L'essence de ce livre repose sur deux axes primordiaux qui sont la théorie de la néoténie linguistique de Samir Bajric, intitulée également "? théorie du locuteur inachevé? " et l'étude de cas des locuteurs iraniens et chypriotes. L'interdépendance de ces deux axes est une réalité qui régit ce livre dans la mesure d'utiliser les outils théoriques pour examiner le cas des locuteurs iraniens et chypriotes. Langue in esse, langue in fieri et langue in posse avec les termes locuteur confirmé et locuteur non confirmé, forment l'essence de la théorie de la néoténie linguistique et sont essentiels pour celui qui souhaite comprendre ce modèle interprétatif. La notion du vouloir-dire, une notion non moins essentielle, qui renvoie à tout ce que la langue oblige à dire, mais aussi à taire est également analysée avec une autre notion intitulée : comportement linguistique. Ce livre rend hommage à Samir Bajric, le théoricien de la néoténie linguistique qui a tracé un nouveau paysage dans la perspective de la linguistique cognitive et dont la pensée a apporté aux sciences du langage une plus grande fécondité épistémologique au cours des vingt dernières années en France.
Partant de la néoténie linguistique développée par Samir Bajric, définie comme la théorie du locuteur inachevé, dans laquelle les dénominations usuelles sont remplacées par les nouvelles appellations, cet ouvrage propose une nouvelle interprétation par rapport au bilinguisme. L'ordre déjà établi par une langue chez le locuteur bilingue n'est plus stable lors de l'insertion d'une deuxième langue. Entre la langue et l'identité, il existe une interdépendance. Donc, la concurrence non égalitaire se révèle entre les deux langues et l'identité du locuteur bilingue. Le bilingue français-persan, ayant immigré dans un territoire francophone à l'âge linguistiquement adulte, tâche d'insérer un autre système de comportements linguistiques, une autre manière d'être, dans un espace cognitif qui n'éprouve pas le besoin de continuer pour fonctionner normalement. Ainsi, il s'affranchit du monolinguisme persanophone, et de sa spécialisation naturelle, et opte pour le bilinguisme français-persan. Les chapitres concernés offrent un panorama satisfaisant, non dépourvu de précisions utilitaires censées apporter aux lecteurs non connaisseurs de la langue-culture persane et de l'Iran un complément d'information. Cette disposition contribue à la qualité du livre. Les nombreux éléments psycholinguistiques et sociolinguistiques dont l'ouvrage est doté alimentent l'étude du bilinguisme en néoténie linguistique.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...