
Nietzsche et la question du moi
Ressaisir l'?uvre de Nietzsche par la question du moi, c'est réinterroger sa démarche même. Au-delà de l'interprétation sommaire de ce projet comme subjectivisme il s'agit de dégager l'intuition d'une contradiction qui met sa pensée tout entière en mouvement : le moi, instance intégratrice du sujet, n'est pas seulement ce que la vie produit et conserve, mais aussi ce que suscite un idéal, appel énigmatique au dépassement de soi, mobilisation d'une énergie déchaînée émanant de l'inconscient de l'Autre, donc source de danger autant que de soutien. Le présent ouvrage suit pas à pas le trajet de Nietzsche, à travers les réponses successivement mises en avant pour élaborer cette contradiction : mesure scientifique, dualisme tragique de la vérité et de la vie, hypothèse de la Volonté de puissance. D'une part, le moi idéal dilate ses frontières pour tout assimiler : l'autre sexe, l'humanité, la nature ; d'autre part, l'exigence d'une unité stable lui impose la rétraction sur son noyau, le refus de l'androgynie et la négation de la réalité extérieure. Ainsi prend forme le drame de Nietzsche " psychologue du soupçon " : son génie de l'introspection, souligné par Freud, débouche sur la volonté farouche d'expulser hors de soi, avec l'Autre, la passivité de la mort. C'est, paradoxalement, ainsi relue comme une des plus radicales négations de l'Autre qu'ait connue la philosophie, que la pensée de Nietzsche interroge si intensément la dimension du sujet et de l'altérité dans la philosophie d'aujourd'hui.
| EAN | 9782130508502 |
|---|---|
| Titre | Nietzsche et la question du moi |
| Auteur | Ponnier Jacques |
| Editeur | PUF |
| Largeur | 135 |
| Poids | 335 |
| Date de parution | 20000731 |
| Nombre de pages | 257,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Mon cours de philo. Tome 2, Perception et imagination, conscience et inconscient
Ponnier JacquesLe tome I a fondé la démarche philosophique comme recherche de la vérité. Ce second tome se centre sur la conscience. Nous sentons le monde et faisons corps avec la nature, parfois jusqu'à l'extase. Mais notre conscience est bien plus, et autre chose, que ce corps à corps merveilleux : le sujet unifie ses sensations et les organise en une perception qui rassemble passé, présent et avenir, donnant ainsi un sens à son monde. Par l'imagination, nous prenons de la distance, nous pensons l'absence et, creusant l'être, nous faisons surgir le néant. De plus, le regard de notre conscience revient sur nous et cette réflexion nous met à distance de nous-mêmes, nous tournant vers notre avenir et nous forçant à penser notre condition de mortel, nous exilant définitivement du bonheur animal et nous imposant d'autres valeurs, comme cette dignité dont certains ne supportent pas la perte au point de vouloir mourir. Cette conscience donatrice de sens, il nous faut pourtant la mettre à l'épreuve de l'hypothèse d'un inconscient psychique. N'en déplaise à ses détracteurs démagogues, Freud nous reste indispensable pour en explorer les méandres, mais c'est au philosophe d'en établir l'existence et d'en penser l'essence, entre psychanalyse et phénoménologie Merleau-Pontienne ou Sartrienne. Il nous faut penser ce qui nous unit à notre corps, corps sentant, corps percevant-perçu, corps érogène sexué et corps mortel et savoir si nous pouvons enrôler l'inconscient psychique dans notre recherche du bonheur.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER28,01 € -

