Le rire du Mômo. Antonin Artaud et la littérature anglo-américaine
Pollock Jonathan
KIME
25,40 €
Epuisé
EAN :9782841742820
Dans le seul domaine anglais Artaud mentionne, traduit, adapte ou commente Shakespeare, Kyd, Tourneur, Webster, Jonson, Ford, Poe, Carroll, Chesterton, Wells, Stevenson, Chaucer, Southwell, Rossetti, Keats, Shaw, Wilde, Butler, Conrad, Byron, Shelley, Blake, Hawthorne, Melville, Faulkner, Lawrence, Fludd, Lewis, De Quincey, Coleridge et Synge. Il n'est guère étonnant, alors, que la manière dont Artaud conçoit et pratique l'humour relève de l'humour tel que les Anglais l'ont défini et illustré. Si l'examen de ses sources nous aide à mieux comprendre les conceptions et les réalisations d'Artaud, celles-ci nous incitent également à relire les ?uvres anglaises en question. Car Artaud a su repérer le moment inaugural d'une histoire dont il constitue en quelque sorte l'aboutissement. C'est dans l'?uvre indissolublement théorique et pratique d'Antonin Artaud que s'accomplit la pleine réalisation de ce quelque chose qu'il appelle " humour " et qui avait reçu cette dénomination sur les planches du théâtre élisabéthain. Lorsque Artaud s'arroge le sobriquet mômo, il chausse les brodequins du fool shakespearien par qui en premier la saute d'humeur s'est transformée en saillie d'humour. L'?uvre d'Artaud nous permet de comprendre, par un effet de retour, non seulement l'effectuation de l'humour dans le roman gothique (Lewis), la nouvelle fantastique (Poe) ou le nonsense carrollien, mais aussi son évolution sémantique. Artaud laisse à penser que le mouvement de bascule humeur-humour n'est pas le seul produit des aléas historico-linguistiques, ni simplement un processus sémantique de type métaphorique, mais le résultat de la désarticulation de deux dimensions propositionnelles autour d'un seul et même sens.
Nombre de pages
256
Date de parution
04/10/2002
Poids
344g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841742820
Titre
Le rire du Mômo. Antonin Artaud et la littérature anglo-américaine
Auteur
Pollock Jonathan
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
344
Date de parution
20021004
Nombre de pages
256,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le Moine de Matthew Lewis existe en français sous deux formes : la traduction littérale, mais déjà ancienne, de Léon de Wailly, et la "copie" qu'en fit Antonin Artaud au début des années 1930. Plus encore que les traductions de Poe par Baudelaire, Le Moine d'Artaud constitue une oeuvre personnelle, revendiquée comme telle : "C'est assez différent de tout ce que j'ai fait à ce jour", écrit-il à Jean Paulhan le 16 septembre 1930, "et cela demeure, je crois, très personnel, et même assez curieusement personnel" (VI, 317). Il est d'autant plus curieux, alors, qu'à la différence de l'énorme quantité de textes critiques générés par le livre original, le seul roman qu'Artaud ait jamais écrit - ne fût-ce qu'en en "copiant" un autre - n'a retenu l'attention d'aucun des spécialistes de son oeuvre. La présente étude devra contribuer à résorber ce vide critique." Jonathan Pollock.
En quoi l'humour diffère-t-il des notions avoisinantes de satire, esprit et ironie ? Se prête-t-il à une élaboration conceptuelle ? Peut-on lui assigner des procédés rhétoriques propres ou, tout au moins, circonscrire à ses effets ? Et même si l'histoire du mot ne saurait résumer l'histoire de la chose, y a-t-il un lien entre l'humour et son étymon latin humor ... C'est dans la langue et la littérature anglaises du XVIIe siècle que ce type spécial de drôlerie reçoit l'appellation humour. Le mot s'y trouve écartelé entre son ancien sens de fluide corporel (" humeur ") et son sens nouveau ; mais bien que ce dernier prédomine aujourd'hui, la composante humorale occultée continue d'?uvrer subrepticement contre toute assimilation d'humour au comique en général. Que doit-on penser de cet ancrage étymologique de l'humour dans le domaine médical ...
Extrait de l'introductionAprès avoir reçu une pomme sur la tète, combien de représentations erronées Newton dut-il écarter avant de formuler sa théorie de la gravitation? Et une fois écartées des sciences de la nature, que devinrent ces représentations désormais considérées comme «fantaisistes»? Plus généralement, que deviennent les idées périmées de la physique? Où sont passés les paradigmes scientifiques d'antan? Se volatilisent-ils comme ces «choses transitoires et vaines» dont parle John Milton dans son Paradis perdu, lesquelles, «emportées en trombe,/ Survolent le derrière du monde au loin/ Et se perdent dans des limbes larges et profonds»? Ou bien trouvent-ils asile dans d'autres domaines de l'activité humaine? L'allusion au «backside of the world» chez Milton le dit bien: il est question du traitement des déchets.Soit l'hypothèse suivante: la littérature, et plus généralement la pensée mythique sous toutes ses formes, s'élabore à partir des rebuts de la pensée scientifique, un peu à la manière dont les superstitions et le folklore amalgament les résidus des anciennes religions. Nous sommes loin de l'âge d'or présocratique, lorsque science et poésie ne se distinguaient pas encore et que la physique s'écrivait en vers. Même le penseur à qui l'on impute la distinction fondatrice entre une parole qui épouserait les contours du réel et une parole fabuleuse, frauduleuse, sophistique, faite de prestige et d'esbroufe, savait faire cohabiter science et mythe; car, tout compte fait, «les Dialogues de Platon sont de petits romans bizarres».
Il est difficile d'envisager une oeuvre plus éclatée, plus ouverte, plus disparate, dans son contenu comme dans son expression, que Les Cantos d'Ezra Pound; et pourtant cet ensemble est considéré comme le recueil poétique le plus important du XXe siècle. Rédigés entre 1915 et 1966, les poèmes qui le composent chantent l'épopée de " la tribu humaine ", tout en acclimatant l'objectivisme et le concrétisme en poésie. Pour aider le lecteur français à s'orienter dans cette oeuvre immense, Jonathan Pollock replace Les Cantos dans le mouvement vorticiste. A la veille de la première guerre mondiale, cette avant-garde londonienne avait fait du tourbillon, ou vortex, le principe central de son esthétique. De fait, si la réunion de tous les canti en un seul volume peut donner l'illusion d'une construction unifiée, en réalité aucune armature structurelle ne fait tenir Les Cantos: ils se maintiennent eux-mêmes à travers la dispersion de leurs éléments, à la manière d'un cyclone, en détruisant toute l'histoire de la poésie sur leur passage...
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.