L'injustice en héritage. Repenser la transmission du patrimoine
Plouviez Mélanie
LA DECOUVERTE
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EAN :9782348078804
Depuis les années 1970, les inégalités de patrimoine ne cessent de se creuser. L'héritage en est en grande partie responsable : un petit nombre hérite aujourd'hui de beaucoup tandis que la majorité hérite de peu. Est-il juste que notre destin soit déterminé par la fortune ? ou l'infortune ? de nos parents ? Est-il même efficace que la richesse se transmette héréditairement ? Ces questions anciennes sont de nouveau brûlantes d'actualité.De là l'importance de ce livre qui exhume les pensées oubliées de l'héritage, depuis la Révolution française jusqu'à l'orée du XXe siècle. Pensées oubliées mais pensées lumineuses qui posent des questions essentielles. L'héritage va-t-il de soi ? Et, si ce n'est pas le cas, que penser à sa place ? Au XIXe siècle, la question de l'héritage était sur toutes les lèvres. Étudiée, interrogée, contestée, la transmission familiale du patrimoine faisait l'objet de multiples projets de réforme ou de transformation radicale.Certains, à l'instar de Merlin de Douai, de Mirabeau, de Robespierre, d'Agier, de Fichte, des saint-simoniens ou encore de Durkheim, comprirent que cette institution pouvait être retournée contre elle-même. L'héritage, au lieu de propager l'inégalité de génération en génération, ne pourrait-il pas devenir un instrument de justice sociale ...Grâce à cette passionnante enquête philosophique, Mélanie Plouviez nous invite à tirer pour aujourd'hui les leçons de ces réflexions ensevelies. Car il est urgent, insiste-t-elle, de repenser l'articulation entre la propriété privée et l'intérêt général.Table des matières : Introduction. Le retour de l'héritageLa transmission des inégalitésLes reculs de la fiscalité successoraleL'héritage au XIXe siècle, une question omniprésenteDes perspectives multiplesDes propositions radicalesAu coeur de la question socialeRouvrir les possibles de l'héritageI. À LA RECHERCHE DE LA JUSTICE SOCIALE.LA RÉFORME DE L'HÉRITAGE SOUS LA RÉVOLUTION FRANÇAISEChapitre 1. L'égalité successorale entre enfants. Mirabeau contre le " despotisme testamentaire "Comment réaliser l'égalité parfaite : la loi de nivôse (janvier 1794)Les déshérités de l'Ancien Régime : les filles, les cadets, les enfantsnaturels, les religieux ?; Égalité vs liberté successorales ?; Égalité pour l'avenir, égalité pour le passéLe discours sur l'égalité des partages de Mirabeau (avril 1791)Le " dernier soupir " de Mirabeau ?; Les dispositions volontaires, restes intériorisés de féodalitéTransmettre et hériter, des droits de l'homme ...Le droit de disposer des pères, un droit civil limité ?; Le droit d'hérédité, un droit naturelLes reculs de l'égalité parfaite : l'égalité successorale limitée du code civilChapitre 2. L'égalité successorale entre citoyens. Merlin de Douai et l'abolition de la féodalitéLa féodalité, un mode de propriétéLes biens nobles ?; Propriété directe et propriété utile ?; Propriété et souveraineté ?; La tenureAbolir la succession féodaleDénaturer les biens nobles ?; Abolir le droit de primogéniture mâle ?; La difficile dénaturation de la succession féodale ?; Héritage et régime politiqueLa constitutionnalisation de la question successoraleL'égalité successorale, condition adjuvante de l'égalité politique ?; Le droit successoral, le plus constitutionnel des droits civilsLes restaurations de la primogéniture au XIXe sièclePremier acte : les majorats napoléoniens ?; Second acte : l'hérédité de la pairieChapitre 3. L'égalité successorale comme égalité sociale. Robespierre et la réduction des inégalités de fortuneDiviser les fortunesÀ droite de la Constituante : lutter contre le morcellement des propriétésContre l'égalité mathématique ?; Contre le morcellement des propriétés ?; Le spectre de la loi agraireÀ gauche de la Constituante : réduire l'extrême disproportion des fortunesAvec Mirabeau ?; Robespierre contre Mirabeau : l'égalité sociale ?; L'intérêt public, norme des partages successoraux ?; Égaliser les fortunes par " des lois douces et efficaces "La loi de nivôse ou comment égaliser grâce à la mortPrincipe de l'unité du patrimoine ?; Dévolution descendante ?; La dévolution par parentèle ?; Le principe de la hiérarchie des parentèles ?; La transmission du patrimoine vers les jeunes générations ?; La multiplication du nombre des héritiers ?; La circulation du patrimoine entre les familles alliéesPourquoi égaliser grâce au droit successoralLoi successorale et loi agraire ?; Droit successoral et fiscalité successoraleChapitre 4. Changer la famille, réinventer l'héritage. La