Nietzsche et la question du moi. Pour une nouvelle approche psychanalytique des instances idéales
Ponnier Jacques
L'HARMATTAN
24,50 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782296062276
Pris entre l'obsolète scolastique lacanienne et une clinique sans métapsychologie, nous devons recommencer d'urgence à penser. La psychanalyse dite " appliquée ", en l'espèce au philosophe F. Nietzsche, permet de reposer la question des instances idéales, et, plus généralement, du narcissisme, qui doit devenir le nouveau schibboleth de la psychanalyse. Encore faut-il ignorer les simplismes en usage : Nietzsche, père de notre perspectivisme béat, apôtre du " corps " et inspirateur des " héros modernes " pourfendant l'Eglise plus d'un siècle après la bataille, c'est cela qui désormais donne la nausée ! Rendue à sa complexité par une lecture diachronique, l'œuvre révèle un philosophe hanté par le conflit entre le désir d'être soi et l'exigence contraire, pour ce faire, de se conformer à un idéal que l'autre introduit en nous par une séduction narcissique. Dès lors alternent des insights fulgurants sur le double mouvement de dilatation et de rétraction des frontières d'un moi séduit pensé comme une vésicule chargée de pulsion et l'affirmation défensive d'une " volonté de puissance " dionysiaque innée à laquelle le penseur finira par s'identifier, franchissant le seuil de la psychose. Victime sans le savoir des excès de la séduction narcissique qu'il dénonçait, Nietzsche a méconnu les principes d'une " gestion " de l'idéal qu'il avait pourtant aperçus : matière à réfléchir pour une psychanalyse à la vocation métapsychologique relancée.
Nombre de pages
243
Date de parution
12/09/2008
Poids
325g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296062276
Titre
Nietzsche et la question du moi. Pour une nouvelle approche psychanalytique des instances idéales
Auteur
Ponnier Jacques
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
325
Date de parution
20080912
Nombre de pages
243,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Le tome I a fondé la démarche philosophique comme recherche de la vérité. Ce second tome se centre sur la conscience. Nous sentons le monde et faisons corps avec la nature, parfois jusqu'à l'extase. Mais notre conscience est bien plus, et autre chose, que ce corps à corps merveilleux : le sujet unifie ses sensations et les organise en une perception qui rassemble passé, présent et avenir, donnant ainsi un sens à son monde. Par l'imagination, nous prenons de la distance, nous pensons l'absence et, creusant l'être, nous faisons surgir le néant. De plus, le regard de notre conscience revient sur nous et cette réflexion nous met à distance de nous-mêmes, nous tournant vers notre avenir et nous forçant à penser notre condition de mortel, nous exilant définitivement du bonheur animal et nous imposant d'autres valeurs, comme cette dignité dont certains ne supportent pas la perte au point de vouloir mourir. Cette conscience donatrice de sens, il nous faut pourtant la mettre à l'épreuve de l'hypothèse d'un inconscient psychique. N'en déplaise à ses détracteurs démagogues, Freud nous reste indispensable pour en explorer les méandres, mais c'est au philosophe d'en établir l'existence et d'en penser l'essence, entre psychanalyse et phénoménologie Merleau-Pontienne ou Sartrienne. Il nous faut penser ce qui nous unit à notre corps, corps sentant, corps percevant-perçu, corps érogène sexué et corps mortel et savoir si nous pouvons enrôler l'inconscient psychique dans notre recherche du bonheur.
Qui suis-je ? Et d'abord, suis-je quelqu'un ? Suis-je même quelque chose ? Questions terriblement rebattues en ces temps de postmodernité qui proposent l'« épanouissement du moi » comme seul sens de la vie, mais dont le traitement n'avance pas pour autant. L'incantation ne remplace pas la réflexion. Penser le moi engage l'ensemble de la problématique de la philosophie. A commencer par le désir : c'est par lui que nous voulons définir notre être intime : « moi, j'aime Picasso, je déteste Wagner, mais j'adore le roquefort, etc. ». Ceux qui désirent les mêmes choses se rassemblent et se donnent une identité de groupe, etc. A côté du désir connu de nous, il existe le désir inconscient, que j'ai exploré dans le tome II de ce cours. Certains estiment que, par essence et définition, il est le siège de notre « vrai » moi. C'est faire l'impasse sur la névrose, la psychose et la dépression et ce qu'elles nous apprennent. En réalité, nous nous construisons en rejetant certains de nos désirs et en en intégrant d'autres. Une réflexion sur ces désirs nous permettant de savoir quoi en faire s'impose donc. Le désir est l'expérience d'un manque qui fait imaginer un plein, plein qui, dès lors, nous attire. On a voulu y voir l'oeuvre de la nature, alors que, à la différence du besoin, il est celle de la culture, cet ensemble des réponses que nous inventons pour satisfaire nos besoins, et qui transforment ces besoins en désirs infinis. C'est l'effet de l'interdit, de la séduction et de l'imitation : Bataille, Freud, Girard. Mais derrière tout cela et l'impulsant, il y a, peut-être, le désir premier d'être et de ne pas disparaître. Désir d'éternité souvent foudroyé par le temps : Alfred Adler. Construire son « moi » (car le moi n'est pas un donné naturel, mais l'édification incessante d'un caractère) implique de gérer l'excès passionnel consubstantiel au désir. Ce n'est possible que grâce à une raison mise au fait de l'Inconscient. Le trajet philosophique aboutit au résultat qu'il n'y a qu'une « bonne » passion, qui est l'amour, à ne pas confondre avec l'exaspération du désir qui cherche à en usurper la place, et que seule la raison peut permettre à cet amour de déployer sa puissance. Dis-moi comment tu aimes et je te dirai qui tu as décidé d'être. C'est ainsi que j'articule la question du sujet et celle du désir.
On traite de la religion. Peut-on fonder la croyance sur la raison ou faut-il au contraire, croire sans preuve, voire contre les preuves ? Dieu est-il un être réel transcendant, au-delà de toute expérience et faisant éclater nos cadres logiques et linguistiques ou, au contraire, une image illusoire de l'homme ? On analyse les reconstructions généalogiques de la croyance religieuse considérée comme une invention anthropomorphique aliénante : l'idolâtrie de l'humanité (Feuerbach), le culte de la société (Durkheim), l'idéologie d'une classe (Marx), la haine ascétique du monde (Nietzsche), la mise en jeu du conflit névrotique inconscient (Freud) et le lynchage sacrificiel (René Girard). Enfin on s'interroge sur les formes de survie possibles de la croyance aujourd'hui : les dérives fanatiques religieuses d'un rationalisme mal compris (nazisme, stalinisme, maoïsme etc.) ou une « religion de l'humanité » célébrant ce qui, en l'homme, mérite d'être vénéré, à savoir sa raison. On peut alors revenir aux grandes religions et aux débats du moment (sur le mariage des prêtres, le vêtement féminin, les tabous alimentaires etc.) pour tenter d'y déceler, sous la gangue de la pensée émotionnelle archaïque qui les domine encore plus ou moins, cette affirmation de l'universel humain que la raison philosophique dégage par ailleurs.