie italienne contemporaine " Valerio Magrelli . Antonella Anedda Milo de Angelis . Sara Ventroni . Elisa Biagini Dossier " Ezra Pound " Poèmes de Friederike Mayröcker (Autriche) John Kinsella (Australie) Juan Manuel Roca (Colombie) Débat polémique sur la situation de la poésie française contemporaine entre Jacques Darras et Gabrielle Althen LE PRINCIPE POUR CHAQUE NUMÉRO Inuits dans la jungle procède de la rencontre des revues In'hui (fondée et dirigée par Jacques Darras) et Jungle (fondée et dirigée par Jean-Yves Reuzeau), qui se sont associées par l'intermédiaire du poète luxembourgeois Jean Portante, afin de prolonger et amplifier leur aventure. Inuits dans la jungle, attentive, comme l'indique son titre, à la confusion climatique et géographique qui se profile à l'horizon de l'humanité, se propose de publier des poètes sensibles à l'évolution du monde aussi bien qu'au renouvellement des formes. Inuits dans la jungle s'ouvre prioritairement aux poésies européennes contemporaines, sans distinction de genre ni d'écoles.
C'est tout de même dur de devenir un vrai Luxembourgeois. Plus on vente sa nationalité, plus celle-ci s'acharne contre nous. Prenons Papa. Il a beau crier sur tous les toits qu'il est né à Differdange et qu'il s'est fait naturaliser en 1952... Eh bien, tout luxembourgeois qu'il est, sa vraie nature se déchaîne dès qu'un match de foot oppose quelque équipe que ce soit à la squadra italienne. Le temps d'un match, il oublie sa naturalisation et tout, et se met à hurler comme un ours en faveur des bouffeurs de macaronis. " La baleine est le plus ancien des migrateurs vivants ; le voyage a empêché sa disparition. La Mémoire de la baleine s'attache plus précisément à l'immigration italienne au Luxembourg. Il s'agit du roman de formation d'un enfant pour qui la notion de voyage oscille entre le " définitivement provisoire " de la mère et le " provisoirement définitif " du père. Il permet de brosser la fresque de tout un siècle de migrations.
il est bientôt l'heure/ de nouer ma voix/ aux lumières vives/ au soleil de joie/ à la chaleur bleue/ du feu des anciennes/ être un tout/ enfin/ caresse des ans/ réconciliée/ pour mieux m'effacer
Ceux qui l'ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C'est parce que j'ai vécu cette émotion que j'ai souhaité devenir l'éditeur de la première anthologie de poésie en langue des signes française. Ce livre et le DVD qui l'accompagne donnent à lire, à voir et à entendre cinquante poètes contemporains venus de tous les horizons. Une mosaïque vouée à la polyphonie des cultures et des voix. Les poètes de cette anthologie se trouvent reliés par une interprétation gestuelle devenue un acte poétique en soi. Les captations ? réalisées en studio ou lors de grands festivals de poésie, comme le festival Voix vives de méditerranée en méditerranée de Sète ou le festival de poésie de Saint-Martin d'Hères ? ne restituent pas seulement l'expressivité des textes. Elles étendent aussi le territoire du poème aux dimensions du corps, révélant une langue au-delà des mots. Cette émotion rare, je souhaite aujourd'hui la faire partager.
Pendant de longs mois, deux femmes de Nouvelle-Calédonie ont entretenu un dialogue par la poésie. Deux femmes de générations, de conditions et de couleurs de peau différentes, qui partagent la même terre et veulent parcourir ensemble les mêmes chemins de paix. Pour écrire ce livre, Déwé Gorodé et Imasango se sont rencontrées, tantôt chez l'une à Nouméa, tantôt chez l'autre à Ponérihouen, dont le nom en langue paicî désigne l'embouchure d'un fleuve. Les déchirures du pays, le deuil au seuil de la case, la lutte indépendantiste, les accords de Nouméa, la crainte de nouveaux conflits, la place des femmes, la sexualité "imposée ou non", l'éducation des enfants, la puissance tellurique de la Grande Terre, aucun sujet n'a été écarté, aucun tabou n'a fait taire leur "parole jumelle". C'est pour publier de tels livres que je suis devenu éditeur. Un appel à résister par la poésie.