surprenante proposition d'Agier : l'adoption obligatoireLa proposition de loi de Pierre Jean AgierHéritage et démographie : les effets inégalitaires du partage égalLes parents pauvresLes préjugés féodaux contre l'adoptionAdoption obligatoire vs loi agraire" Dans le sein de la grande famille "II. VERS LE SOCIALISME DE TRANSMISSION.RÉFLEXIONS SUR L'ABOLITION DE L'HÉRITAGE FAMILIAL AU XIXe SIÈCLEChapitre 5. L'État héritier. La propriété et sa transmission chez FichteChacun héritier de tous. (Considérations sur la Révolution française)A-t-on le droit de faire la Révolution ? Fichte contre Rehberg ?; L'inappropriable, l'appropriable, la propriété ?; Les antinomies de la propriété ?; Propriété et temps de vie ?; Travail et héritage : Fichte, Locke, Filmer ?; La faille logique du droit naturel de transmettre : Fichte, Rousseau, Pufendorf ?; L'humanité héritière ?; La convention sociale d'hérédité ?; La famille réduite à la proximité spatiale : Hegel contre Fichte ?; Une théorie anarchiste de l'héritage opposableL'État, héritier de la propriété-activité . (La Doctrine du droit de 1812)La doctrine de l'héritage ?; De la propriété-chose à la propriété-activité ?; Propriété relative et propriété absolue ?; Héritage et État socialiste ?; Héritage et État social ?; Socialisme et propriété individuelle ?; Socialisme et propriété familialeChapitre 6. Fin de l'héritage, tous successeurs. La capacité contre l'hérédité chez les saint-simoniensL'héritage, tunique de Nessus de la Révolution françaiseLe partage successoral égal, reste de féodalité ?; Mirabeau terrassé ?; Les contradictions révolutionnaires sur l'héritageL'héritage, brevet d'oisivetéLes travailleurs et les oisifs ?; L'exploitation comme sur-position ?; Le droit successoral, un droit du plus fort ?; " À chacun selon sa capacité, à chaque capacité selon ses oeuvres, plus d'héritage ! "Reconfigurations de la propriétéDe la propriété individuelle à la propriété sociale ?; La propriété individuelle, concession de la propriété sociale le temps d'une vie ?; Propriété-chose et propriétéfonction ?; Tous propriétaires-fonctionnaires, ou la propriété-responsabilité ?; Hériter, c'est remplacerChapitre 7. Que les morts cotisent ! Héritage et démocratie sociale selon DurkheimL'héritage familial moderne, une monstruosité sociologiqueDurkheim et la famille ?; La loi de contraction familiale ?; Le communisme familial ?; L'inaliénabilité de la propriété familiale élémentaire ?; De l'héritage collectif à l'héritage individuel ?; La mort comme dévoilement de la nature sociale de la propriété ?; Le droit successoral comme droit de copropriété familiale ?; L'héritage moderne comme archaïsmeLe transfert de l'héritage familial au groupement professionnelQuelle instance légataire ? Ni la famille ni l'État ?; Le choix de la profession ?; La profession organisée démocratiquement ?; La profession détentrice des moyens de production ?; Réglementer le travail ?; Démocratiser l'économieFinancer la protection sociale par l'héritageUne contribution obligatoire ?; Des droits sociaux universels contre la logique assistancielle ?; Un paritarisme professionnel ?; L'héritage comme cotisation sociale post mortemConclusion. Socialiser l'héritageUne réalité plurielleL'héritage va-t-il de soi ...Le droit successoral reconsidéréL'héritage au travailAbolition de l'héritage familial et État socialCe que nous laissons aux générations futuresGlossaireIndex des auteurs citésNotesRemerciements.
C'est en s'opposant aux prénotions du sens commun et aux abstractions de la philosophie qu'Emile Durkheim fonde la sociologie dans sa rigueur scientifique. Pour autant, il n'invente pas un nouveau langage. Au contraire, il infléchit et renouvelle le sens des concepts existants afin de constituer le vocabulaire spécifique d'une nouvelle science qui apporte une résolution inédite aux problèmes classiques de la philosophie. C'est ce déplacement propre aux concepts durkheimiens que ce Vocabulaire a pour ambition de détailler. Au regard de sa postérité, la réforme durkheimienne du langage a réussi. Repris et discuté par l'école durkheimienne (Mauss, Halbwachs, Lévy-Bruhl...), réapproprié par les grands courants des sciences sociales au XXe siècle (Lévi-Strauss, Parsons, Goffman, Bourdieu...), le vocabulaire de Durkheim s'est institutionnalisé au point de constituer, aujourd'hui encore, le lexique fondamental de la sociologie. Revenir aux textes en parcourant les interprétations successives qui en ont été données, tel est le second objectif de ce Vocabulaire de Durkheim. Ce Vocabulaire entend être un guide destiné au lecteur de Durkheim, qu'il soit philosophe ou sociologue, néophyte ou averti.
