Les Cahiers de la Sauvegarde de l'Art français ont derrière eux une histoire déjà longue. Le premier volume a paru en 1979, sept ans après la mort de la marquise de Maillé. On sait que celle-ci avait institué pour légataire universelle la Sauvegarde de l'Art français, à charge de consacrer les fonds ainsi dévolus à poursuivre son oeuvre au service du patrimoine1. Le général de Cossé-Brissac, son successeur à la présidence de l'association, et Jean Hubert, qu'elle avait désigné pour le choix des édifices à aider, se préoccupèrent d'une publication régulière destinée à rendre compte de l'activité de la Sauvegarde et à faire connaître ses réalisations auprès d'un public plus large que celui des assemblées générales annuelles. Aidés par Jacques Thirion, ils rédigèrent eux-mêmes les premières notices se rapportant aux églises restaurées et, pour l'illustration, ils s'adjoignirent Françoise Bercé. S'il s'inscrit dans cette ligne originelle, le vingt-septième Cahier n'en témoigne pas moins des transformations qui, au cours des dernières années, ont marqué l'histoire d'une Sauvegarde de l'Art français promue au rang de fondation. La politique menée par le président en quête de ressources nouvelles a, en effet, permis d'élargir le champ d'action à des entreprises jusque-là exclues par les dispositions testamentaires de la marquise de Maillé et de les mener en toute indépendance financière. Dans leur grande majorité, les notices qui vont suivre concernent des églises répondant aux critères d'éligibilité précisés dans le texte du legs, et des travaux alimentés par les fonds propres à ce dernier. Mais on rencontrera aussi des interventions sur des édifices classés monuments historiques ou postérieurs au xviiie siècle, ainsi que sur des objets mobiliers : ces chantiers ont bénéficié d'apports extérieurs (grands donateurs, dons spécifiques, mécénat, programmes du "Plus grand musée de France" ...) et de l'expertise de la Sauvegarde. Deux monographies ouvrent ce Cahier. Elles serviront d'exemple pour montrer comment, par les observations et les réflexions qu'elles suscitent, des opérations de sauvegarde ou de sauvetage contribuent aux avancées des méthodes et des recherches tant historiques qu'archéologiques. "Une promenade dans toute la France - et un peu aussi dans le passé" , c'était ce que le général de Cossé-Brissac proposait aux lecteurs du premier Cahier. Depuis, la "promenade" s'est poursuivie et s'est largement étoffée. Cette année, toutefois, son déroulement connaît une modification : le regroupement des communes par département va remplacer leur présentation dans l'ordre alphabétique. Toute option de classement est certes arbitraire, mais on peut espérer que la nouvelle disposition facilitera la consultation, aidera à mieux situer les édifices dans leur environnement - géographique, historique, artistique... -, permettra d'éva- luer plus clairement récurrences et spécificités, voire de renouveler certaines perspectives. Les lieux de culte représentent l'objet essentiel des notices de ce Cahier. Sur la longue durée, leur vie s'est trouvée tributaire de facteurs divers et de leurs variantes locales. L'on pourra donc, d'un département à l'autre et à l'échelle de l'échantillon fourni, apprécier la part des éléments qui la nourrissent : héritages d'un passé lointain ou légendaire (sites gallo-romains, traditions locales) ; ressources du sol (matériau utilisé dans la construction) ; mise en place du réseau paroissial (apport du bâti pour sa connaissance) ; rôle des détenteurs de pouvoir, ecclésiastiques ou laïques (dépendances d'abbayes ou de chapitres, initiatives ou influences seigneuriales, générosité privée) ; pratiques de dévotion (chapelles) ; périodes de réfection ou de reconstruction architecturales (lien avec les événements de l'histoire, guerres en particulier, mais aussi avec l'évolution des conditions économiques, démographiques, sociales, ou tout simplement du goût) et, bien entendu, voisinages et échanges artistiques, sans oublier la place du mobilier. C'est ainsi que, par chaque opération de sauvetage ou de rénovation, la Sauvegarde de l'Art français participe, à sa manière, à la survie d'un peu de l'histoire du pays. Puisse ce vingt-septième Cahier en apporter une fois de plus le témoignage.
Nombre de pages
411
Date de parution
21/09/2019
Poids
1 000g
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EAN
9789461615619
Titre
La Sauvegarde de l'art français. Aide aux églises rurales, Edition 2019
Figure incontournable de l'histoire de l'art français, acteur central des chantiers et des polémiques du XIXe siècle associés aux restaurations, achèvements et re-créations des monuments historiques français, Viollet-le-Duc traverse le siècle de sa présence géniale et controversée. Si de nombreux ouvrages ont été publiés sur son oeuvre, aucun n'offre une étude complète du personnage en croisant à la fois sa vie et ses réalisations. Les auteurs se sont livrés à un travail dense à partir de nombreuses sources et tentent de montrer les aspects novateurs et souvent critiqués de l'oeuvre du personnage, ainsi que les liens de cette oeuvre avec une vie privée mouvementée et des rapports ambigus avec le pouvoir. C'est là toute l'ambiguïté de ce travail, que de croiser autant. que possible la vie privée et la vie publique de Viollet-le-Duc. Suivant son parcours son enfance, ses études, son mariage, sa carrière, ses amitiés, ses ennemis, ses projets, ses chantiers, ses publications les auteurs dressent un portrait vivant et d'une extrême richesse d'un des acteurs majeurs de la réhabilitation de l'architecture gothique en France. Leurs regards de spécialistes permettent une mise en perspective et des jugements éclairés sur les prises de position ou les réalisations de Viollet-le-Duc, restaurations, constructions, écrits. Les cathédrales de Reims, d'Amiens, la Madeleine de Vézelay, Notre-Dame de Paris, la. basilique de Saint-Denis, Saint-Sernin de Toulouse, les châteaux de Pierrefonds, de Coucy ; d'Eu, la Cité de Carcassonne, les remparts d'Avignon, qui portent la marque de l'infatigable Viollet-le-Duc, leur offrent l'occasion de réflexions stimulantes sur la question de la restauration des monuments anciens, comme sur la place de l'architecture et de l'histoire dans le grand XIXe siècle.
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