Jugé indispensable par les Grecs, puis par les Romains, remis en avant par Michel Foucault et la notion de " souci de soi ", l'otium, ce temps nécessaire à la réflexion sur le monde et sur soi si nécessaire en ces périodes de grande confusion, paraît plus actuel que jamais. Aujourd'hui, tout s'accélère et nous agrippe dans un rythme devenu fou. Le temps de la réflexion est le grand sacrifié de ce nouveau chaos. Jugé avec les critères de la productivité, il passe pour un luxe inutile. Nous le vaporisons donc allègrement dans les interminables séances de scrolling qui vampirisent nos loisirs. Addicts au shoot émotionnel des écrans, nous dépensons désormais sans compter notre temps de cerveau disponible. Comment nous désintoxiquer de ce nouvel opium ? Comment refaire du temps libre un havre où, à nouveau, réfléchir, imaginer, contempler, comprendre ? Décisives pour notre autonomie, ces facultés ne doivent plus être la part superflue de l'existence. Loin d'être réduit, comme souvent, à l'oisiveté, le loisir pourrait ainsi se refonder sur l'otium - le " loisir fécond " que la pensée antique hissait au sommet des activités humaines. Prodigieux espace d'invention existentielle, ce temps libéré des urgences et des calculs, permettait à ses bénéficiaires la quête du for intérieur, de la sagesse, du bien commun. Le moment semble venu de nous réapproprier cet usage émancipateur et responsable du temps libre. Révélant sa profonde actualité, Bourdieu considérait le loisir fécond comme une possibilité anthropologique universelle et, Foucault, comme l'outil d'un souci de soi soucieux d'autrui. Longtemps réservé à quelques-uns, l'otium pourrait bien être le mot capable de traduire ce désir éperdu de durée et de profondeur qui saisit parfois nos errances digitales. Après des siècles d'oubli, il pourrait enfin devenir l'otium de tous, l'otium du peuple.
Nombre de pages
83
Date de parution
18/01/2024
Poids
94g
Largeur
124mm
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EAN
9782361068585
Titre
L'otium du peuple. A la reconquête du temps libre
Auteur
Pire Jean-Miguel
Editeur
SCIENCES HUMAIN
Largeur
124
Poids
94
Date de parution
20240118
Nombre de pages
83,00 €
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De 1830 à 1848, la monarchie de Juillet met en oeuvre une série de réformes dans le domaine de l'instruction, des arts, du patrimoine, des sciences, qui traduisent un volontarisme nouveau par son ampleur et sa cohérence. Acteur et théoricien principal de cette innovation, François Guizot pose les bases de ce que, plus tard, Paul Valéry appellera " la politique de l'esprit ". Désormais revêtues d'une importance inédite dans l'action gouvernementale, l'intelligence, la connaissance, la raison, commencent à s'imposer comme les leviers de l'émancipation individuelle et de la prospérité collective. Deux siècles plus tard, la confiscation digitale de notre " temps de cerveau disponible " et le développement incontrôlé de l'IA, nous menacent d'une servitude jamais vue dans l'histoire du monde. Pour affronter ce péril existentiel, la société démocratique doit renouer d'urgence avec la politique de l'esprit. En éclairant les origines méconnues de celle-ci, ce livre montre que le sort réservé à l'éducation, la culture et la science, est intimement lié au destin de la démocratie. Si nous voulons rester libres, libres de nous éclairer, nous n'avons pas d'autre choix que de replacer l'effort de connaissance et de vérité au coeur de notre ambition.
La vérité suprême de la vie est dans l'art", écrit Proust. Au pays de Descartes, une telle idée demeure assez méprisée. Le positivisme radical du XIXe siècle a réduit au supplément d'âme tout ce qui s'écarte de la science. Les oeuvres d'art sont pourtant essentielles dans la quête du sens, des valeurs et de la liberté. De Condorcet à Malraux, la République considère d'ailleurs leur transmission comme une obligation majeure. L'accès de chacun à l'art y représente une condition de la citoyenneté. Legs de 1789, le musée incarne particulièrement ce lien entre l'art et la démocratie. Alors que dominent aujourd'hui la dématérialisation, le marché et l'atomisation des individus, il perpétue les conditions d'une rencontre authentique avec les oeuvres. S'il consent à se montrer plus contributif, plus indiscipliné, s'il renoue avec ses origines révolutionnaires, ce lieu vital pourra devenir un fab lab de la démocratie. Les textes réunis ici éclairent, notamment au prisme du musée, la place de l'art dans le projet ontologique et axiologique de la République. Telle sera l'ambition de cette nouvelle collection : comprendre comment la politique culturelle contribue à l'édification du sens et des valeurs, comment elle peut devenir une politique de l'esprit.