Le huitième volume de Droit et Philosophie comprend les actes du colloque que l'Institut Villey a organisé en octobre 2014 en hommage à Michel Villey, pour le centenaire de sa naissance. Il contient également les actes du cycle de conférences données par Benoît Frydman dans le cadre de la Chaire Villey 2015, intitulé "Les métamorphoses d'Antigone". Un article de Véronique Champeil-Desplats sur la question du rapport du positivisme aux droits de l'homme au prisme des conceptions de Kelsen et Bobbio complète cette publication.
Dans une perspective diachronique et transnationale, il s?agit de proposer une nouvelle lecture de la place et du rôle des colonies dans les systèmes de défense des principales puissances impériales. Territoires plus ou moins éloignés de la métropole, pièces maîtresses dans la politique économique et de domination des puissances impériales, les colonies ont bénéficié d?un investissement stratégique pour les protéger d?incursions ennemis ou, le cas échéant, de servir de poste avancé à l?action militaire. Dans ce contexte, ces espaces n?ont donc pas été uniquement de simples remparts opposés à une puissance étrangère mais également des bases, ou des relais, pour mondialiser les conflits. Par ailleurs, dès lors que les colonies ont pu être des points d?appuis pour étendre la guerre aux confins du monde, ce furent elles-mêmes des territoires soumis aux opérations militaires.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Edward T. Hall a montré, dans La Dimension cachée, que l'espace interpersonnel est une dimension de la culture. Le Langage silencieux avait conduit cette réflexion sur d'autres systèmes du même genre, et notamment le temps. Qu'est-ce qu'être en retard? qu'est-ce qu'attendre? par exemple. Le message exprimé là est différent selon qu'il vient d'un Européen, d'un Américain ou d'un Japonais. Ainsi le temps et, plus largement, la culture, sont-ils communication, autant que la communication est culturelle. Communication qui cache plus de choses qu'à première vue elle n'en révèle. A travers de nombreux exemples aussi précis que souvent cocasses, Edward T. Hall développe ainsi la théorie des systèmes de communication non verbaux.
Betty s'efforce de vivre mais, à la nuit tombée, elle se cache et boit pour oublier la mort de son mari, Simon, et pour se souvenir de sa mère. Elle s'abrutit et s'effondre. Dans sa quête de la vérité, les images reviennent peu à peu. Des clichés tendres de l'enfance, une mère trop belle pour être vraie, des souliers rouges... et cette question lancinante : " Elle est où, maman ? " Cathy Galliègue aborde dans Et boire ma vie jusqu'à l'oubli un sujet tabou, celui de l'alcoolisme féminin, et nous offre un roman sans filtre sur la mémoire et le deuil, un diamant brut plein d'humanité et d'espoir. Après une carrière dans l'industrie pharmaceutique en France, elle est partie vivre en Guyane, où elle a animé pendant un saison une émission quotidienne littéraire sur la chaîne Guyane1ère et où elle se consacre désormais à l'écriture. Son premier roman, La nuit, je mens (Albin Michel, 2017), a remporté un succès d'estime, il est sélectionné pour le Prix Senghor 2018. Et boire ma vie jusqu'à l'oubli est son deuxième roman.
Quel est le point commun entre Hunger Games et les suffragettes ? Alexandria Ocasio-Cortez et la réception du film Aladdin ? Le placement forcé des enfants autochtones et la vidéo virale de BBQ Becky ... Réponse : leur analyse politique et socio-culturelle permet de retracer une histoire occultée, celle de la complicité des femmes blanches dans la perpétuation du système raciste et suprémaciste blanc. Des plantations esclavagistes aux colonies jusque dans les couloirs des entreprises aujourd'hui, voici une démonstration implacable que la blanchité est toujours passée avant la sororité. Et qu'il serait temps, pour les femmes blanches, d??uvrer à devenir de véritables alliées. Ruby Hamad est journaliste et universitaire. Son article « Comment les femmes blanches utilisent stratégiquement leurs larmes pour faire taire les femmes de couleur », paru dans le Guardian en 2018, a provoqué des débats à l'échelle mondiale. Dans ce livre dérangeant, salué dès sa parution en Australie comme un classique des bibliothèques féministes, elle déconstruit avec brio le mythe de l'innocence blanche. C'est une claque et une lecture obligée, notamment pour quiconque se réclame du féminisme intersectionnel. Préfacé par Kaoutar Harchi Vous reversez 1 euro à l'UNRWA pour les réfugié·es palestinien·nes