Mon cours de philo. Tome 3, Le sujet et son désir, le sujet entre nature et culture, le sujet et son
Ponnier JacquesQui suis-je ? Et d'abord, suis-je quelqu'un ? Suis-je même quelque chose ? Questions terriblement rebattues en ces temps de postmodernité qui proposent l'« épanouissement du moi » comme seul sens de la vie, mais dont le traitement n'avance pas pour autant. L'incantation ne remplace pas la réflexion. Penser le moi engage l'ensemble de la problématique de la philosophie. A commencer par le désir : c'est par lui que nous voulons définir notre être intime : « moi, j'aime Picasso, je déteste Wagner, mais j'adore le roquefort, etc. ». Ceux qui désirent les mêmes choses se rassemblent et se donnent une identité de groupe, etc. A côté du désir connu de nous, il existe le désir inconscient, que j'ai exploré dans le tome II de ce cours. Certains estiment que, par essence et définition, il est le siège de notre « vrai » moi. C'est faire l'impasse sur la névrose, la psychose et la dépression et ce qu'elles nous apprennent. En réalité, nous nous construisons en rejetant certains de nos désirs et en en intégrant d'autres. Une réflexion sur ces désirs nous permettant de savoir quoi en faire s'impose donc. Le désir est l'expérience d'un manque qui fait imaginer un plein, plein qui, dès lors, nous attire. On a voulu y voir l'oeuvre de la nature, alors que, à la différence du besoin, il est celle de la culture, cet ensemble des réponses que nous inventons pour satisfaire nos besoins, et qui transforment ces besoins en désirs infinis. C'est l'effet de l'interdit, de la séduction et de l'imitation : Bataille, Freud, Girard. Mais derrière tout cela et l'impulsant, il y a, peut-être, le désir premier d'être et de ne pas disparaître. Désir d'éternité souvent foudroyé par le temps : Alfred Adler. Construire son « moi » (car le moi n'est pas un donné naturel, mais l'édification incessante d'un caractère) implique de gérer l'excès passionnel consubstantiel au désir. Ce n'est possible que grâce à une raison mise au fait de l'Inconscient. Le trajet philosophique aboutit au résultat qu'il n'y a qu'une « bonne » passion, qui est l'amour, à ne pas confondre avec l'exaspération du désir qui cherche à en usurper la place, et que seule la raison peut permettre à cet amour de déployer sa puissance. Dis-moi comment tu aimes et je te dirai qui tu as décidé d'être. C'est ainsi que j'articule la question du sujet et celle du désir.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER33,60 € -

Mon cours de philo. Tome 4, La religion, entre l'archaïsme de l'inconscient et les lumières de la ra
Ponnier JacquesOn traite de la religion. Peut-on fonder la croyance sur la raison ou faut-il au contraire, croire sans preuve, voire contre les preuves ? Dieu est-il un être réel transcendant, au-delà de toute expérience et faisant éclater nos cadres logiques et linguistiques ou, au contraire, une image illusoire de l'homme ? On analyse les reconstructions généalogiques de la croyance religieuse considérée comme une invention anthropomorphique aliénante : l'idolâtrie de l'humanité (Feuerbach), le culte de la société (Durkheim), l'idéologie d'une classe (Marx), la haine ascétique du monde (Nietzsche), la mise en jeu du conflit névrotique inconscient (Freud) et le lynchage sacrificiel (René Girard). Enfin on s'interroge sur les formes de survie possibles de la croyance aujourd'hui : les dérives fanatiques religieuses d'un rationalisme mal compris (nazisme, stalinisme, maoïsme etc.) ou une « religion de l'humanité » célébrant ce qui, en l'homme, mérite d'être vénéré, à savoir sa raison. On peut alors revenir aux grandes religions et aux débats du moment (sur le mariage des prêtres, le vêtement féminin, les tabous alimentaires etc.) pour tenter d'y déceler, sous la gangue de la pensée émotionnelle archaïque qui les domine encore plus ou moins, cette affirmation de l'universel humain que la raison philosophique dégage par ailleurs.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER28,01 € -

Nietzsche et la question du moi. Pour une nouvelle approche psychanalytique des instances idéales
Ponnier JacquesPris entre l'obsolète scolastique lacanienne et une clinique sans métapsychologie, nous devons recommencer d'urgence à penser. La psychanalyse dite " appliquée ", en l'espèce au philosophe F. Nietzsche, permet de reposer la question des instances idéales, et, plus généralement, du narcissisme, qui doit devenir le nouveau schibboleth de la psychanalyse. Encore faut-il ignorer les simplismes en usage : Nietzsche, père de notre perspectivisme béat, apôtre du " corps " et inspirateur des " héros modernes " pourfendant l'Eglise plus d'un siècle après la bataille, c'est cela qui désormais donne la nausée ! Rendue à sa complexité par une lecture diachronique, l'œuvre révèle un philosophe hanté par le conflit entre le désir d'être soi et l'exigence contraire, pour ce faire, de se conformer à un idéal que l'autre introduit en nous par une séduction narcissique. Dès lors alternent des insights fulgurants sur le double mouvement de dilatation et de rétraction des frontières d'un moi séduit pensé comme une vésicule chargée de pulsion et l'affirmation défensive d'une " volonté de puissance " dionysiaque innée à laquelle le penseur finira par s'identifier, franchissant le seuil de la psychose. Victime sans le savoir des excès de la séduction narcissique qu'il dénonçait, Nietzsche a méconnu les principes d'une " gestion " de l'idéal qu'il avait pourtant aperçus : matière à réfléchir pour une psychanalyse à la vocation métapsychologique relancée.Sur commande en 6-8 joursCOMMANDER24,50 €
Du même éditeur
-