Dans l'antiquité, l'otium était considéré comme l'un des moments les plus désirables de l'existence. Libéré des tâches vitales, affranchis des préjugés, des croyances et des intérêts, les hommes libres pouvaient s'y livrer à la culture du for intérieur, du goût, du jugement, à la quête désintéressée du sens, de la beauté, des valeurs, de la vérité. Cette part d'humanité menacée par l'injonction d'efficacité que nous impose le marché, peut être précisément désignée par l'otium. Loin de toute nostalgie, il s'agit d'éclairer les sources d'une liberté et d'une créativité aujourd'hui compromises par l'hégémonie du marché. Il s'agit aussi d'identifier la responsabilité de l'État démocratique dans l'accès de tous à ce loisir studieux et émancipateur.4e de couverture : Le négoce envahit désormais nos vies. Converties en "temps de cerveau disponible", la rêverie, l'étude, la contemplation gratuites n'ont plus guère de place dans un univers entièrement marchandisé. Nous comprenons que cette mutation altère une part précieuse de notre existence mais nous peinons à la nommer. D'origine latine, le mot "négoce" vient de necotium, c'est-à-dire la négation du loisir. Dans l'Antiquité, le loisir était pourtant considéré comme l'un des moments les plus désirables et les plus vertueux de la vie. Affranchis des tâches élémentaires, des préjugés, des croyances, des intérêts, les citoyens pouvaient se dédier à la quête du sens, de la beauté, de la sagesse. Notamment grâce à l'otium studieux, ils jouissaient du plus haut degré d'autonomie et de désintéressement jamais inventé. Plus tard, au lieu de s'étendre à tous, l'otium se vit dénigré par la morale dominante qui le considérait improductif. En revanche, pour une minorité, il restait indissociable de la vraie liberté et de tout projet démocratiqueRevisitant cette histoire méconnue, Jean-Miguel Pire montre combien la redécouverte du loisir studieux peut nous émanciper. Il se demande comment la République peut aider chacun à jouir enfin d'un otium fécond pour lui-même et pour sa contribution au bien commun. Longtemps jugée futile au pays de Descartes, l'éducation artistique représente ici la meilleure des initiations : inutile, incalculable, irréductible, l'art n'est-il pas "ce qu'il y a de plus réel, la plus austère école de la vie, et le vrai jugement dernier" comme l'écrivit Proust ?Notes Biographiques : Sociologue et historien, chercheur à l'EPHE, spécialiste des politiques d'éducation artistique et d'histoire du libéralisme, Jean-Miguel Pire a également été rapporteur général du Haut Conseil de l'éducation artistique et culturelle.
Les sorcières peuplent les livres pour enfants. Il leur arrive même de les manger, quand elles ne sont pas trop occupées à jeter des sorts à leurs voisins. Mais pourquoi sont-elles si méchantes ? Et pourquoi diable les adultes s'évertuent-ils à mettre entre des mains innocentes des histoires aussi effrayantes ? Heureusement, il existe aussi des sorcières gentilles, qui ont troqué balai et chapeau pointu pour un jean et des baskets. Lucie Le Moine remonte à l'origine du mythe de la sorcière et explique pourquoi, alors qu'elles furent souvent chassées et persécutées, elles inspirent aujourd'hui de nombreuses jeunes femmes.
Un livre très complet sur l'art : les oeuvres, les différents acteurs, les lieux d'exposition et l'histoire de l'art. Par l'autrice de La guerre c'est quoi ? Plus de 1200 ventes. A quoi sert l'art ? D'ailleurs, comment sait-on si c'est de l'art ou non ? Qui décide ? Qui sont les artistes et comment on le devient ? Est-ce que l'art peut-être le véhicule de message politique ? Comment comprendre une oeuvre, des années, voire des siècles après sa réalisation ? Comment ne plus s'ennuyer dans un musée et découvrir l'art par des visites, des expériences, et des jeux ? Que gagne l'enfant à apprendre à regarder des oeuvres ? L'art lui permet d'enrichir ses émotions, de développer sa capacité créative et décrypter le monde qui l'entoure. Cécile Guibert Brussel, fine connaisseuse du milieu artistique actuel et de l'histoire de l'art, emmène les enfants dans les dédales du milieu artistique en tachant de n'oublier rien ni personne, et de répondre à un maximum de questions qu'ils pourraient se poser. Des grottes de Lascaux à la banane scotchée (Comedian) de Maurizio Cattelan, le terrain de jeux est immense et réjouissant !
Penser est un art. Nombreux sont les auteurs en sciences humaines à avoir mis l'accent sur l'importance de raisonner, discerner, exercer notre esprit critique. L'enjeu est d'autant plus fort aujourd'hui que les réseaux sociaux décuplent les informations et les possibilités de faire entendre sa voix. Penser par soi-même devient essentiel pour se prémunir face à la propagande, au conspirationnisme et aux manipulations de toutes sortes. Cet art s'apprend et fait l'objet d'un enseignement explicite dès l'école primaire. Car cette aptitude n'a rien d'évident. Il faut apprendre à reconnaître les informations pertinentes, mais aussi savoir que notre cerveau peut nous tromper. D'où l'utilité de s'interroger à bon escient, formuler, questionner les fausses évidences.
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