Droit des aides publiques aux entreprises
Cartier-Bresson Anémone ; Labrusse-Riou CatherineApproche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entrepriseSur commande en 4-6 joursCOMMANDER32,00 € -

Les crises du logement
Driant Jean-Claude ; Madec PierreLe marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER9,50 € -

L'engagement rationaliste
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem GePour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER16,00 € -

Actuel Marx N° 68, deuxième semestre 2020 : Nation(s)
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER24,99 €
De la même catégorie
-

Nietzsche et la race
Launay Marc deHitler rend visite en 1932 à la soeur de Nietzsche qui règne à Weimar sur les archives de son frère ; Mussolini, devenu fasciste, subventionne l'entreprise d'édition de ses oeuvres : est-ce à dire que le philosophe, qui meurt en 1900, mais dont l'oeuvre s'arrête en 1889, a pu contribuer à l'apparition du fascisme et du nazisme, alimenter leur propagande et soutenir leur idéologie raciste ? Les faits nous apprennent au contraire que les efforts des nazis pour l'enrôler ont été vains, et que les Archives Nietzsche sont même passées à la trappe dès la déclaration du conflit. La "volonté de puissance" justifie-t-elle la formation d'une hiérarchie des valeurs qui exigerait une "race forte" pour s'imposer ? N'y a-t-il pas chez Nietzsche une exaltation de la force, de la guerre, de la "barbarie" créatrice ? Sa critique de la pitié, de la compassion pour tous les êtres vulnérables ne fait aucun doute. Pourtant, il s'oppose à tous les nationalismes comme à l'Etat ou aux masses. La plupart des courants et tendances du XXe siècle se sont réclamés de la pensée du philosophe. Dans ce livre, Marc de Launay rappelle que Nietzsche espère la venue des esprits libres affranchis des phobies raciales.Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER20,00 € -

L'art d'avoir toujours raison. Suivi de La lecture et les livres et Penseurs personnels
Schopenhauer Arthur - Florea Hélène - Dietrich AugVous avez tort mais refusez de l'admettre ? Avec perspicacité et humour, ce petit précis recense et analyse stratagèmes et ruses pour sortir vainqueur de tout débat, dispute ou joute verbale. Pour le plaisir des amoureux de la contradiction, Schopenhauer se livre à une savoureuse réflexion sur le langage et la dialectique. Ces précieux conseils, sarcastiques, sont suivis de deux essais tout aussi incisifs sur la pensée et la lecture : les livres nourrissent-ils notre réflexion, ou nous empêchent-ils de penser par nous-mêmes ?Sur commande en 6-10 joursCOMMANDER2,00 € -

Aphorismes et insultes
Schopenhauer Arthur - Raymond DidierAphorismes et Insultes présente la pensée de Schopenhauer sous ses modes d'expression favoris : l'insulte, l'apostrophe, l'imprécation. Aphorismes et Insultes présente la pensée de Schopenhauer sous ses modes d'expression favoris : l'insulte, l'apostrophe, l'imprécation. On verra que, derrière la drôlerie apparente de ce choix d'insultes, perce la pensée sombre du philosophe sur les hommes et sur le monde. Sa gaieté de façade, relayée à chaque instant par le rire, un rire exterminateur, ne doit pas nous faire oublier le désespoir inguérissable du grand pessimiste.EpuiséVOIR PRODUIT9,00 € -

Ainsi parlait Zarathoustra. Un livre pour tous et pour personne
Nietzsche FriedrichAinsi parlait Zarathoustra est une oeuvre philosophique magistrale. Elle a bouleversé la pensée de l'Occident. « Nietzsche démolit, il sape », disait Gide. Il remet définitivement l'homme en question. Poète-prophète, Zarathoustra se retire dans la montagne et revient parmi les hommes pour leur parler. Sa leçon essentielle : « Vouloir libère. » Son leitmotiv : rejeter ce qui n'est pas voulu, conquis comme tel, tout ce qui est subi. C'est le sens du fameux : « Deviens celui que tu es. » La vertu est souvent le droit du plus faible, elle paralyse tout, désir, création et joie. Le surhomme nietzschéen est celui qui a la plus grande diversité d'instincts qui s'opposent puissamment mais qu'il maîtrise. La pensée de Nietzsche est un défi permanent. Elle échappe à tout système politique.La ferveur de sa poésie, sa vigoureuse drôlerie ont donné à Nietzsche une célébrité universelle. Nos contemporains n'ont le choix qu'entre lui et Marx.En stockCOMMANDER5,60 €
